Chapitre 27 : Malchance

Ecrit par L'UNIVERS DE JOLA

Chapitre 27 : Malchance

UN JOUR PLUS TÔT

Flora Louise Minkué

J

e descends du bus à Rio, je paie et je prends la descente qui m’emmène vers chez nous. Certains hommes m’interpellent sur la route, mais je ne m’arrête pas. J’attache mon visage, déjà fatigué par le ménage que j’ai fait toute la journée chez ma patronne. Je n’ai jamais vu des gens aussi sales. Ils ne peuvent pas laver même une assiette, ranger et balayer leur salon les dépasse, et préparer quoi que ce soit, c’est encore pire.

Madame et ses trois filles, toutes des paresseuses. Il faut les voir s’habiller pour sortir le matin. On pourrait dire que ce sont des gens normaux, mais remplace-les dans leurs chambres, et tu verras ce que c’est que la poubelle. Mais c’est aussi ce genre de femmes que les hommes suivent.

 Je réfléchis tous les jours, je ne comprends pas ce que le mari de cette femme avait trouvé chez elle pour l’épouser et avoir quatre enfants avec elle. Je n’arrive pas à trouver. Elle n’est pas belle, une femme mal bâtie et sale, mais la façon dont l’homme-là est derrière elle… tu ne peux pas comprendre.

Quand j’arrive chez eux, je ne peux même pas souffler trente minutes tant tout est sale et désordonné. Et tout ça pour quoi ? Pour les miettes qu’ils me donnent comme salaire. Il faut voir la large bouche de madame s’allonger quand elle demande :

— Flora, tu n’as pas encore fini de préparer ? Monsieur va bientôt rentrer.

À chaque fois qu’elle me dit ça, mon cœur se serre, et l’envie de cracher dans la marmite me traverse souvent. Ce sont leurs caméras qui les sauvent. J’ai travaillé comme une esclave là-bas et je suis épuisée.

Les buveurs de vin de palme qui me sifflent sur la route ne font qu’attiser ma mauvaise humeur. Je ne sais pas quel genre de malchance je traîne, mais je n’attire que des pauvres et des gens sans sens. J’ai essayé toutes sortes de rites, frotté des huiles de chance, des parfums, des feuilles, mais je n’ai jamais obtenu quelque chose de bon ; que des miséreux et des bons à rien. Même le père de Winnie, Sylvestre, mon défunt compagnon, c’est par dépit que je me suis mise avec lui.

Parmi tous les hommes qui me draguaient, il était le seul à avoir une maison où il vivait seul. Il n’avait pas beaucoup d’argent, mais il avait des rêves et, en plus, il était très beau. Je me suis dit qu’il fallait quand même commencer quelque part, et que si sa situation s’améliorait, cela m’arrangerait. Sinon, si je trouvais mieux, je devais partir. C’est pour cette raison que je n’ai pas voulu avoir d’autres enfants après Winnie. Il m’a suppliée d’en faire, mais chaque fois que c’était rentré, j’ai rapidement enlevé.

 Winnie, là, c’est parce que j’ai appris ma grossesse à presque cinq mois et que ma tentative de m’en débarrasser a échoué. Tu vas accoucher des enfants pour les faire vivre dans la misère ? Moi-même, pour manger, c’est dur, et je vais accoucher pour quoi ? J’ai refusé, et on était très souvent en conflit, mais ce n’était pas mon problème. Tu ne peux pas être pauvre et venir m’exiger des choses, jamais de la vie. Il a tourné jusqu’à se fatiguer et a fini par se contenter de sa fille, jusqu’à ce que la mort le trouve.

Est-ce que ça m’a fait quelque chose qu’il meure ? Je ne vais pas mentir en disant que non. J’ai quand même vécu dix-neuf ans avec cet homme, mais je n’ai pas été éprouvée plus que ça, parce que je ne l’aimais pas. Il n’a jamais été question d’amour depuis le début, et avec les années, même sa beauté a fini par m’énerver puisqu’elle n’a rien produit de plus que ça. Si j’avais trouvé mieux, ne fût-ce que maîtresse de quelqu’un qui pouvait m’entretenir, il y a longtemps que je l’aurais abandonné avec son enfant et je serais partie. Mais comme j’ai dit, je ne sais pas la malchance que j’ai, et je n’attire que des miséreux.

Je serre le visage et marche vite jusqu’à la piste qui mène à la maison. Je la longe pendant quelques minutes, répondant malgré moi aux salutations des gens du quartier. Je rentre à la maison et je trouve Winnie en train de faire je ne sais quoi dans mes marmites au salon, la farine étalée sur sa robe.

— Ah… il se passe quoi ici ? demandé-je.

— Bonjour maman et bonne arrivée, répond Winnie.

