Chapitre 21 : Mon épouse

Ecrit par L'UNIVERS DE JOLA

Chapitre 21 : Mon Épouse

Calvin Harris Otando

J

e viens de déposer Winnie chez elle et c’est avec un petit sourire sur les lèvres que je reprends le chemin de la maison. Je dois l’avouer, j’ai passé un bon week-end en sa compagnie, pourtant je n’avais pas prévu de la voir. Finalement, cette rencontre à la plage n’était pas une mauvaise chose.

Je repense à sa mise en beauté de la veille, et mon sourire s’élargit. Il y a vraiment un énorme potentiel à exploiter, il suffit juste d’un peu de moyens pour faire davantage ressortir sa beauté. Hier, j’ai été ravi de la voir sortir du salon de beauté, je l’ai trouvée belle. Je n’étais pas le seul d’ailleurs : les gars au Ballon d’Or l’ont confirmé. Yohan m’a même dit que le lycée ne lui convenait vraiment pas, parce que ça cachait le canon qu’elle était. Je me suis grave marré avant de constater qu’Oscar était en train de discuter avec elle.

Personnellement, cela ne m’a pas étonné plus que ça, parce que depuis trois ans maintenant, les gars au lycée ont ma douleur. Je suis monté sur plusieurs filles, nombreuses d’entre elles étaient en couple. Je n’ai jamais été le genre à me vanter d’avoir couché avec telle ou telle fille, mais ces choses sont toujours sorties au grand jour. Beaucoup de relations se sont brisées “par ma faute” et je suis devenu en quelque sorte la cible à abattre. Non pas physiquement — même s’il y a eu quelques petits accrochages auxquels je n’ai jamais donné suite — mais ils m’attendent au tournant pour pouvoir me rendre la monnaie de ma pièce— je souris.

Comment rendre quelque chose à quelqu’un qui n’a pas de meuf et ne compte pas en avoir ? Là était toute la question qui les a fait chier ces trois dernières années. Ils ont vu Winnie et se sont dit que peut-être c’était ma meuf et donc qu’il fallait tenter une approche — je souris. Je l’ai dit à la concernée et je le répète : ce qu’elle fait de sa vie la concerne, je m’en balance complètement de savoir avec qui elle couche, sa réputation, son affaire. Je fais ce que j’ai à faire avec elle, et le reste, c’est son problème. Elle n’est rien pour moi.

Je ne vais pas cacher que le fait qu’elle se soit abstenue de donner ses coordonnées à Oscar ne m’a pas fait plaisir, mais bon, c’est tout à son honneur. Il s’agit de sa réputation à elle. Toujours est-il que cela a accentué ma bonne humeur du week-end avec elle.

Place maintenant à ma réalité, cette réalité que j’ai quittée pendant deux semaines et qui m’a fait un énorme bien. Mais comme on dit, toute chose a une fin, même les bonnes.

Je roule jusqu’à la maison. Une fois devant le portail, je klaxonne ; le gardien, que je salue au passage, m’ouvre. Toutes les voitures sont là, ce qui est assez étonnant pour un lundi à cette heure. En regardant la montre à mon poignet — neuf heures quarante-deux — ils devraient tous les deux être à leurs boulots respectifs. Mon père est DG à la BGFI, président de l’association des hommes d’affaires du Gabon, en plus d’être accessoirement conseiller économique et financier du président de la République. Dans un pays où la frontière entre le public et le privé est floue, tout est possible.

Ma mère travaille à la Primature en tant qu’experte en économie internationale. Ils ne chôment pas tous les deux et je ne comprends pas pourquoi ils sont encore à la maison.

Je gare, récupère mon sac et descends pour entrer dans la grande maison sans grand enthousiasme. Comme je ne veux pas me faire remarquer, je prends la direction de la porte arrière.

— Calvin ? m’interpelle le gardien.

 Je me retourne pour le regarder.

— Monsieur a demandé que tu passes par l’avant à ton arrivée.

