Chapitre 20 : Il n'a pas donné l'argent ?
Ecrit par L'UNIVERS DE JOLA
Chapitre 20 : Il N’a Pas Donné L’argent ?
Winnie Fleur Ella
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N |
ous
le faisons tous les deux, nos visages brillent.
— Si
cet éclat n’est pas sur ton visage après une bonne séance de baise,
poursuit-il, c’est que tu n’es pas au bon endroit. Fuis loin de cette personne.
— Même si c’est toi ? demandé-je.
— Je ne serai plus là bientôt, répond Calvin en esquissant un
faible sourire. Ça ne pourrait pas être moi.
Je reste silencieuse.
— Mais qu’à cela ne tienne… moi y compris, ajoute-t-il.
— D’accord, dis-je.
— Allez, laisse-moi aller nous préparer la baignoire.
Je serre son cou.
— Non… je ne veux pas descendre.
— Ella, on doit prendre un bain, dit-il, amusé.
— Ye*[1]
veux pas descendre, dis-je d’une voix de petite fille.
— Bon, on va faire quelque chose. Tu descends, tu m’attends
ici le temps que je nous prépare la baignoire et je viens te chercher pour t’y
emmener.
Je le regarde à travers la glace.
— Tu promets ?
— Je ne mens jamais.
— D’accord.
Je
descends. Il me fait un bisou sur le front, un autre sur la joue, puis se
dirige vers la douche. Je reste devant le miroir, prenant le temps de
m’observer. Inutile de dire que je suis marquée, depuis vendredi que nous avons
commencé, j’en ai. D’autres marques se sont simplement ajoutées.
Je
scrute mon visage. Le rouge à lèvres est parti, mais ma peau est encore
reluisante, et le reste du maquillage tient toujours. J’esquisse un sourire en
réécoutant ses propos dans mon esprit, me disant qu’il a aimé ma mise en beauté
et qu’il m’a trouvée très belle ainsi.
Je
fixe mes yeux sur ma poitrine, rougie par ses caresses, m’attarde sur mes
seins, et remarque qu’ils ont un peu grossi par rapport à l’année dernière. Je
me mets de profil et m’observe. La première chose qui attire mon regard, ce
sont mes fesses, elles ont pris beaucoup de volume. Je pose mes mains en
dessous, les sous-pèse, elles rebondissent légèrement. Il ne fait aucun doute
que mon corps a énormément changé en un an ; j’ai beaucoup plus de formes
maintenant.
—
J’ai fait du bon boulot, dit Calvin derrière moi.
Je
le regarde. Il se tient debout, adossé contre le cadran de la porte de la
douche, un large sourire sur les lèvres.
—
Toutes les parties de ton corps ont pris du volume, ajoute-t-il en se
rapprochant.
Il
se positionne derrière moi et me tient par la taille. Nous faisons face au
miroir.
—
Normalement, je devrais être payé pour l’énorme travail que je fais sur toi. Je
donne de ma personne pour te sculpter, dit-il en souriant.
—
N’importe quoi, répliqué-je en lui rendant son sourire. C’est la paix du cœur
qui me fait ça.
Il
rit.
— La
paix du cœur ou les coups de bite ? demande-t-il en riant.
— La
paix du cœur, dis-je en le pinçant.
— La
paix même est étonnée d’être citée dans une affaire qu’elle ne maîtrise pas,
répond-il en riant. Elle-même sait que ce sont mes séances de baises qui te
transforment de la sorte.
Je
fais la moue. Il me soulève du sol comme un bébé sans me prévenir et me conduit
à la douche. On passe rapidement sous le jet d’eau ensuite dans la baignoire.
Sans que je ne lui demande quoi que ce soit, il entreprend de me masser sous
l’eau, je soupire d’aise. Nous restons à l’intérieur une trentaine de minutes à
nous câliner, caresser et embrasser. On sort plus tard, on se rince. Je lui
demande de m’essuyer et me passer la crème sur le corps, il le fait.
— Je
me rappelle la première fois que j’avais dû me passer la crème tout seul, dit
Calvin avec un faible sourire. La nounou n’était pas venue parce qu’elle était
malade. On m’avait dit que j’étais un grand garçon et que je pouvais prendre
soin de moi tout seul. J’étais allé sous la douche moi-même et je m’étais lavé
à l’eau froide en hiver.
