Entre musique et émotions
Write by Corey's
Après de longues heures de voyage, l’avion entama enfin sa descente. À
travers le hublot, je découvris un paysage totalement différent de tout ce que
j’avais connu jusque-là. La lumière du soleil semblait plus intense, presque
dorée, comme si elle recouvrait la terre d’un voile sacré.
Lorsque l’avion toucha le sol, un mélange
d’émotions m’envahit. J’étais physiquement arrivée à destination… mais mon
cœur, lui, était encore ailleurs.
En descendant de l’appareil, une vague de
chaleur m’enveloppa immédiatement. L’air était sec, lourd, mais étrangement
apaisant. Autour de moi, tout était nouveau : les langues que j’entendais, les
vêtements traditionnels que je découvrais, les visages inconnus qui se
pressaient dans l’aéroport. C’était un monde différent, fascinant, presque
irréel.
Pourtant, malgré cette nouveauté, une pensée
revenait sans cesse dans mon esprit : lui.
Je me demandais comment il allait.
S’il était toujours hospitalisé.
S’il pensait à moi… comme moi je pensais à lui.
Mon supérieur, qui voyageait avec moi,
remarqua mon silence. Il posa une main rassurante sur mon épaule, comme pour me
rappeler que je n’étais pas seule dans cette aventure.
— Concentre-toi
sur ce moment, me dit-il calmement. Tu
es ici pour une raison. Ce voyage n’est pas un hasard.
Ses mots résonnèrent en moi. Peut-être
avait-il raison. Peut-être que ce voyage représentait bien plus qu’un simple
déplacement… peut-être était-ce une étape nécessaire dans mon histoire.
Lorsque nous quittâmes l’aéroport, je levai
les yeux vers le ciel. Le soleil commençait doucement à décliner, teintant
l’horizon de couleurs orangées et dorées. Le paysage semblait paisible, presque
majestueux.
Mais à l’intérieur de moi, la tempête n’était
pas encore calmée.
Je savais que cette terre étrangère allait
m’apprendre quelque chose… sur la vie, sur la foi, et surtout sur moi-même.
Car même si j’étais arrivée, je sentais que mon véritable voyage, lui, ne
faisait que commencer.
Après une journée remplie de découvertes, de fatigue et d’émotions
mélangées, je me retrouvai enfin seule dans ma chambre d’hôtel. L’endroit était
calme, élégant, presque irréel. Tout était propre, silencieux… trop silencieux.
Je posai mon sac, puis je restai quelques
secondes immobile, à observer la pièce. Une partie de moi aurait dû se sentir
excitée, heureuse d’être dans un nouvel endroit, dans une nouvelle aventure.
Mais ce n’était pas le cas.
Dès que le silence s’installa, mes pensées retournèrent immédiatement vers lui.
Hadriel.
Je m’assis doucement sur le lit, fixant mes
mains sans vraiment les voir. Tout ce que j’avais essayé de contenir pendant le
voyage remontait à la surface.
Son hospitalisation.
Son ex à son chevet.
Mon départ précipité.
Et ce vide étrange que je ressentais malgré la distance.
Je pris mon téléphone.
Aucun nouveau message.
Je verrouillai l’écran, puis je le reposai
lentement sur la table.
Dans la pièce, la lumière douce de la lampe
dessinait des ombres calmes sur les murs. Pourtant, à l’intérieur de moi, rien
n’était calme.
Je me levai et allai vers la fenêtre. Dehors,
la ville brillait doucement sous les lumières nocturnes. Tout semblait vivant,
mais lointain. Comme si j’étais spectatrice d’un monde dans lequel je
n’arrivais pas encore à entrer complètement.
Je posai ma main sur la vitre.
Et là, pour la première fois depuis mon
arrivée, je me posai une vraie question :
Est-ce
que je suis venue ici pour fuir… ou pour me retrouver ?
Un mélange de nostalgie et de confusion
m’envahit. Je pensais à tout ce que j’avais laissé derrière moi, à tout ce qui
restait en suspens.
Puis, doucement, une larme glissa sur ma joue.
Je ne l’essuyai pas tout de suite.
Parce que je compris que même loin de tout…
mon cœur, lui, n’avait pas encore voyagé.
Je restai ainsi longtemps, entre silence et
pensées, jusqu’à ce que la fatigue finisse par m’emporter.
Cette nuit-là, je m’endormis avec une
certitude étrange :
Ce
voyage allait me changer… d’une manière que je ne pouvais pas encore comprendre
Le lendemain de ma première nuit, je me réveillai avec une sensation
étrange.
Ce n’était ni de la joie, ni de la tristesse…
plutôt un mélange des deux. Comme si quelque chose en moi attendait un
tournant, sans savoir lequel.
Ce jour-là, je devais enfin rencontrer le
musicien.
Après m’être préparée, je quittai l’hôtel
accompagnée de mon supérieur. Le trajet me parut court, mais mon cœur, lui,
battait de plus en plus vite à mesure que nous approchions du lieu.
Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre.
Je connaissais sa musique, son univers… mais
rencontrer quelqu’un en vrai, c’est toujours différent.
Lorsque j’arrivai sur place, l’ambiance était
particulière. Un endroit calme, élégant, avec une atmosphère presque
artistique, comme si chaque détail avait une histoire.
Et puis je l’ai vu.
Il était là.
Assis, tranquille, comme s’il faisait partie
de cet endroit depuis toujours. Il avait une présence calme, assurée, presque
magnétique.
Pendant une seconde, je restai immobile.
Puis nos regards se croisèrent.
Et là… le temps sembla ralentir.
Il se leva doucement et s’approcha de moi avec
un sourire léger, sincère.
— Bienvenue,
dit-il simplement.
Sa voix était posée, douce, mais remplie d’une
confiance naturelle.
Je répondis timidement :
— Merci…
c’est un honneur de vous rencontrer.
Il sourit un peu plus.
— Tu n’as
pas besoin d’être intimidée. Ici, on est juste deux personnes qui aiment la
musique.
Ces mots me détendirent légèrement. Je sentis
mes épaules se relâcher.
Nous nous sommes installés pour parler. Au
début, c’était simple, presque banal : la musique, les inspirations, les
voyages.
Mais très vite, je compris quelque chose.
Ce n’était pas juste une rencontre artistique.
Il avait une manière d’écouter… différente.
Comme si chaque mot avait de la valeur. Comme si ma présence comptait
réellement.
Et pourtant…
Même dans ce moment nouveau, inattendu, une
petite partie de moi restait ailleurs.
Par moments, mon esprit s’échappait malgré
moi. Une pensée, furtive, revenait encore et encore.
Hadriel.
Je me surpris à détourner légèrement le
regard, comme si je voulais cacher cette partie de moi que je n’avais pas
encore complètement laissée derrière.
Le musicien, lui, sembla remarquer quelque
chose dans mon silence.
Il ne posa pas de questions directes.
Il se contenta de dire doucement :
— On dirait
que ton cœur est déjà rempli de beaucoup de choses…
Je restai silencieuse.
Parce qu’il avait raison.
Et à ce moment-là, je compris que cette
rencontre n’était pas seulement artistique.
C’était peut-être le début d’un autre chapitre…
mais un chapitre que mon cœur n’était pas encore prêt à écrire.