Quand ton monde s'effondre! (2)

Ecrit par Saria


***Accra***

***Hannah Nelson***

Je suis triste pour l’épreuve par laquelle ma petite-fille passe et inquiète en même temps. Je n’ai rien dit Ed, vous le connaissez mais j’ai l’impression qu’il sait que quelque chose me tracasse. A notre âge on perçoit les inquiétudes de l’autre.  Il m’a demandé une ou deux fois déjà si tout allait bien, je lui ai répondu que oui.


Je devais dormir à peine depuis deux heures quand mon téléphone sonne, je décroches et me faufile vers le boudoir attenant à notre chambre.


Moi : Allo ?

Yaa (en larmes) : Granny…Je ne peux pas gérer ça…Ah je ne peux pas !

Moi (voix douce) : Egude ! Pourquoi tu te tortures ainsi mon enfant ? Ça fait quatre jours que tu ne dors pas et que tu ne manges pas !

Yaa (voix brisée) : Je n’y arrive pas !

Moi : Il le faut pourtant ! Tu en as encore pour combien de temps là-bas ?

Yaa : Six jours !

Moi : Rentre chérie, je m’inquiète que tu sois ainsi seule dans un pays étranger et dans cet état. Promets-moi que tu ne feras pas de bêtises.  Ed a ses examens bientôt si je ne suis pas là il ne les fera pas.

Yaa : Ne t’inquiètes pas, je tiens à finir ce que j’ai à faire ici…J’en ai besoin.

Moi : Essaye de dormir mon ange…Je t’en supplie ! Ton grand-père commence à se douter de quelque chose

Yaa : Je ne lui parle plus tu sais…Je n’en ai plus la force !

Moi : Dans un couple le dialogue est important chérie…Tu ne peux pas le rompre !

Yaa : …Bonne nuit Granny

Moi : Bonne nuit Egude

 

Je me retourne et tombe nez à nez sur Edward Nelson debout devant de toute sa hauteur.

 

Ed : Je ne vais pas supposer que tu me trompes parce que ce n’est pas le cas…Alors il se passe quoi avec Yaa. Ou tu me le dis  maintenant et on gagne du temps, ou on reste debout dans cette pièce jusqu’à la fin des temps.

Moi : Euh…

Ed (haussant le ton) : Hannah !

 

Je sursaute en attendant sa voix claqué ! Oh seigneur ! Je me racle la gorge et m’assoit sur l’un des fauteuils de la pièce et lui fait signe de faire comme moi mais il fait non de la tête.

 

Moi : Yaa et Amal ont des soucis…C’est sérieux…Elle envisage le quitter.

Ed : Mais encore…

Moi : Euh…Il lui envoyé des screenshots … assez tendancieux issus d’échanges avec deux femmes.

 

Je l’entends jurer fort en Tui. Il me demande de la rappeler en mettant le haut-parleur et me précise qu’il ne veut pas parler. Je suppose qu’il veut constater l’étendue des dégâts par lui-même.

 

Yaa (voix enrouée) : Allo ? Granny ?

Moi : Oui mon bébé, c’était pour voir si tu t’étais couchée ?

 

Un silence passe, puis les sanglots déchirants remplissent la pièce. C’était comme ça tous les jours depuis ce jour fatidique. J’essaye de lui parler, on finit par prier ensemble. Lorsque je la sens plus calme, je raccroche. Mon regard rencontre celui de mon mari, il avait les poings serrés. Je l’ai vu bouleversé comme ça le jour où nous avons perdu notre fils. Il dirige ses pas vers le fond de la pièce où se trouve l’armurerie.

-(paniquée) Edward Nii Nelson ! Dis-moi ce que tu comptes faire?

Ed : Je l’avais averti…Je vais buter ce petit con !

Moi : Mais tu es fou !

Ed : Il n’a pas le droit de lui faire ça…Je vais le buter et puis on n’en parle plus !

Moi : Chéri…Regarde-moi s’il te plaît ! Ed !

 

Son fusil de chasse en main, il me fixe d’un regard bouleversé.

 

-c’est leur problème…On ne peut pas…On ne doit pas s’en mêler ! S’il te plaît ! Tu ne peux pas le buter. En plus il est au Japon actuellement. S’il te plaît dépose cette arme avant de te blesser ou blesser quelqu’un.


