La fausse agression

Ecrit par Scarabella

Il est deux heures du matin. Je roule à une vitesse folle sur cette route déserte, le cœur serré. Pourvu que j'arrive à temps. J'ai reçu un appel de mon meilleur ami Salif il y a quelques minutes qui me fait savoir qu'il s'est fait agresser et que les malfrats ont eu à le blesser pendant qu'il essayait de se défendre contre eux. 

J'arrive à l'endroit que son gps m'indique mais à ma grande surprise, je suis devant une boîte de nuit et je ne le vois nulle part. Je le rappelle. Il décroche. 

Salif : Allô !

Moi : Frangin, je suis là. Mais je ne te vois pas. Tu es où ? 

Salif : Je suis à l'entrée de la boîte, rapproche toi un peu plus. Moi je te vois. 

Je fais ce qu'il me dit et justement je le vois au loin. Il lève la main pour me faire signe. Je suis étonné. Il m'a l'air bien portant pourtant. 
Mais au téléphone, on aurait dit qu'il était sur le point de mourir. 

Plus je me rapproche, plus je remarque la présence de cinq de nos autres amis. Je ne comprends rien. 

Et Salif n'a pas du tout l'air de quelqu'un qui vient de se faire agresser. Au contraire. 

Salif : Le voilà enfin! Le futur marié. 

Moi : Tu joues à quoi frérot ? Tu m'as fait peur. 

Il vient me faire une accolade. 

Salif : Désolé Frangin. C'était le seul moyen pour te faire sortir ce soir. 

Moi : Pour me faire sortir ? Comment ça ?

Salif : Bah oui, qu'est ce que tu crois ? Qu'on allait te laisser te marier sans faire un dernier show en tant que célibataire ? Tu te trompes mon gars. Les gars et moi, on a organisé un truc pour toi et tu vas adorer. 

Moi : Non les gars. Vous savez que je n'aime pas trop les show. En plus, je veux me reposer. Je suis très fatigué. 

Salif : Mec, mec, mec. Qu'est ce que tu nous fais là ? Tu te maries demain je te rappelle. Demain tu appartiendras à une seule et unique femme. Tu vas entamer une nouvelle étape de ta vie et tu ne pourras plus faire ce que tu veux. C'est le dernier jour alors tu dois bien profiter et nous on est là pour te faire profiter à fond. 

Moi : (toujours hésitant) Les garssss!

Malgré tout ce que j'ai pu dire, aucun d'eux ne voulaient rien comprendre. J'ai fini par céder et nous sommes entrés dans la boîte. 

Je constate que ces malfrats qui me servent d'amis ont vraiment bien préparé leurs coups. Ils ont pratiquement réservé la moitié de la boîte pour nous. 

Très bientôt, les boissons coulaient à flots au rythme de la musique. J'avoue que je m'amuse comme jamais.

*****Amina FOFANA

<<Les filles vous êtes prêtes?>> pouvais-je entendre de la cabine d'essayage dans laquelle je me trouvais.

<<NOONNN>> a répliqué une voix forte. Il manque Amina. 

<<Qui est Amina?>> pouvais-je entendre. 

<<La nouvelle>>

<<Où est-elle encore cette idiote? Je peux savoir qui l'a amené ici?>>

<<C'est moi patronne>>

Cette voix, je l'ai reconnu. C'est celle de mon amie Mariam. 

<<Pourquoi tu l'as amené si tu sais très bien qu'elle ne pouvait pas faire le boulot>>

<<Parce qu'elle m'a dit qu'elle avait besoin d'argent patronne et j'ai voulu l'aider>>

Pendant ce temps, je suis toujours dans la cabine d'essayage. Je ne cesse d'ajuster les vêtements que j'ai porté. Ils sont si courts. C'est la première fois de ma vie où je mets des trucs aussi courts. 

J'ai tellement honte de sortir. L'idée que les gens me regardent habiller ainsi, me tétanise. 

<<Si elle n'est pas ici dans les minutes qui suivent, on partira sans elle>>

J'ai bondi de la cabine après avoir entendu ça. Et je venais de réaliser que les autres filles et la patronne me fixaient à présent. Tout mon corps tremble. J'essaie de rallonger mes vêtements en les tirant vers le bas mais peine perdue.

<<Waouh. Mais c'est qu'elle est belle la petite nitouche>> s'exclama la patronne. 

