''Les photos du passé''

Ecrit par Corey's

Ensuite arriva le vrai problème dans notre histoire.

Quelques jours plus tard, Adriel m’annonça qu’il devait faire un voyage à Accra pour récupérer ses diplômes de fin de cycle. Il semblait heureux et pressé à la fois, comme si ce voyage était très important pour lui.

Doré, je dois faire un tour à Accra pour récupérer mes diplômes, me dit-il calmement.
D’accord, répondis-je doucement, même si au fond de moi je ressentais déjà un petit vide à l’idée qu’il parte.

Le jour de son départ arriva très vite. Après lui avoir souhaité bon voyage, je restai seule avec la maison, comme d’habitude. De temps en temps, j’y allais pour faire un peu de nettoyage, ranger les affaires et m’assurer que tout restait propre.

Au début, tout se passait bien. Je faisais mon travail tranquillement, avec sérieux et tout l’amour que je lui portais en moi.

Mais un jour, alors que j’étais en train de nettoyer la chambre, quelque chose attira mon attention.

Sous une pile de vêtements soigneusement rangés, je remarquai un album photo.

Je m’arrêtai net.

Un sourire apparut immédiatement sur mon visage.

Ah… je vais enfin voir sa tête quand il était petit, murmurai-je en riant toute seule.

J’étais toute excitée à l’idée de découvrir son enfance, ses souvenirs, peut-être ses moments drôles ou ses anciennes bêtises.

Je pris l’album avec précaution et m’assis doucement sur le lit.

En ouvrant la première page, je vis des photos de lui quand il était enfant. Il avait un visage innocent et un sourire timide. Cela me fit rire doucement.

Oh… il était vraiment mignon, dis-je en souriant.

Je continuai à tourner les pages, de plus en plus curieuse.

Mais soudain… mon sourire disparut.

Je tombai sur une photo où il était avec une fille.

Je fronçai légèrement les sourcils.

Qui est cette fille ? me demandai-je intérieurement.

Au début, je ne voulais pas y prêter trop d’attention. Après tout, chacun a des amis, des connaissances ou même des souvenirs.

Mais en continuant à tourner les pages, je remarquai quelque chose d’étrange.

La même fille revenait encore… et encore.

Sur une autre photo, ils étaient assis côte à côte.
Sur une autre, ils riaient ensemble.
Sur une autre encore, ils semblaient très proches.

Mon cœur commença à battre plus vite.

Une sensation étrange monta en moi, comme une inquiétude que je n’arrivais pas à expliquer.

Plus je regardais ces photos, plus je sentais quelque chose se briser à l’intérieur de moi.

Je refermai l’album brusquement.

Non… ce n’est pas normal, murmurais-je.

Dans mon esprit, une pensée revenait sans cesse :

On ne garde pas les photos de quelqu’un qui n’est pas important.
On ne garde pas autant de photos d’une personne qui ne compte pas pour nous.

Je sentais que quelque chose n’allait pas.

Une douleur étrange envahit ma poitrine. Ce n’était pas une douleur physique… mais une douleur du cœur.

Je restai assise longtemps, tenant l’album contre moi, sans savoir quoi faire.

Pendant un moment, j’eus envie de lui écrire immédiatement.

Je pris mon téléphone.

Je voulais lui envoyer un message, lui demander directement :

Qui est cette fille ?

Mais je m’arrêtai.

Je posai lentement le téléphone.

Non… on ne règle pas ce genre d’histoire à distance, me dis-je à moi-même.

Je décidai d’attendre son retour pour lui poser la question en face.

Entre-temps, il m’appelait presque tous les jours depuis Accra.

Au début, nos conversations étaient normales.

Allô Doré, ça va ? me demandait-il.
Oui, ça va bien, répondais-je calmement.

Un jour, au cours d’une de nos conversations, il me dit avec enthousiasme :

Quand je vais rentrer, je souhaite t’apporter des cadeaux. Ne t’inquiète pas, je vais penser à toi.

Ses paroles me firent sourire immédiatement.

Je ne voulais pas qu’il se fatigue à acheter trop de choses.

Alors je répondis simplement :

Moi, je veux juste des chocolats… parce que j’aime trop le chocolat, dis-je en riant légèrement.

Il éclata de rire à son tour.

Ah bon ? Alors c’est facile ça ! Je vais t’apporter du chocolat en supplément.

Puis il ajouta avec fierté :

Le chocolat d’Accra est super bon, tu verras… je vais t’en rapporter beaucoup.

Mais avec le temps, ses questions commencèrent à devenir étranges.

À chaque appel, il insistait sur les mêmes choses.

Est-ce que quelqu’un ne t’a pas appelée ?
Quelqu’un ne t’a pas contactée ?
Tu n’as pas reçu un message ?

Je restais confuse à chaque fois.

Mais qui peut bien m’appeler ? lui répondais-je.
Moi, je ne connais personne au Ghana… qui va m’appeler ?

Mais malgré mes réponses, il insistait encore et encore.

Toujours les mêmes questions.

Toujours la même inquiétude dans sa voix.

À ce moment-là, un doute profond commença à grandir en moi.

Pourquoi pose-t-il toujours ces questions ?
Qui attend-il que je rencontre ?
Qu’est-ce qu’il me cache ?

Je commençais à comprendre que quelque chose se préparait.

Quelque chose que je ne connaissais pas encore.

Et c’est à ce moment-là que les vrais problèmes commencèrent…

  
Une frasque pour moi