— Pourquoi ? réponds-je, les sourcils froncés.

Il lève les épaules comme pour me dire qu’il n’en sait rien.

— Il a dit ça quand ?

— Ce matin quand il est venu me saluer.

— Je vois. Je vais donc faire comme ça. Merci Touré.

Il me sourit sans plus. Je me dirige vers la porte principale, je prends une grande inspiration que j’expulse de la même manière puis j’ouvre la porte. Il n’y a personne dans le séjour. Je m’avance et les bruits des couverts m’interpellent dans la salle à manger, je vais voir pour les saluer vite fait. Je trouve mes parents, ma sœur et une invitée que je ne pensais pas trouver ici, car normalement elle vit à Port-Gentil et était en vacances à Liverpool depuis le début de cette année.

— My husband came home, dit Marie-France. (Mon époux est rentré.)

Mes lèvres s’étirent en un large sourire. Elle se lève de table et vient me prendre dans ses bras. Je lui rends son câlin.

— Tu es rentrée quand ? demandé-je, content de la voir.

— Hier soir. J’ai été surprise de ne pas te trouver à la maison. J’ai demandé après toi pour apprendre que tu es logé ailleurs comme un sans-famille de passage dans une ville inconnue. Comment est-ce possible, quand moi je prends mon avion spécialement pour venir fêter ton bac ?

Je regarde mon père, comprenant en même temps pourquoi je devais rentrer dans cette maison maintenant.

— J’avais besoin d’un peu d’espace.

— De quel espace me parles-tu ? demande-t-elle en montrant la maison d’une main. Cette maison n’est-elle pas suffisamment grande pour avoir cet espace ? Ou alors les studios qui sont à l’arrière ?

Je souris sans répondre.

— Il y a d’autres personnes dans cette pièce jusqu’à preuve du contraire, intervient mon père. Et nous sommes en plein repas, maman. Il serait bien que tu reviennes t’asseoir. Tu auras le temps de discuter avec ton époux après notre départ.

— Hum… dit-elle en me tenant par le bras. Viens t’asseoir près de moi.

— J’ai déjà pris mon petit déjeuner avant d’arriver, dis-je, amusé.

— Ah bon ?

— Oui.

— D’accord, mais viens quand même t’asseoir pour me tenir compagnie.

Je lui souris. Est-ce que je peux refuser quelque chose à cette femme ? Ma femme ? Bien sûr que non.

Je pose mon sac et la suis. Je lance finalement un bonjour à l’endroit des autres, auquel seuls mon père et Camille répondent, puis je prends place à ses côtés.

— Mon chéri, dit-elle avec un sourire ravageur, tu vas me faire l’honneur de manger un peu dans le plat de ton épouse — qui a traversé les continents uniquement pour venir te voir, n’est-ce pas ?

— D’accord, dis-je en capitulant avec un sourire conquis. Je veux bien, mais…

— Je vais moi-même te nourrir, ne t’inquiète pas, ajoute-t-elle avec un large sourire.

On se sourit d’un air complice. Je me positionne bien et je la laisse me nourrir, ce qu’elle fait avec grande joie pendant que ma mère lève les yeux au ciel, visiblement exaspérée, mon père bouge la tête de gauche à droite et ma sœur s’amuse de la scène.

Marie-France Onanga, veuve Otando, hôtesse de l’air devenue femme au foyer après avoir épousé Calvin Honoré Otando, ambassadeur du Gabon en Angleterre — pays qu’elle affectionne particulièrement et où elle séjourne tous les deux ans après y avoir vécu près d’une dizaine d’années. De cette union sont nés trois enfants : mon père, l’aîné Clovis Rè-Ndjo Otando, Carmen Onanga Otando, la deuxième, et Christian Oyeni Otando.

Si vous suivez bien, vous avez compris que je suis l’homonyme de mon grand-père, et c’est la raison pour laquelle ma grand-mère m’appelle “son mari”. C’est la seule femme qui existe sur cette terre que j’aime et que je n’aimerai jamais autrement, la seule que je respecte et qui a de la valeur à mes yeux. C’est aussi la seule personne qui m’aime d’un amour sincère.

