Chapitre 22 : Cadeau pour personne.
Ecrit par L'UNIVERS DE JOLA
Chapitre
22 : Cadeau Pour Personne
Calvin Harris Otando
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dîner vient de prendre fin dans une ambiance paisible et j’ai débarrassé la
table avec Camille qui a toujours son visage amarré pour l’avoir fait deux fois
de suite la même journée. Je la regarde d'un air amusé et j’ajoute une couche
sur sa mauvaise humeur.
— Tu
fais la vaisselle, n’est-ce pas ?
dis-je.
Elle
me foudroie du regard comme un assassin psychopathe dans les thrillers, cela me
fait marrer.
— Ce
n’est pas la peine de me sortir ton regard de Berger Allemand, j’ai posé
une simple question, dis-je en riant.
— Je
ne lave pas ça, tantine Lysianne viendra le faire demain. Je ne suis pas votre
ménagère ni votre esclave, répond Camille, visage fermé.
—
Pour si peu, on parle d’esclavage ?
dis-je, amusé.
—
Oui, c’est de l’esclavage et de la maltraitance juvénile. Je ne peux pas être
votre bonne à tout faire dans cette maison. Je débarrasse, je lave et puis quoi
encore ? Bientôt vous allez
me demander de nettoyer le sol avec ma langue ?
rétorque-t-elle.
—
Endiéma raconte quoi ici ?
interroge Marie-France.
La
concernée sursaute et enfile les gants de vaisselle.
—
Rien mamie, je disais que je lave les assiettes, dit Camille, petite voix.
J’éclate
de rire pendant qu’elle me lance un regard noir, la grand-mère se rapproche.
—
D’accord. J’ai cru entendre autre chose, dit Marie-France.
Camille
reste silencieuse.
—
Ton père te demande dans le salon privé, ajoute Marie-France à mon intention.
Je
jette un coup d’œil à ma sœur et sors de la cuisine pour rejoindre mes parents
qui sont tous les deux assis sur le grand canapé, ma mère a les bras croisés
sur sa poitrine et me jette un regard froid et méprisant.
—
Assieds-toi, me dit papa.
Je
m’exécute.
—
Nous n’allons pas tourner autour du pot, nous connaissons tous les trois
l’objectif de cette réunion, commence-t-il en me fixant dans les yeux. Je
t’avais parlé la dernière fois quand nous étions tous les deux et je te le
redis devant ta mère ce soir :
les propos que tu as tenus à son endroit sont inacceptables, que ce soit dans
cette maison ou ailleurs, et peu importe la raison. Quand ta mère te parle, tu
te tais, même si tu crois avoir raison. Jusqu’à preuve du contraire, c’est elle
qui t’a mise au monde et non l’inverse. Tes crises existentielles ou
identitaires, tu les fais hors de cette maison et tu les gardes pour tes amis.
La prochaine fois qu’un tel comportement se répète, crois-moi, qui que tu crois
être, je te ferai rapidement redescendre sur terre, je te le garantis. J’espère
que je me fais bien comprendre ?
—
Oui, dis-je du bout des lèvres.
—
Bien. Tu as quelque chose à dire à ta mère ?
demande papa.
Je
me mets à genoux devant elle.
— Je
te demande pardon, maman, pour ce qui s’est passé ce jour. Que ce soit mon
attitude ou les paroles que j’avais dites, je ne les pensais pas. Je te demande
pardon de t’avoir insultée et défié ton autorité comme je l’avais fait. Je te
demande pardon pour mon impolitesse et mon manque de respect à ton égard, et je
te promets que cela ne se répétera plus jamais, dis-je.
Je
me tais après ça.
— Tu
as quelque chose à dire ?
demande papa à ma mère.
— Je
n’ai rien à dire, répond-elle sèchement.
—
Ok. Nous avons écouté tes excuses, Harris, et nous les acceptons. Tu peux t’en
aller, conclut papa.
—
Merci, dis-je en me relevant.
— Je
serai dans ma chambre si quelqu’un a besoin de moi, ajouté-je.
—
Ok, dit papa.
Je
me retire et vais dans ma chambre. Je viens me mettre debout devant la baie
vitrée dont les stores ne sont pas encore baissés, j’observe dehors, mes deux
mains dans les poches. Même si je sais que ces excuses n’ont servi à rien du
tout, au moins j’ai fait ma part. Comme je l’ai dit à ma grand-mère cette
journée, je vais simplement me tenir tranquille jusqu’à mon départ et tout le
monde aura la paix.