Il
affiche un large sourire.
—
J’ignorais comment on faisait les réglages et je ne te raconte pas le supplice
que ce fut pour moi tellement j’avais froid. Je suis sorti de là tremblant de
partout pour m’essuyer et m’enrouler dans une grande couverture. Après ça,
j’avais pris la crème et j’avais vidé la moitié du pot uniquement à me frotter
le ventre et le visage.
Il
rit et j’en fais autant.
— Je
ne sais même pas pourquoi j’insistais sur cette partie, poursuit-il en riant,
mais j’étais convaincu qu’il le fallait. Je brillais de mille feux. Après ça,
j’étais allé prendre des vêtements dans la commode pour me vêtir. J’avais
dérangé tout le linge et j’avais porté ce que j’avais pris, non seulement à
l’envers mais aussi dans le mauvais positionnement. J’avais mis l’avant
derrière et les boutons n’importe comment.
Il
sourit, l’air nostalgique.
— Tu
ne peux pas savoir comment j’étais hyper fier de moi. J’avais tout fait tout
seul, comme un grand. Mon grand frère, dont ma mère s’était occupée, s’était
moqué de moi. J’étais resté ainsi toute la journée et c’est mon père qui était
venu m’ajuster quand il était rentré du boulot en fin d’après-midi.
Nous
rions tous les deux à l’évocation de son souvenir.
— Et
tu avais quel âge ? demandé-je en riant.
—
Trois ans, répond-il en souriant.
—
Pourquoi ta mère ne l’avait pas fait ?
Il
arrête de sourire.
— Tu
as dit qu’elle s’était occupée de ton grand frère. Pourquoi elle ne l’avait pas
fait avec toi ?
— Je
n’en sais rien, répond-il en levant les épaules. Je suppose que je devais être
plus indépendant que mon frère.
Il
s’éloigne de moi.
—
Allons-y.
—
Soulève-moi.
— Je
ne suis pas ton porteur, Winnie.
—
S’il te plaît, Cal, dis-je d’une petite voix. J’ai du mal à marcher.
Il
me regarde avec insistance, soupire, puis vient me porter. Mon sourire
s’élargit. Il me ramène dans la chambre, nous portons de nouveaux vêtements,
mais je reste nue en dessous, n’ayant pas d’autres sous-vêtements que ceux que
j’avais ce matin et qui sont sales. Il range la chambre pendant que je me rends
à la cuisine pour nous préparer quelque chose à manger. Non, je ne l’ai pas
fait ce matin avant de sortir pour le salon de coiffure. Il y a bien les restes
d’hier au frais, mais bon… il est quinze heures, je peux le faire.
Je
sors le filet mignon et cherche sur YouTube une recette que je peux
facilement reproduire. Je regarde deux vidéos et opte pour un filet mignon au
four avec des légumes. Tous les ingrédients sont déjà là. Je retourne à la
cuisine et m’exécute ; je ne m’en sors pas trop mal. Avec un peu de
pratique, ça ira. Comme accompagnement, j’ai préparé les patates. Je laisse
reposer quelques minutes, puis nous passons à table vers dix-sept heures.
Il
dépose devant moi un des cartons de comprimés qu’il m’avait achetés la dernière
fois. Je retire un comprimé et l’avale sans rien dire. Après le repas, nous
débarrassons et je mets le reste dans des tupperware que je range au frais à
côté de ceux de la veille. Il lave la vaisselle. La cuisine remise en ordre, il
me propose d’aller marcher dans le quartier. J’accepte et nous sortons.
J’aperçois
quelques autres personnes dans les appartements alentours. Pour la plupart, ce
sont des hommes mariés avec d’autres femmes. Certains sont d’un certain âge et
accompagnés de petites filles.
Il me
montre un couple qui descend d’une voiture sans les pointer du doigt.
— Tu
vois le monsieur qui descend là-bas ?
—
Oui.
—
C’est un de mes voisins. La petite qui est avec lui, c’est la copine de sa
fille qui vit aussi dans notre quartier.
Je
le regarde avec les grands yeux.
— Et
tu sais ce qu’il y a de plus drôle dans cette histoire ? sourit-il.
Je ne vois même pas quelque chose de drôle
là-dedans alors un plus drôle ?