Elle s'approche de moi. 

<<Tu es vraiment très belle et innocente poupée>>. 

Elle caresse ma joue de son doigt. Je penche la tête. 

<<Enlève moi ça>> dit-elle en tirant mon voile de ma tête. 

Moi : Nonnnnn! Criai-je. Pourquoi vous avez fait ça ? Je suis voilée. Je n'ai pas le droit de faire ça. Pourquoi vous avez fait ça ? Dis-je en larmes. 

<<Ehhh petite, ici ce n'est pas la mosquée mais une boîte de nuit. Dois-je te rappeler ce pourquoi tu es ici? Tes convictions et tes blabla se sont volatilisées dès l'instant où tu as accepté ce boulot. C'est clair ? Maintenant va travailler ou tu diras adieu à ton argent>>

En un instant je n'ai eu qu'une seule envie. Partir de ces lieux en courant mais quand je me suis rappelée de l'état de santé de ma mère et qu'il fallait trouver cinq millions pour son opération, j'ai fait une croix sur mes valeurs.

Une larme glisse le long de ma joue. Je l'essuie rapidement. 

<<Suivez-moi>> s'exclama la patronne. 

On arrive dans la boîte. Il y a un monde fou. Des hommes me dévisagent. Je suis toujours aussi gênée dans ses vêtements. J'ai l'impression d'être nue. 

<<KPAAA!>> 

Une tape aux fesses me fait sursauter. 

J'ai eu envie de commettre un meurtre mais Mariame m'a discrètement serré la main pour me calmer. Le coupable montre son visage. Et il est répugnant. 

<<Salut ma belle>> dit-il d'un air idiot et visiblement ivre. 

Tout à coup, je commence à entendre des chuchotements entre les filles. On dirait qu'elles parlent du type.

Elles ont toutes l'air de le connaître sauf moi. 

<<Oh mon Dieu c'est Ibrahim>> dit l'une d'entre elle. <<Le milliardaire Ibrahim>> Continue t-elle. 

<<Tu as eu la chance. Il t'a donné une fessée>> me lance une autre. 

Chance elle a dit? Je dirai plutôt une malchance. 

<<On dirait qu'il te veut>> me dit la patronne. <<Tu as gagné le jackpot ma petite>>

<<Mais patronne on avait dit que les clients importants de ce soir allaient me revenir>> lance une autre. 

<<Oui mais il a fait son choix. Et il veut la sainte nitouche apparemment>>

<<EEEHHHHH!! TAISEZ-VOUS. VOUS ME DONNEZ MAL AU CRÂNE>> Cria l'autre taré, soûlard. <<TOI VIENS AVEC MOI>>

Il me tire la main et commence à me traîner je ne sais où. J'essaie de me débattre. 

Moi : Lâche-moi imbécile. Je t'interdis de me toucher. Lâche-moi. 

On arrive dans un coin très chic de la boîte. Le carré des hommes influents. 

Il me fait brutalement asseoir dans le fauteuil. Il y avait six autres hommes en compagnie de plein de filles. 

<<HAHAHA! LES GARS REGARDEZ QUI EST DE RETOUR AVEC UNE BELLE NANA!>> s'exclama l'un d'entre eux. 

<<MAIS C'EST LE FUTUR MARIÉ>>

Ils se sont mis à rire à gorge déployée. Ça se voit qu'ils sont totalement ivres. 

Celui qui m'a amené là m'a tendu un verre à moitié rempli d'alcool mais j'ai refusé. Il l'a vidé d'un seul trait. 

Il a tenté de m'embrasser mais j'ai penché ma tête sur le côté. Ses lèvres se sont collés contre mon cou. L'odeur de l'alcool qu'il dégage me donne des nausées. 

<<Elle est timide ta nana mec>> s'exclama l'un des types présents avec lui. 

<<C'est ce qu'on verra>> répondit-il. <<Viens avec moi>>

Il me saisit par le poignet et recommence à me traîner. 

Moi : Attends! On va où? Lâche-moi. 

Encore une fois, j'ai essayé de libéré ma main de son emprise mais rien est fait. 

On arrive devant une porte. Visiblement une porte de chambre. J'ignorais qu'il y avait des chambres dans cette boîte.

Il ouvre et on entre. Il me jette sur le lit et se positionne au dessus de moi. Il commence à m'embrasser.
SA SECONDE ÉPOUSE