Quand je cherchais ma place dans cette famille, c’est dans ses bras que j’ai trouvé du réconfort, et dans les miens qu’elle a trouvé le sien à la mort de mon grand-père, dix ans plus tôt. Nous étions déjà assez proches avant son décès, mais après, notre relation s’est approfondie. J’ai vécu un an et demi avec elle à Liverpool avant de partir en France, sur la demande de mon père qui me voulait auprès du reste de la famille. Toutefois, nous sommes restés très proches.

Les deux années qui ont suivi mon retour à la maison avec les autres, je l’ai rejoint pour les vacances, et c’était censé être ainsi chaque fois. Mais pour une raison que j’ignore, on me l’a refusé et mes séjours chez elle se sont arrêtés. C’est elle qui, lorsqu’elle le veut, vient nous voir à la maison. Elle a neuf petits-enfants qu’elle aime sans mesure, mais clairement, je suis son préféré, et tout le monde le sait.

Elle me nourrit et finalement nous terminons son repas tous les deux pour son plus grand plaisir. Je n’avais pas faim, comme je l’ai dit, puisque j’avais déjà mangé avec Winnie, mais bon… “Un homme, quel que soit ce qu’il a consommé dehors, doit toujours manger le plat que sa femme lui donne dès qu’il rentre à la maison, c’est la base.” Ce sont ses paroles, alors je m’exécute.

— Il faut que j’y aille, je vous verrai ce soir, nous aurons une discussion tous les trois avec ta mère, dit Papa en s’essuyant la bouche.

Je ne dis rien. Il se lève, vient faire un câlin à sa mère, un bisou sur le front à sa fille et un sur la bouche à sa femme, puis il s’en va. Ma mère ne tarde pas à lui emboîter le pas, fait un câlin à sa fille et souhaite une bonne journée à sa belle-mère, qui le lui rend. Nous restons à trois. Camille se lève et veut quitter la table.

— Oh jeune fille, qui est-ce qui débarrassera cette table? demande Marie-France.

— Ah mamie, il y a la femme de ménage, répond Camille.

— Ne m’oblige pas à parler plus qu’il n’en faut ce matin, reprend Marie-France, c’est toi qui manges et c’est quelqu’un d’autre qui débarrasse?

Camille reste silencieuse.

— Débarrasse et tu nettoieras tout ce que nous avons utilisé, ordonne Marie-France.

Elle attache son visage et s’exécute. Je regarde la scène, amusé. Quand on cherche le mot «paresseuse» dans le dictionnaire, c’est ma petite sœur qui sort. Non pas qu’elle ne sache pas le faire, mais elle n’aime pas, et donc ne le fait pas. Ce ne sont pas ses parents qui l’obligeront.

–— Je vais aller ranger mes affaires à la chambre le temps que tu surveilles la future reine d’Angleterre, dis-je en souriant.

— Il faut me laisser tranquille, répond Camille.

— Ah, débarrasse là-bas, quel genre de reine est-ce même? s’étonne Marie-France.

La concernée prend le premier lot d’assiettes empilées et s’en va à la cuisine. Je me lève, fais un bisou à ma grand-mère et je vais prendre mon sac pour me rendre dans ma chambre. Je me pose sur le lit en respirant fortement par la bouche. Mon téléphone vibre dans la poche, je le sors : un message de Winnie.

Winnie F.E : Pas encore arrivé ou dois-je simplement me faire à l’idée que mon tour est terminé ?

Je souris devant son message avant de répondre.

Moi : C’est exactement ça.

Winnie F.E : J’ai un cœur, Cal, et il n’est pas fait de pierre.

Moi : Ça n’engage que toi, Winnie. Bonne journée !

Winnie F.E : Pourquoi tu fais ça ?

