Entre départ et inquiétude

Ecrit par Corey's

J’avais préparé un voyage pour le mois de novembre. Ce voyage avait une signification particulière pour moi, car j’allais y rencontrer un musicien que j’admirais énormément et que je ne pouvais pas oublier.

J’avais décidé de me concentrer sur ce nouveau projet et de tourner une page de ma vie. Je voulais avancer, me reconstruire, et surtout me préparer intérieurement pour ce voyage qui représentait pour moi une forme de renouveau.

Mais au mois d’octobre, tout bascula.

Hadriel tomba malade. Depuis une quinzaine de jours, il ne se sentait pas bien. Au début, il pensait que ce n’était rien de grave, mais son état s’aggrava rapidement, au point qu’il dut finalement se rendre à l’hôpital.

Lorsqu’il arriva à l’hôpital, les médecins furent très inquiets. Son état nécessitait une attention particulière. Il fut transféré et suivi entre plusieurs lieux, car la situation semblait plus sérieuse que prévu.

Les médecins découvrirent finalement qu’il souffrait d’un problème au niveau d’une valve du cœur, qui ne fonctionnait plus correctement. Cette nouvelle me frappa comme un coup de tonnerre.

Ce qui rendait la situation encore plus difficile, c’est que le jour où j’appris qu’il était hospitalisé… je devais voyager le lendemain.

Tout était déjà prêt. Mon départ était imminent.
Mais mon cœur était déchiré entre deux décisions :
partir pour mon voyage… ou rester pour lui.

Cette situation me bouleversa profondément. Je ne savais plus quoi faire. Une partie de moi voulait avancer, suivre le chemin que j’avais préparé. Mais une autre partie de moi restait attachée à lui, malgré tout ce que nous avions traversé.

Et à ce moment-là, je compris que la vie pouvait nous placer face à des choix impossibles… des choix qui testent non seulement notre amour, mais aussi notre force intérieure.

Quelques heures plus tard, j’appris une nouvelle qui me blessa profondément : son ex était à son chevet à l’hôpital.

Cette information me traversa comme une lame. Moi qui avais été présente pour lui ces derniers temps, moi qui avais partagé ses moments difficiles… voilà qu’une autre personne occupait cette place à ses côtés.

On me conseilla fortement de ne pas me rendre à l’hôpital.
On me dit que ce n’était pas un lieu pour régler des conflits, que la situation pouvait vite dégénérer si nos émotions prenaient le dessus. Alors, j’ai dû ravaler tout ce que je ressentais.

Mais intérieurement, la douleur était intense.
J’avais mal… profondément mal.

Je me répétais sans cesse :
« Ce n’est pas grave… ce n’est pas grave… »
Mais au fond de moi, je savais que ce n’était pas vrai.

Mon voyage, lui, était déjà imminent. Tout était prêt, impossible de faire marche arrière. Alors, malgré la tempête qui faisait rage dans mon cœur, je suis partie.

Pendant le trajet, je n’étais pas tranquille.
Mon esprit était constamment tourné vers lui. Je pensais à son état, à sa douleur, à ce qu’il traversait… et à cette présence à son chevet qui n’était pas la mienne.

Il occupait toutes mes pensées.

Je voyageais avec l’un de mes supérieurs, et il remarqua mon inquiétude. Il tenta de me rassurer avec des paroles pleines de sagesse :

Ne sois pas inquiète. C’est un homme fort. Il va s’en sortir. Ne laisse pas la peur envahir ton esprit. Ne sois pas négative.

Ses mots m’apportèrent un certain réconfort, mais mon cœur restait lourd.
Car même en avançant vers une nouvelle destination… une partie de moi était restée derrière, auprès de lui.

Alors je me suis tournée vers la vitre, laissant mon front s’appuyer contre le verre froid. Et dans ce reflet silencieux, je me suis fait une promesse muette : peu importe ce qui m’attendrait à l’arrivée, je devais garder espoir… pour lui, pour moi, pour ce lien invisible qui refusait de disparaître.

Et dans ce long trajet suspendu entre peur et attente, chaque seconde ressemblait à une éternité. 

Une frasque pour moi