Au
bout de quelques minutes, je baisse les stores et décide d’aller prendre ma
douche du soir. Il n’est que vingt heures mais je ne compte plus sortir de la
maison, alors je le fais. Je retire mes vêtements, que je plie pour les mettre
dans le panier à linge sale, je retire également mes bijoux que je range dans
un tiroir, ensuite je me rends dans la douche où je me lave et me brosse.
Je
sors de là une vingtaine de minutes plus tard, déjà essuyé, j’ai aussi frotté
la crème. J’enfile simplement un caleçon propre et mon pyjama. Je me pose sur
le lit, je récupère mon téléphone que j’avais abandonné sur la tablette cette
journée. Quatre appels en absence, trente BBM, plusieurs notifications Facebook
et des messages de l’opérateur mobile.
Je
les consulte tous, en commençant par les derniers que je supprime sans les
avoir lus. Les messages de Facebook : beaucoup viennent de filles
qui me racontent leur vie, d’autres envoient des nudes, et il y a aussi des
messages de groupes de « baises » auxquels je fais partie, où les propositions
de sexe à tous les prix fusent. Je ne réponds rien à ça.
Je
me penche vers le BBM et je vois des messages de mes potes, donnant des
nouvelles et cherchant à prendre des miennes. Ils m’informent où ils en sont
dans leurs démarches administratives. Je réponds que pour moi c’est bon et
qu’il se pourrait que je parte ce week-end, j’attends une dernière
confirmation. Ils me disent de leur faire signe afin qu’on organise un show
pour mon départ, j’acquiesce.
Quand
je termine avec eux, je me tourne vers les messages de Winnie, trois, après le
dernier que j’ai lu cette journée sans lui répondre.
Winnie
F.E : Si tu ne voulais pas que je m’attache à toi, Cal, pourquoi
m’avais-tu porté autant d’attention dès le départ ? Pourquoi être resté à
mes côtés et m’avoir soutenue à la mort de mon père ? Pourquoi avoir pris
de mes nouvelles chaque jour pendant tous ces mois ? Pourquoi avoir pris
soin de moi en veillant à ce que je puisse avoir de quoi manger et aller à
l’école ? Si tu ne voulais pas que je m’attache à toi, pourquoi as‑tu fait
toutes ces choses ?
Winnie
F.E : Tu voulais me coucher, Calvin ? Tu l’as fait. Si c’était
seulement ça que tu voulais de moi, pourquoi n’es‑tu pas parti après l’avoir
fait ? Soyons fous et admettons que cette première fois n’était pas
satisfaisante, je te l’accorde, je n’y connaissais rien du tout et je n’avais
pas fait grand-chose qui aurait pu te procurer du plaisir. Je pense que tu as
pu t’en procurer après notre cinquième fois tous les deux, tu aurais pu partir
à ce moment-là. Pourquoi ne l’as‑tu pas fait ? Ça fait un an que nous
sommes dans cette chose que je ne sais plus comment qualifier. Un an, Calvin,
pourquoi être resté autant de temps avec moi si tu ne voulais pas que je
m’attache ?
Winnie
F.E : Je ne connais pas de quoi est constitué ton cœur, Cal, mais le mien
n’est pas fait de pierre. Il ne l’est pas.
Moi :
Bien vrai que nous n’ayons pas fait la même option scientifique, toujours
est-il que nous avons fait la même série. Quand bien même cela n’aurait pas été
le cas, c’est un cours initié dans le programme en classe de troisième. ‘’LE
CŒUR C’EST POUR POMPER LE SANG ET RIEN D’AUTRE.’’ Bonne nuit !
J’envoie
et je pose le téléphone. Je récupère mon ordinateur et mes écouteurs. Je mets
la musique puis je me perds dans le système d’exploitation de mon ordi pour
essayer de comprendre chaque fonctionnalité. Je suis à fond à l’intérieur et
c’est ma grand-mère qui m’en sort à minuit quand elle vient me trouver dans la
chambre.
—
Mon ingénieur, ne dort-il pas encore ?
demande Marie-France.