Je pose le téléphone, je ne veux pas rentrer dans des discussions inutiles. Je me penche pour retirer mes chaussures. Mon téléphone vibre à nouveau sur le lit, je ne le prends pas. Je me lève pour ranger mes chaussures, où elles restent, et j’en profite aussi pour défaire et ranger les affaires qui sont dans mon sac.

Une fois tout à sa place, je retire les draps qui étaient sur le lit, ceux que j’avais laissés la dernière fois que j’étais parti d’ici. Je les plie, les mets dans le panier à linge sale et j’en mets de nouveaux. Quand c’est fait, j’ouvre la fenêtre de la chambre pour aérer, puis je fais de même avec celle de la douche.

Je reviens dans la chambre pour me changer, troquant la tenue que j’ai au corps contre un bas de jogging et un t-shirt. Je porte également mes babouches de maison.

Je récupère mon téléphone sur le lit. Trois nouveaux messages, tous de Winnie. J’entends des coups frappés à ma porte et je me retourne.

— C’est ouvert, dis-je.

La porte s’ouvre sur ma grand-mère.

— Puis-je entrer? demande Marie-France.

— Bien sûr, mon épouse, réponds-je en souriant.

Elle me sourit grandement. Je verrouille mon téléphone et le pose sur la table. Elle vient s’asseoir sur le lit, j’en fais autant.

— Comment vas-tu? dit-elle en prenant ma main dans la sienne.

— Je vais bien, réponds-je.

Elle me regarde avec insistance.

— Je t’assure que je vais bien, ajouté-je, amusé.

— Tu vas bien et tu vis hors de la maison depuis deux semaines? demande-t-elle.

Je reste silencieux.

— Que s’est-il passé avec ta mère? insiste-t-elle.

Je ne réponds pas.

— J’ai entendu dire que tu lui aurais encore manqué de respect et que tu lui aurais souhaité la mort, reprend Marie-France. Je veux entendre ta version des faits avant de me prononcer sur cette histoire.

Démentir cette histoire ne servira à rien, sinon à m’attirer d’autres colères en m’accusant de vouloir manipuler ma grand-mère comme quand j’étais plus jeune et que je lui parlais de ce que je vivais. Je soupire.

— J’avais bu ce jour-là et je n’étais pas conscient de ce que je disais. Peut-être ai-je dit des choses comme ça, mais je ne m’en rappelle plus.

— Ce français pour me dire que tu ne te reconnais pas dans ces accusations?

J’esquisse un sourire. Cette femme!

— Non… ce français pour dire que peu importe… je suis le fautif, réponds-je.

Elle me scrute d’un air intense.

— Le mensonge n’est pas ton fort et ce n’est pas avec des tournures compliquées que tu t’y feras, ajoute Marie-France.

Je reste silencieux.

— Mais soit, poursuit-elle. On va faire comme si je te croyais. Cela fait près de deux ans que l’on n’a pas eu d’écho d’esclandre à ton sujet. Pourquoi donc maintenant?

Je penche la tête sur le côté et passe ma main sur ma tête.

— Sans doute le goût de la liberté qui m’est monté à la tête ou le mauvais esprit en moi qui s’est détaché quelques minutes, dis-je.

Elle me regarde.

— Franchement… cela n’a plus d’importance. Je vais simplement m’excuser, je vais me faire tout petit et partir d’ici ce week-end. Ce genre de scènes n’aura plus l’occasion de se reproduire… je ne serai plus là, dis-je en haussant les épaules.

— Hum… murmure-t-elle.

— Je sais que je suis quelqu’un de détestable… je l’ai bien compris, soufflé-je, lointain.

— Que viens-tu de dire? s’écrie-t-elle en saisissant mon menton.

Je la regarde.

— Que viens-tu de dire, Calvin? insiste-t-elle en soutenant mon regard.

— Rien d’important, mon épouse, réponds-je en esquissant un faible sourire. Raconte-moi plutôt comment c’était ce séjour dans ton pays d’adoption.

Elle me regarde pendant longtemps dans les yeux.