— Merci, mais tu ne réponds pas à ma question.

— J’ai décidé de faire le commerce, dit-elle en souriant. Je vais vendre les croquettes, les glaces et les crêpes jusqu’à ce que je parte à Franceville.

Je me mets à taper dans mes mains avant de les poser sur mes hanches, dépassée par le niveau de folie de cette enfant.

— Je dis hein, Winnie, tu es normale ?

Elle me regarde, silencieuse.

— Non, il faut me répondre, tu es normale ? Tu es sûre que tout va bien dans ta tête ?

— J’ai fait quelque chose de mal ? demande-t-elle perdue.

— Tu me poses la question, Ella ?

— J’ai fait quoi ?

— Donc quand tu vois ce que tu fais ou tu entends ce que tu dis là, ça sonne bien dans ta tête ?

— …

— Tu vas laisser quelqu’un qui te donnait des enveloppes de trente mille, quarante mille, cent mille après seulement avoir passé un week-end avec toi pour venir me vendre les croquettes de 100-100f ? Ella, tu es normale ?

— …

— C’est quoi, Ella, c’est le vampire ? C’est la sorcellerie ? C’est quoi ?

— …

— Ça c’est quelle façon d’avoir un manque d’ambition ? C’est quelle façon d’aimer la pauvreté ? La médiocrité ? C’est quoi, Winnie ? On t’a envoyée pour me persécuter ?

— …

— C’est dans 100-100f là que je vais manger ? Tu n’as pas vu comment j’ai vécu ces derniers jours ? Tu n’as pas vu comment j’étais un peu heureuse ? C’est qui que tu veux ramener en arrière ? Au lieu de sortir à la route là-bas et aller dans les endroits où les vraies gens peuvent te voir, non, c’est rester enfermée dans ce trou à faire je ne sais quoi que tu as trouvé mieux de faire. Vraiment tu me déçois, Winnie, tu es vraiment la fille de ton père. Je te préviens, ce n’est pas dans ma maison que tu vas faire ces conneries.

— …

Je me dirige vers ma chambre.

— Ça c’est quel genre de malchance qui veut me coller ? Je ne sais même pas. On se dit qu’on fait les enfants pour avoir un peu de répit mais non, ce sont les maux de tête inutiles, murmuré-je.

Je rentre dans ma chambre et claque la porte tellement je suis énervée. Comme si ça ne suffisait pas toutes ces personnes qui m’ont énervées dehors, il faut qu’elle en rajoute une couche. Je dépose mon sac avec colère sur le lit et je retire ma robe que je change pour une de maison. Je ressors avec l’intention d’aller manger en pensant que peut-être cela atténuera un tant soit peu ma colère, mais je trouve la bonne dame en train de poursuivre ses conneries comme si ce n’était pas avec elle que je venais de parler. Je vois rouge.

— Je dis, hein, tu n’as pas compris ce que j’ai dit ? demandé-je en m’arrêtant, le visage fermé.

Winnie garde le silence.

— Tu veux m’énerver, Winnie ? Je ne t’ai pas dit que je ne veux pas voir ces bêtises dans ma maison ?

— Je voulais seulement terminer, murmure-t-elle d’une petite voix.

— Terminer quoi ? Terminer quoi ? crié-je en élevant la voix.

Je marche à grands pas vers elle, j’arrache la marmite dans laquelle elle a fait ses conneries et je vais la balancer dehors dans les eaux sales. Je reviens prendre celle où il y a le reste ; elle subit le même sort.

— Tu n’as qu’à aller terminer tes conneries hors de ma maison. Et je te préviens, les deux marmites qui se sont gaspillées là, tu vas me les racheter. N’importe quoi, dis-je, énervée.

Je retourne dans la maison et la bouscule pour me rendre à la cuisine, furieuse.

— Les enfants des autres sont ambitieuses et voient loin. Mais pour moi, rien. Mentalité de rat et de cafard comme son père. Dieu même essaie de te mettre sur le droit chemin en te montrant la route que tu dois suivre pour réussir, non, tu refuses pour aller dans les conneries. Il y a vraiment des gens qui sont nés pour vivre pauvres, je jure devant Dieu, et c’est ta qualité là. Le genre qui n’a pas pitié de ses parents et voit tous les sacrifices qu’ils font pour toi. Il faut me nettoyer ma table, je vais venir manger.

Elle va à la cuisine pendant que je m’assois pour attendre qu’elle termine. Je rumine cette histoire. Je ne comprends pas cette enfant-là, je jure devant Dieu. Carrément, j’ai décidé de faire le commerce et elle ose me le dire avec le sourire ! Si ça ce n’est pas de la malchance, c’est quoi, Seigneur ? Comment doit-on appeler ça ? Quel commerce va lui rapporter autant d’argent que ce que Calvin lui donnait ? Quel commerce ? Oh, je n’ai jamais vu le maboulisme comme celui de cette enfant-là. Quelqu’un qui a tout mais veut gaspiller ses chances.