— Un
homme peut-il dormir sans sa femme ?
dis-je en souriant et retirant mes écouteurs.
—
Très bonne réponse, c’est pour ça que je suis là, dit-elle en fermant ma porte
derrière elle, souriante.
J’éteins
l’ordinateur que je mets sur la tablette puis je tapote la place à côté de moi.
— Ta
place t’attend, dis-je en souriant.
Elle
me rejoint sur le lit en souriant et on se couche tous les deux, elle pose sa
tête sur ma poitrine, je la serre dans mes bras. Oui, nous sommes étranges mais
c’est ainsi que l’on a toujours fonctionné tous les deux. À l’époque, c’était
moi qui m’endormais sur sa poitrine mais je suis grand maintenant et je ne veux
pas l’étouffer.
— Ça
a été avec tes parents ?
demande-t-elle.
— Si
on veut. En tout cas, j’ai présenté mes excuses et j’ai demandé pardon.
—
Ok. C’est une bonne chose, dit-elle avant de changer de sujet. Alors comme ça,
j’ai une rivale ?
Je
souris. Elle lève la tête pour me regarder.
—
Non, tu n’en as pas et tu n’en auras jamais, dis-je.
—
Comment ça jamais ? Il
faudra bien que tu te maries un jour, rétorque-t-elle.
— Je
ne suis pas un polygame.
—
Toi vraiment ! Dans tous
les cas, nous aurons le temps d’en reparler dans quelques années, tu es bien
jeune pour l’instant. La priorité doit être tes études, dit-elle, amusée.
— Je
suis tout à fait d’accord avec ça, il n’y a pas de place pour la distraction.
—
Mais qui est cette fille dont parlait ton père tout à l’heure ? demande-t-elle.
— Personne.
— Et
elle a les clés du portail ?
insiste-t-elle.
— Il
ne faut pas écouter tout ce que ton fils dit, il y a beaucoup de mensonges à
l’intérieur, dis-je, amusé.
—
C’est ça… En tout cas, on finira par savoir. Demain, enfin quand il fera jour,
nous regarderons tes cadeaux, tu les récupéreras avant que je n’appelle tes
frères et qu’ils m’accusent de favoritisme.
Nous
rions tous les deux.
—
Les gens de cette famille ont trop le petit cœur pour rien du tout,
ajoute-t-elle en riant.
— Je
te dis. Ils s’offusquent pour si peu de choses. On n’a plus le droit de
préférer son propre mari ?
dis-je, souriant.
—
Mon Dieu ! s’exclame-t-elle.
On
éclate de rire.
— Tu
m’as manqué, mon épouse, dis-je en resserrant mon étreinte.
—
Toi aussi tu m’as manqué, mon époux. Dors bien, dit-elle.
—
Toi aussi.
Je
prends la télécommande pour mettre le climatiseur en marche, j’éteins la
lumière et je m’endors sans difficulté.
****
— Où
est ta petite sœur ?
demande Marie-France.
—
Elle est en train de se plaindre de la traite des noirs qu’elle subit, dis-je,
amusé.
—
Laisse ça, je saurai comment lui redonner le sourire tout à l’heure. Viens
t’asseoir, dit-elle en balayant mes paroles d’un revers de la main.
Je
ferme la porte derrière moi et la rejoins sur son lit. Elle se lève, va tirer
une valise parmi toutes celles qui sont stockées dans un coin, il y en a
plusieurs.
—
Tiens, dit-elle.
—
Toute cette valise ?
dis-je.
—
Bien sûr. Tu es mon époux ou non ?
—
Bien sûr, dis-je en souriant.
Je
la dépose sur le lit et je l’ouvre. Je tombe premièrement sur un sac
d’ordinateur, je souris et je le fais davantage quand je vois un deuxième juste
en bas. Lenovo ThinkPad T510, Processeur : Intel Core i7 RAM : jusqu’à 8
Go et un Apple MacBook Pro 17 Processeur : Intel Core i7, RAM : jusqu’à
8 Go (extensible). Tous les deux flambant neufs. C’est Noël pour moi.
Je
laisse tout et viens la serrer dans mes bras. S’en suit une série de bisous sur
tout le visage et des déclarations d’amour à n’en point finir.
— Tu
es véritablement le souffle qui donne vie à mon être, si l’on te retire, je
meurs, dis-je.