— Je ne sais pas ce qui s’est passé dernièrement mais je veux que tu saches que tu es quelqu’un de bien, avec un grand cœur. Tu es véritablement un don du ciel, dit-elle en caressant mon visage, tu es une bonne personne, tu comprends?

Je remue affirmativement la tête, soutenant son regard.

— Tu n’es ni une erreur, ni un problème et certainement pas quelqu’un de détestable. Tu es un homme bon et une bonne personne, ajoute-t-elle.

On se regarde mutuellement puis elle ramène ma tête vers son visage, me fait un bisou sur le front avant de me serrer dans ses bras.

— Je t’aime tellement, mon époux, murmure-t-elle.

— Je t’aime aussi, mon épouse, réponds-je en passant mes bras derrière son dos.

Nous gardons la position. On se détache quelques secondes plus tard, je pose ma tête sur ses cuisses et elle me la caresse.

— Alors, par quoi veux-tu que je commence? demande-t-elle, souriante.

— Je veux tout savoir, raconte-moi tout depuis le premier jour jusqu’au dernier, dis-je en souriant à mon tour.

— Ça va être difficile, rit-elle. On parle quand même de six mois-là.

— Peu importe, nous avons tout notre temps. Raconte!

— Je vais essayer. Alors, par quoi commencer? Ah oui, quand j’ai atterri à l’aéroport… commence Marie-France.

Elle me raconte ses mésaventures là-bas et nous rions de certaines. Le temps passe sans qu’on ne le voie au point de faire toute la journée assis sur mon lit à raconter et rire. C’est lorsque nous entendons la voix de mon père demander où sont les amoureux que nous nous rendons compte de l’heure : dix-huit heures trente. Nous parlons depuis onze heures.

Quelqu’un cogne à la porte.

— Entrez! disons-nous.

La porte s’ouvre sur mon père.

— Les retrouvailles-là ne sont toujours pas finies ? demande-t-il.

— Non… nous avons décidé de faire une lune de miel, répond Marie-France.

Il la regarde de travers pendant que je souris.

— Toi, lève ta tête des cuisses de ma mère et va plutôt la poser sur celles de cette petite qui était cachée dans ma voiture la dernière fois que je suis passé te voir, lance papa.

J’écarquille les yeux en le regardant, doublement choqué. D’abord par le fait qu’il ait vu Winnie ce jour-là, ensuite par le fait qu’il le mentionne précisément là, devant ma grand-mère.

— Alors comme ça, monsieur me fait des infidélités? dit Marie-France.

— Bien sûr que non… c’est de la diffamation. Tu es la seule femme dans ma vie, dis-je en me redressant pour la regarder.

— Pourtant, c’est une autre qui a jusqu’à les clés du portail et du studio que ton propre fils a construit, enfonce papa.

J’ouvre la bouche mais aucun son ne sort. Papa sourit, ravi d’avoir balancé ses missiles pour troubler la quiétude de mon foyer.

— Alors ça! s’exclame Marie-France en levant un sourcil.

— Tu ne vas pas le croire, mon amour, ce sont de fausses tentatives pour essayer de semer la confusion dans notre foyer, dis-je en riant.

— C’est vrai ou ce n’est pas vrai? demande-t-elle.

— Bien… bien sûr que ce n’est pas vrai. Qu’est-ce que j’irai chercher chez une autre femme? dis-je en essayant de trouver quelque chose à dire.

— Pinocchio, lance papa.

Nous éclatons de rire tous les trois pendant un moment.

— Donc comme ça, j’ai une rivale? demande Marie-France en reprenant ses esprits.

— Jamais de la vie, réponds-je.

— Pourtant ce n’est pas ce que j’ai vu de mes propres yeux, dit papa, amusé.

Nous le regardons.

— Une jeune fille qu’il a marquée jusqu’à dans les zones insoupçonnées, ajoute-t-il avec un sourire en coin.

Je me pince les lèvres pour ne pas éclater de rire en comprenant son allusion…


 

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