— C’est le premier fils de ce monsieur qui
l’avait dévirginée chez eux. Aujourd’hui, elle dame avec le père pourtant elle
appelle sa femme maman.
Je
le regarde interdite en m’arrêtant.
—
Celui qui fait confiance à une femme est un suicidaire, dit-il un rictus sur
les lèvres.
Je
reste au même endroit. Il se tourne pour me regarder.
— Tu viens ?
Je
le rejoins timidement et nous continuons le chemin. Il me raconte les scènes
qu’il a vues ici depuis qu’il est là. Il me raconte qu’une fois en rentrant, il
avait vu une jeune fille rentrer avec un vieux blanc dans l’appartement à côté
du sien. Autour de vingt-trois heures, elle était venue cogner chez lui, disant
qu’elle avait envie de faire et que le papa là dormait après le premier tour, alors
qu’il n’avait même rien fait. Il me dit qu’elle lui avait dit qu’elle l’avait
trouvé beau quand ils s’étaient croisés et qu’elle voulait qu’il la baise jusqu’au
matin.
— Et
tu l’avais fait ? demandé-je, choquée.
— Je ne suis pas un fou à ce point pour aller
ramasser les malchances des gens, dit-il en riant. De plus, j’avais baisé tout
le week-end avec toi, je n’étais pas en manque. Je lui ai claqué la porte au
nez et je suis retourné dormir.
— Je
vois.
Je
glisse ma main dans la sienne et pose ma tête sur son épaule. On tourne dans le
quartier pendant près de deux heures puis on rentre. On vient se poser au calme
sur le canapé devant la télé, nos téléphones posés sur la tablette. Je pose ma
tête sur son épaule, il me regarde un moment, se décale pour me faire de la
place sur son torse. Il m’enveloppe de sa main, me caresse doucement le bras.
Je
regarde les images sans vraiment les voir, mon esprit est livré à un autre exercice.
De ma position, j’entends les battements réguliers de son cœur, il semble être apaisé,
comme quelqu’un en présence de qui on est serein, à l’aise, en confiance, en paix.
Pourquoi ne voit-il pas l’évidence ?
Son
téléphone sonne sur la table, il le regarde. C’est écrit ‘’Mon Paternel '’, il décroche.
—
Allô, dit Calvin.
— …
—
Bonsoir papa. Oui, je vais bien.
— …
— On
avait dit mardi et non demain.
Il
écoute pendant un long moment avant de répondre :
—
J’ai compris, papa. Je vais rentrer demain.
Il
dépose le téléphone et soupire une seconde fois. Les battements de son cœur
semblent s’être accélérés. Je lève les yeux pour le regarder.
—
Qu’est-ce qu’il y a ? demandé-je.
—
Nous allons partir d’ici ensemble demain matin. Je dois libérer cet appartement
pour retourner chez mes parents.
— Je
vois, dis-je.
Après
une minute, je demande :
—
Pourquoi tu étais venu vivre ici ?
—
Regarde le film, c’est le plus important, répond-il d’un ton ferme, sans me
regarder.
Je
n’insiste pas. Je tourne à nouveau mes yeux vers l’écran sans plus rien dire,
lui non plus. Je ne sais pas à quel moment le sommeil m’emporte.
****
J’ouvre
les yeux, réveillée par une sensation agréable entre mes jambes et des bisous
sur mon cou, la pièce est plongée dans la pénombre. Je bouge légèrement et bute
contre quelque chose de dur contre mes fesses. Calvin étend ses baisers sur le
reste de mon corps.
— Il
est quelle heure ? questionné-je mi- endormie.
—
Cinq heures trente et j’ai envie de toi.
— Je
dors, Cal.
— Si
c’était le cas, tu ne parlerais pas avec moi en ce moment.
Il
m’incline légèrement sur le côté, prend mon sein en bouche, je soupire
d’excitation. Il bascule, se met au-dessus de moi, écarte mes jambes pour se
frayer un chemin. Il se redresse, retire ses doigts de mon intimité, y place
son sexe à l’entrée de ma cave, puis me pénètre lentement en venant prendre mes
lèvres contre les siennes. Il se met à bouger, sans aucune pression, avec
douceur, prenant le temps de me caresser avec sa main libre. Je me synchronise
à ses mouvements, savourant ce plaisir doux qu’il me procure. Nous jouissons
quelques minutes après en parfaite symbiose. Il reste sur moi, posant plusieurs
baisers sur mon visage. Il s’arrête et me regarde, un sourire aux lèvres.