—
Oui je sais. Finis de voir tes cadeaux, je vais appeler ta sœur, répond-elle en
riant.
Je
lui fais un autre bisou sur la joue et je retourne. Je vois quatre disques durs
externes d’un tera chacun, des clés USB de 16 et 32 giga, des cartes mémoires,
deux micros baladeurs, un téléphone portable et un appareil photo. Je comprends
pourquoi elle a tenu à me les donner en privé : forcément, elle en aurait
fait des jaloux, même si tous ces gadgets, hormis le téléphone, l’appareil
photo et les cartes mémoires, ne sont pas très utilisés par mes cousins, du
moins ils n’en connaissent pas l’utilité. Néanmoins, ils auraient pris un coup.
À
côté de ça, il y a quelques vêtements – T-shirts, polos et pantalons de chez Tommy
Hilfiger – deux parfums, Aqua Di Giò de Giorgio Armani et Le
Mâle de Jean Paul Gaultier, et une montre Tissot (entrée de
gamme) qui les accompagne.
Ai-je
besoin de dire encore que j’aime mon épouse ? Je ne pense pas.
— Tu
auras ma reconnaissance éternelle, dis-je en la reprenant dans mes bras.
Elle
rit.
—
C’est pour ça que l’on dit d’épouser des femmes de qualité et qui ont du goût, ajouté-je
en lui faisant un bisou sur la joue.
— Il
faut avoir soi-même l’œil averti pour savoir choisir une femme de qualité,
dit-elle en tapotant doucement sur mes bras, souriante.
—
Pas faux. C’est pour ça que je t’ai choisie, parmi toutes ces femmes qui
étaient toutes fades devant ta beauté et ta prestance.
Elle
éclate de rire.
— Tu
es vraiment l’homonyme de ton grand-père, dit Marie-France.
Nous
rions.
—
Laisse-moi chercher les affaires de tes sœurs, ajoute-t-elle.
Je
me détache d’elle et la regarde fouiller les autres valises, quatre au total : deux pour les garçons et deux
pour les filles. Si on retire Clovis Jr et moi, il lui reste sept autres à
contenter, en plus de ses autres petits-enfants de par ses frères et sœurs. Un
beau monde, mais bon, cela ne me regarde pas, j’ai pris ma part.
Les
filles ont essentiellement des parfums, des vêtements et quelques bijoux.
J’aperçois un bracelet fin avec quelques petites fantaisies qui attire mon œil,
il est en or. Je le prends et l’observe pendant quelques secondes.
— Tu
le vois sur le bras de quelqu’un ?
demande-t-elle, amusée.
—
Pas spécialement. Je l’ai juste trouvé beau et discret, dis-je en le rendant à
sa place.
—
Hum…
— Je
vais rapidement ranger ma valise.
—
D’accord. Appelle-moi ta sœur.
—
D’accord.
Je
tire ma valise jusqu’à la porte et l’ouvre.
—
Fruité, floral ou bonbon ?
demande-t-elle.
J’arque
un sourcil.
— Si
tu devais choisir entre les trois, précise-t-elle.
—
Floral, réponds-je.
—
Classique ou élégant ?
—
Élégant sans hésiter.
—
Ok. Tu peux y aller, dit-elle en souriant.
Je
sors et ferme la porte derrière moi. Je fais rentrer ma valise dans ma chambre puis
je poursuis mon chemin jusqu’au salon où je trouve l’esclave des temps modernes
étalée sur le canapé devant Disney Channel, regardant Hannah Montana
je ne sais plus laquelle des saisons.
—
Votre Altesse, vous êtes demandée dans la chambre de mon épouse.
Elle
fait la moue.
— J’ai
déjà fait toutes les corvées de cette maison, laissez-moi respirer deux
minutes. Même dans les champs de coton, il y avait des temps de pauses.
J’éclate
de rire.
—
Dans tous les cas, si tu n’y vas pas, il ne faudra pas te plaindre quand tu
verras les cousines débarquer ici.
Elle
dandine et fait la course de sa vie jusqu’à la chambre de sa grand-mère, je
ris. J’éteins la télévision et retourne dans ma chambre correctement ranger mes
affaires. Je récupère le Mac que je viens d’avoir et je m’assois pour
l’allumer et voir comment le paramétrer à ma convenance. Je passe la matinée
dessus, je suis interrompu à treize heures par ma grand-mère qui me demande de
les accompagner ma sœur et elle chez ses enfants distribuer les cadeaux aux
autres. Je m’exécute, on se change et on s’en va.