J’argumente longtemps avant de le faire lâcher prise. D’un pas lourd il se laisse guider vers notre chambre. Je lui apporte un verre d’eau et je vérifie sa tension.

 

***Une heure et demie plus tard***

 

Ed : Tu as entendu sa voix ?

Je savais qu’il ne dormait pas même s’il est resté immobile tout ce temps.

 

Moi : Oui

Ed : Je…C’est la première fois que j’entends autant de souffrance dans sa voix

Moi : Je sais…Et elle refuse de rentrer avant la fin de sa mission

Ed : Hum…C’est dur de ne pas pouvoir l’aider.

Moi : Je sais ! Je suis aussi triste que toi. Mais on doit les accompagner pas interférer.  Elle ne veut pas que tu sois informé donc tu n’es pas censé être au courant ok ?

Ed : Ok.

Il se repositionne et pose sa tête sur mon ventre moi j’étais callé contre les oreillers. De nous deux c’est lui qui est le plus attachée à notre petite fille. La voir souffrir ainsi est dur pour nous mais beaucoup plus pour lui. J’espère qu’il ne va pas me faire un malaise !

 

***Quelques jours plus tard***

***Cotonou-Bénin***

***Nadia Séké***

 

Depuis quelques jours, je dors mal. En fait je fais le même cauchemar tous les soirs : Yaa ma bru ramasse ses affaires et quitte son foyer. A côté de ça Mouna est bizarre, Amal encore plus. Ces deux-là ce n’est pas clairs. Je rentre à la cuisine, Mouna qui était au téléphone se met à chuchoter puis dit à haute voix, le réseau est saturé !


Moi : Tchiip, c’est moi Nadia qui sature ton réseau non ?! Mouna ce que Amal et toi vous fabriquez là quand ça va pourrir ça va sentir !

Mouna : Mais maman…

Moi : Pardon économise ta salive…Je ne suis pas née de la dernière pluie…Tchiip !


Je sors en claquant la porte. Je prends mon téléphone et compose le numéro de ma bru. Je lui fais un appel  whatsapp.

 

Yaa : Allô maman ?

Moi : Comment vas-tu princesse ?

Yaa : Je suis là maman…Je rentre demain sur Accra.

Moi : Ah tu n’es pas au Ghana alors ?

Yaa : Non maman…Je suis actuellement à Kigali

Moi : C’est quoi cette voix-là chérie ? Tout va bien ?

Yaa : Non maman…Je vais quitter Amal…C’est tout ce que je sais actuellement. J’aurais peut-être dû le faire il y a quelques années…Maman il a une relation suivie avec Chloé…depuis tout ce temps-là, il m’a menti!

Moi : Hey ne pleure pas mon ange…Quelle Chloé* ?

Yaa : La même maman ! La fille qui était sa voisine. Ce n’est pas la seule avec qui il me trompe mais c’est pour cette Chloé qui est dure à avaler !

Moi : Je…Je suis confuse. Laisse-moi te revenir chérie, en attendant calme-toi. S’il te plaît, Amal n’est personne c’est un con, regarde-moi chérie et attends avant de prendre n’importe quelle décision.

Yaa :…

Quand je dis à Moubarak que ses enfants vont finir par me tuer, il trouve que j’exagère ! Voilà ! Je passe au salon Mouna discutait avec son père, l’air de rien je m’approche et j’attrape son oreille.

Moi : Tu ferais mieux de cracher le morceau tout de suite, car où tu me vois là c’est ma main on va couper pour que je te lâche !

Moubarak : Mais chérie ?!

Moi : Mouba ! Tes enfants avant qu’ils ne me tuent j’aurais fini avec eux ! Mouna je t’écoute, Amal a fait quoi à Yaa et puis elle veut divorcer ?!

Moubarak : Pardon ?!

 

Je pince plus fort l’oreille de ma fille qui hurle de douleur.

 

Mouna : Weh maman je vais parler…C’est Amal…Il….

Elle me raconte tout ce qui se trame depuis une dizaine de jours au moins. Je la laisse tranquille et m’assoie lourdement dans le siège le plus proche.


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*Chapitre une voisine trop jolie dans Ma boss est une bombe.

Au delà de la glace