— Bonjour.
—
Bonjour, réponds-je en lui rendant son sourire.
— Tu
as passé une bonne nuit ?
—
Oui, même si tu m’as réveillée trop tôt.
— Tu
dors depuis vingt heures, dit-il en souriant. C’est quel sommeil qui ne voulait
pas finir ? En plus, ton réveil était-il désagréable ?
—
Hum…
—
Réponds à la question, ajoute-t-il, amusé.
— Je
ne veux pas.
Il
me pince le ventre et j’éclate de rire. Il se met à me chatouiller, et je me
tors dans tous les sens à force de rire. Le jour nous trouve encore plongés
dans ces jeux. Ensuite, nous nous rendons à la douche. C’est lui qui me soulève
pour m’y emmener.
—
J’ai fait la lessive cette nuit, mais j’ignore si cela a pu sécher. Dans tous
les cas, je compte sortir tout à l’heure pour aller chercher un grand sac de
marché pour que nous mettions tous les achats que nous avons effectués. Tu les
emmèneras chez toi. La maison doit être entièrement vidée.
— Je
comprends, dis-je.
Nous
sortons de la douche, nous nous habillons et quittons la chambre. Il se rend en
cuisine et revient avec une bouteille d’eau qu’il me tend. Je comprends tout de
suite ce que cela signifie : je dois avaler le comprimé. Je retourne dans
la chambre, il me suit et m’assiste pendant que je le bois, puis il sort. Je
soupire. Le fait qu’il pense que je pourrais vouloir le piéger avec une
grossesse me vexe, mais je prends sur moi. Je n’ai ni l’envie ni l’intention de
le faire ; je n’ai que dix-sept ans, j’ai des études à faire, une vie à
construire, pourquoi en ferais‑je un ? Je soupire une nouvelle fois.
Je
vais en cuisine préparer le petit déjeuner. Il revient me trouver avec un grand
sac du marché et de grands sachets. Nous passons à table une fois le repas
prêt, puis je retourne à la cuisine pour vider le frigo. La nourriture qui
était dans les tupperware, je la mets dans de petits sachets que j’attache, les
autres dans les plus grands. Je mets aussi les boissons — bières, mousseux et
eau. Quand tout est vide, je nettoie le frigo qu’il a débranché. Je remets
aussi la cuisine en ordre, il s’occupera de la chambre. Je récupère les
vêtements sur la corde, partiellement humides, je les plie et les mets dans des
sachets différents. Le mien rejoint mes courses, le sien son sac. Je récupère
également ce qui était dans la chambre. Il dépose les pilules et les plugs sur
le lit.
—
Emporte-les avec toi, dit Calvin.
Je
le regarde.
—
Ils pourraient te servir pour le fun ou pour le kiffe. Tu pourras de temps en
temps les mettre pour te faire plaisir toute seule… ou avec un autre mec.
Je
ne lui réponds pas. Je récupère les objets et les mets dans un sachet. Ils
rejoignent le reste de mes affaires.
Il
fouille dans son portefeuille et me tend une enveloppe.
—
Merci, dis-je en la prenant.
Je
range tout, puis je récupère mon téléphone et mon chargeur pour les mettre dans
ma sacoche. Il soulève les sacs pour les ranger dans la voiture pendant que je
ferme toutes les fenêtres.
Il
revient me trouver.
— Tu
as tout fermé ? me demande Calvin.
—
Oui. On va faire comment avec les clés ?
— Je
partirai avec à la maison. Mon père reviendra pour faire l’inventaire avec le
propriétaire demain.
—
D’accord.
Je
m’apprête à sortir, mais il me retient par la main. Il me tire vers lui avant
de me prendre dans ses bras.
— Je
n’ai pas droit à un bisou d’au revoir, sachant que c’est peut-être le dernier ?