Elle ne peut pas savoir combien de fois j’ai cherché à attirer le genre d’homme qu’elle attire, en vain. Eh oui, je sais que Winnie a cette chose-là que je veux, et ce n’est pas une affaire d’aujourd’hui. Depuis qu’elle a douze ans, elle attire les regards, mais pas pour n’importe qui : les regards des hommes qui ont l’argent. Sylvestre avait dû se séparer à deux reprises des chefs des chantiers dans lesquels ils travaillaient à cause d’elle. Il l’avait emmenée là-bas la première fois dans le cadre d’un exposé qu’elle devait faire sur le métier d’un de ses parents. Sur place, le patron l’avait vue et, après avoir échangé avec elle, il avait commencé à accorder des faveurs à Sylvestre et à demander après Winnie à qui il envoyait des cadeaux. Quand son père a compris les intentions derrière tout ça, il avait menacé le monsieur et démissionné.

Deux ans après, une chose similaire s’était produite. Quand je lui avais demandé pourquoi il se fâchait si son enfant avait la grâce d’attirer les bonnes personnes, il m’avait répondu les mêmes bêtises que sa fille : il préférait même que sa fille vende au marché ou balaie les rues plutôt que d’accepter qu’elle se prostitue pour de l’argent. Tu vois le raisonnement de pauvre ? C’est comme ça qu’il avait rempli la tête de sa fille : non, il ne faut pas suivre les hommes, fais l’école et tu vas réussir.

Ils sont combien, ceux qui réussissent avec cette histoire d’école ? Combien ont des diplômes sans travail ? Et encore plus si on est sans nom comme nous autres : combien ?

Il était là pour surveiller sa fille, qui même pour sucer une glace qu’il n’avait pas achetée devait justifier et montrer. C’est la raison pour laquelle Winnie ne cache jamais rien et ne fait jamais rien rentrer dans cette maison sans m’en parler : elle tient ce comportement de son père. Quand il estimait que le présent qu’elle avait reçu de quelqu’un n’était pas raisonnable, il l’accompagnait pour aller le rendre et parlait avec la personne pour lui dire qu’il ne voulait pas. N’est-ce pas sa fille qui avait voulu refuser l’argent de Calvin pour le décès de son père ?

Voilà, aussitôt qu’il est mort, Dieu a manifesté le vrai chemin de cette petite avec Calvin. Dès l’instant où je l’ai vu avec elle, j’ai été contente, et encore plus quand elle a commencé à me parler de cette proximité. Je ne l’étais pas tellement à cause du fait qu’il lui donnait de l’argent, même si c’était un grand plus, mais plutôt à cause du fait qu’il était suffisamment beau et sûr de lui pour la faire flancher. J’avais besoin que Winnie connaisse les hommes, et Calvin était le candidat idéal pour ça : jeune, beau, issu d’une famille aisée. Il devait non seulement lui montrer les trucs sur le sexe, mais aussi l’habituer au matériel.

Et comme Dieu ne dort pas, il lui donnait de l’argent à chaque fois pour qu’elle comprenne assez vite qu’un homme qui monte sur toi doit te payer. Tout était aligné pour que Winnie apprenne et comprenne vite tout ce qu’il fallait. Comme il était jeune et qu’elle était amoureuse, c’était facile. J’attendais simplement qu’il s’en aille et qu’elle ait sa première peine de cœur pour lui parler, mais tout a été accéléré par lui-même, quand elle a découvert sa tromperie. J’étais contente. Au moins, elle devait comprendre que l’amour, c’était pour les films, et j’espérais aussi que Calvin l’avait suffisamment habituée au matériel pour retourner dans la bassesse. Mais la voilà aujourd’hui qui me parle de commerce ! Ce n’est pas le vampire, ça ?

Je piaffe et me lève pour aller à la cuisine. Je me sers et viens m’asseoir sur la table. Quand je regarde ce que j’ai dans l’assiette, comparé à ce que j’ai mangé toute cette semaine, cela m’énerve encore plus. Et la bonne dame ose me parler de commerce ! Je piaffe à nouveau. Il me faut au moins un jus pour essayer de calmer mon cœur et accepter de manger ce truc de pauvre.

— Winnie ? l’appelé-je.

— Maman ? répond-elle depuis chez la voisine.

— Viens ici.

— J’arrive.

Il lui faut quelques minutes pour venir. Je la regarde, le visage dur.

— Tu faisais quoi chez Annie ?

— Je suis allée lui donner les choses du commerce.

