La gifle

Ecrit par belleetrebelle

La gifle a claqué, sèche et brutale, dans le silence feutré de la cuisine.


Un instant de suspendu, un arrêt du monde.


Puis, un nouveau bruit, bien plus terrible : un petit sanglot étouffé.


Clarisse et Samuel ont tourné la tête en même temps. Dans l'encadrement de la porte, leurs deux garçons, que les disputes verbales avaient récemment presque habitués, étaient figés, les yeux écarquillés. L'aîné, sept ans, une main devant la bouche. Le cadet, cinq ans, qui commençait à pleurer silencieusement. Ils avaient tout vu.


Le visage de Clarisse, déjà marqué par la trahison, s'est décomposé un peu plus. La honte a remplacé la douleur. La brûlure sur sa joue n'était plus rien face à cette brûlure-là : celle d'avoir faille à son devoir le plus sacré, les avoir exposés à ça.


Samuel, lui, vit la peur dans les yeux de ses fils. Le garçon qui avait juré de ne jamais devenir son père venait de le devenir, non seulement aux yeux de sa femme, mais aussi devant ses enfants. Son bras retomba, lourd comme un crime.


« Clarisse… mon bébé… », hoqueta-t-il, un terme d'amour qui sonnait soudain comme une insulte.


Mais son regard à elle était déjà passé des enfants à lui, et il était devenu de glace. Une dignité froide, terrible, née de l'instinct maternel.


« Sors. »


Un chuchotement, mais porteur d'une force inébranlable.


« Mon cœur, je… je suis désolé, je n’ai pas voulu… »


Elle ne le regardait plus. Ses yeux étaient sur ses enfants. Elle se dirigea vers eux, se plaçant comme un bouclier entre eux et leur père.


« Sors. Maintenant. »


Cette fois, la voix n’a pas tremblé. Elle était tranchante comme une lame, et portait l'autorité d'une mère qui défend sa portée.


Il a reculé, hagard, son propre corps lui faisant horreur. Sous le regard terrifié de ses fils, il a obéi. La porte de la cuisine s’est refermée sur lui, le laissant dans le noir du couloir, seul avec le monstre qu’il venait de libérer.


De l’autre côté, Clarisse s'agenouilla et serra ses garçons qui s'étaient rapprochés contre elle, ignorant la douleur de sa joue.


« Ce n'est pas de votre faute, chuchota-t-elle contre leurs cheveux. Papa a eu un très gros geste de colère. Ce n'est pas bien. Maman va s'occuper de tout. »


Puis, une main sur sa joue, l’autre posée sur son ventre. Un geste instinctif, protecteur. Un geste qu’elle n’aurait pas dû à avoir à faire. Parce que dans ce ventre, depuis trois semaines seulement, battait un petit cœur. Un secret qu’elle portait, un bonheur qu’elle n’avait pas encore osé partager.


Maintenant, tout était brisé. L’équilibre, le bonheur, la confiance. Réduits en miettes par un geste qu’elle lui avait pourtant fait jurer, un soir, de ne jamais, jamais, commettre.


« Même une gifle, Samuel. Surtout une gifle. » car elle connaissait le passé de sa famille.


Il avait promis.


Elle avait cru.


La douleur sur sa joue et le visage de ses fils lui rappelait, cruelle, la naïveté de cette croyance.


Elle se leva, tenant ses enfants par la main.


La décision était prise, déjà, au fond de son être. Aussi nette et irrévocable que le son de la gifle.


Partir. Le divorce.


Que pensez-vous de cette histoire, comment auriez-vous vous réagi à la place de Clarisse? 

Le témoignage est déjà disponible en entier, en fonction de vos appréciations, nous pourrons avoir une nouvelle partie chaque jour. J'attends vos encouragements les ami.es ça me motive a recueillir les témoignages des aine

Partir après la prem...