Mon
cœur se serre dans ma poitrine, je ne dis rien. Je passe simplement mes bras
autour de son cou, nos lèvres se rencontrent instantanément, nous inclinons nos
têtes sur le côté pour renforcer le baiser. Nos souffles se font courts, nos
respirations sont fortes, nos corps pressés l’un contre l’autre. Je n’arrive
pas à lui dire adieu dans ce baiser ; au fond de mon cœur, j’ai le
sentiment que ce n’est pas la dernière fois qu’il me tiendra dans ses bras,
même si je savoure l’instant présent.
Nous
nous séparons quelques minutes plus tard. Il me caresse le visage, me sourit,
et nous partons. Il boucle la porte et la grille, puis la petite barrière. Il
m’ouvre la portière, va faire de même de son côté et démarre pour me déposer
chez moi. Il est neuf heures.
—
N’oublie pas le sac à l’arrière, dit Calvin.
—
Non, réponds-je en descendant.
Je
ferme la portière et récupère le sac. Je reviens me mettre debout devant la
voiture.
—
S’il te plaît, écris-moi quand même pour me dire que tu es bien arrivé.
Il
esquisse un faible sourire.
— Je
le ferai.
Je
le regarde avec un faible espoir, sachant ce qui s’est passé les fois
précédentes. Il démarre, fait la manœuvre et s’en va.
Je
soupire en soulevant mon sac que je peine à porter jusqu’à la maison. Il est
lourd.
Je
salue quelques voisins au passage. Ils me disent qu’ils ne m’ont pas vue ce
week-end. Je réponds que j’étais chez des parents.
Quand
j’arrive à la maison, je suis surprise de voir ma mère encore là. Nous n’avons
pas parlé depuis vendredi soir, quand je lui ai dit que je passais le week-end
avec Calvin.
— Tu
n’as pas travaillé aujourd’hui ? Bonjour, dis-je.
—
Non… je ne me sentais pas bien, répond-elle en regardant mon sac.
—
Qu’est-ce qui se passe ?
—
Rien de grave, juste la fatigue.
Je
la regarde. Elle vient fouiller dans le sac.
—
Ah… vous avez fait les courses ?
—
Oui.
—
Ah… donc il n’a pas donné l’argent ? dit-elle en levant les sourcils.
Je
sors l’enveloppe et la lui tends. Elle me la prend des mains et l’ouvre.
—
Ah, ok… dit-elle avec un large sourire. J’ai eu peur qu’il ne t’ait rien donné.
Je
reste silencieuse.
Elle
rouvre le sac.
—
Donc ça, c’est le surplus ? C’est bien. Il faut même faire comme ça tous les
jours. Quand tu reçois de l’argent, cherche aussi à te faire acheter des
articles. Les autres font ainsi pour gagner beaucoup plus.
Je
ne dis rien. Je vais simplement à la chambre déposer ma sacoche.
— Le
linge là vient d’où ? Et puis pourquoi c’est mouillé comme ça ? demande-t-elle
depuis le salon.
—
C’est le mien. C’est passé en machine cette nuit.
—
Donc tu n’as pas pensé à moi, hein ? Je n’ai même plus de jolis vêtements.
Calvin t’achète le linge et tu ne peux même pas dire que tu vas en prendre un
peu pour ta mère. Les autres font la part des choses : un peu pour eux, un peu
pour leur famille.
Je
ne réponds pas. L’envie même de donner des explications sur comment j’ai eu ces
vêtements ne me vient pas. Je me change et ressors pour prendre le pot de
pinces à linges. Je la rejoins au salon, elle a sorti tout ce qui était dans le
sac. Je prends les vêtements humides, je vais les étaler à la corde dehors. Par
chance, elles sont toutes libres.
À
mon retour, je prends ce que j’avais repassé la dernière fois, je vais les
ranger dans la chambre. Quand je reviens au salon, maman est déjà attablée
devant l’un des plats préparés qui était dans les sachets, elle a aussi pris la
bouteille de mousseux qui était à l’intérieur. Je la regarde, elle n’a pas dit
qu’elle ne se sentait pas bien ?
—
C’est quoi ces choses ? me demande-t-elle.
— Quelles
choses ?
Elle pointe le petit sac en carton devant elle
avec sa fourchette.
—
Ça.
Je
regarde le sac en question et me rends compte qu’il s’agit de celui les plugs
et les deux boîtes de Norlovo que Calvin m’a donné, je ne sais quoi lui
répondre…
[1]
L’écriture est voulue.