On
sort d’Angondjè en direction de Bas de Gué-Gué, derrière les
colis postaux, là où vit le petit frère de mon père. On salue, on s’assoit. Je
reçois quelques félicitations pour mon bac et la promesse d’un cadeau pour ma
fête vendredi. Je suis le premier surpris : il y aura une fête en mon
honneur à la maison et je n’en savais rien. Je ne dis rien pour autant.
Ma
grand-mère remet les cadeaux, on nous invite à manger, puis on reprend la
route. Deuxième destination : Glass, non loin du Méridien,
chez la petite sœur de ma grand-mère. Une heure de pause, bavardage, remise de
cadeaux, et on repart. Ensuite Lalala, à droite, chez son frère, même
scénario. On finit le périple à Labouba, non loin du carrefour, chez un
autre de ses frères. Le reste des membres de la famille n’est pas jugé assez
important pour recevoir notre visite ; ceux qui comptent vraiment restent
à Pog et recevront leur part directement là-bas.
On
rentre à la maison vers vingt heures, les parents sont là. On salue, on se lave
les mains, et on dîne en famille. Camille débarrasse sans se faire prier.
« L’intérêt guide l’esprit », dit-on, et Marie-France sait parfaitement
guider le sien avec des promesses mirobolantes pour qu’elle se serve de ses dix
doigts.
Je
regagne ma chambre et me replonge sur l’ordinateur jusqu’à quatre heures du
matin. Le réveil pique, mais je me lève à huit heures. Je traîne avec ma
grand-mère et ma sœur dans des balades au Port-Môle pour envoyer les
bagages en avance, qui seront réceptionnés par sa fille là-bas. Ensuite, on se
pose au Radisson pour manger au restaurant. Ma grand-mère a les moyens
de sa politique. Pendant ce moment, je reçois un message de Winnie qui me
salue, mais je zappe. On passe un bon moment, puis on rentre à la maison.
Une
fois rentré, je reçois un appel de Campus France me demandant si j’ai
reçu la réponse d’EPITA. Je réponds, non, et ils me demandent de
consulter mes mails. En le faisant, je découvre une réponse positive. J’informe
ma grand-mère et transfère le mail à mon père. C’était cette réponse qu’on
attendait : mon départ est donc confirmé pour ce week-end.
Je
monte dans ma chambre et commence à faire mes valises, heureux à l’idée de
pouvoir m’éloigner d’ici pour au moins cinq ans, voire dix si l’envie m’en
prend. Je passe le reste de l’après-midi à préparer mes affaires, jusqu’à ce
que ma grand-mère vienne me chercher pour le dîner. On s’y rend tous les
deux ; trente minutes après, je suis de retour dans ma chambre et reprends
mes activités.
Vingt-trois
heures, on toque à ma porte. Elle s’ouvre sur ma grand-mère, tenant un petit
sac en carton.
— Tu
devrais arrêter pour aujourd’hui et poursuivre demain, suggère-t-elle.
—
J’ai quasiment fini. Demain, je serai beaucoup plus axé sur les ordis, je ne
suis pas sûr d’avoir le temps pour autre chose. Mais dans une heure tout au plus,
je serai couché.
—
D’accord.
— Tu
passes la nuit ici ?
— Non… je suis simplement venue te donner ceci.
Je vais dormir dans ma chambre.
Elle
se rapproche et le pose sur le lit. Elle me fait un bisou sur le sommet de la
tête et me souhaite une bonne nuit avant de s’en aller. Je récupère le sac, je
le renverse sur le lit. Je vois le bracelet que j’avais attrapé la dernière
fois, des petites boucles d’oreilles et un parfum de chez Chanel Coco Mademoiselle.
Un mot accompagne ça, je lis.
‘’chypré
floral, élégant et frais comme la jeune femme à laquelle tu as pensé en voyant
ce bracelet, qui détient les clés des portes de cette maison mais n’est en rien
une rivale. Ne me remercie pas. Bisous, ton épouse ! ‘’
Je souris en lisant son mot, cette
femme…