Je la regarde de travers.

— Je veux le jus.

Elle rentre dans la cuisine et revient avec une bouteille vide. Elle s’arrête devant moi.

— Tu attends quoi ?

— L’argent.

— L’argent de quoi ?

— Du jus, non. Tu ne m’as pas donné.

Je tape dans mes mains en riant.

— Eh ha… L’enfant là veut seulement beaucoup me faire parler, je jure mon père. Quand tu gaspilles l’argent pour acheter les conneries, tu ne demandes pas. Mais c’est pour le jus que, moi ta mère, je dois boire que tu viens ici pour me demander ?

— …

— Il faut venir couper mes poils, tu vas prendre pour aller acheter le jus là. Tchrrr.

Elle sort de la maison pour revenir avec la bouteille de jus qu’elle me donne, je la lui arrache presque tellement elle m’a énervée. Elle part dans sa chambre, je reste à parler toute seule au salon. Je mange sans aucun appétit et avec le gros cœur. Quand je finis, je viens m’asseoir devant la télé. Le programme télévisé même m’énerve, la qualité des images et même la télévision elle-même m’énerve, tout m’énerve. Ça c’est une télévision ça ? Sans câble, sans chaîne, rien du tout et on me parle ici de faire le commerce.

— Cococo ? résonnent des voix d’enfants dehors.

— C’est qui ? demandé-je froidement.

— C’est nous oh, tantine Flora.

Ils entrent avec des sacs de bouteilles en plastique.

— Winnie nous a envoyés chercher les bouteilles pour faire le bissap, explique Soraya.

Je vois rouge et je me lève d’un bond.

— Dégagez de là, imbéciles. C’est dans la maison de qui que vous emmenez ces saletés?

— C’est Winnie qui…

— Foutez-moi le camp ! dis-je en les poussant. Winnie a dit quoi ? Vous voulez que je vous bastonne ce soir ? Retournez là-bas avec vos conneries. Espèces de petits sorciers.

Je les mets tous dehors et les menace sérieusement pour qu’ils ne reviennent plus ici. Je ferme la porte en la claquant, puis je vais arrêter la télévision pour aller ruminer dans ma chambre. Il me faut plusieurs heures pour me calmer. Ce n’est qu’à vingt heures que je reviens au salon pour mettre une de mes séries qui passe sur la Une.

Winnie sort de sa chambre une heure plus tard. Elle mange, lave les assiettes et retourne dans sa chambre. Quelques minutes après, elle ressort avec sa serviette et son pot de douche pour aller se laver. Quand elle retourne dans sa chambre, je ne l’entends plus.

Je veille jusqu’à une heure du matin, puis je décide d’aller me coucher à cause du faux travail où je dois partir demain. J’ai la rage. Je ferme tout et me rends dans la chambre. Je tourne sur le lit, incapable de trouver le sommeil, tellement mon cœur est troublé. Je ne mérite pas cette vie. Je devais vivre dans une grande maison, avec des employés qui me serviraient jour et nuit. Je devais avoir un homme qui me donnerait de l’argent sans compter.

Je pense à ma patronne et j’en veux à Dieu pour la combine qu’il fait. Si vraiment il existe, alors il est vraiment méchant. Une vilaine femme comme ça, mais regarde le mari qu’il lui a donné ! Comment cet homme dépense pour cette femme… non, j’ai mal au cœur.

Je pense que même ma fille, de rien du tout, a trouvé un garçon qui lui donne le vrai argent, mais moi, rien. Le jour où j’ai attrapé plus de cent mille de la part d’un homme, c’était pour la layette et l’accouchement de Winnie. Son père avait cotisé, fait la tontine jusqu’à réunir trois cent cinquante mille qu’il m’avait remis en main propre pour ça. Mais à part ça, rien du tout.

Je dis que dans ma vie, je n’ai rencontré que des miséreux. Si on t’a trop donné, c’est vingt mille. J’étais même obligée de raconter une fausse histoire à Winnie pour la persuader de retourner chez Calvin, parce que cette maboule voulait tout gâcher. Voilà l’enfant-là qui est même parti aujourd’hui, et la bonne dame parle de faire le commerce.

— Ah Seigneur, tu es méchant. Je jure, tu es vraiment méchant, dis-je en parlant toute seule. C’est quel cœur que tu as donné à cette enfant ? C’est quel cœur ?

Je me retourne sur le lit. J’écoute le téléphone de Winnie sonner dans sa chambre à plusieurs reprises, puis plus rien. Ça, c’est qui qui peut appeler à pareille heure ?

Quelques minutes après, j’entends quelqu’un cogner à la porte. Je descends avec l’intention d’aller remettre le voisin que je trouverai là à sa place. J’ouvre la porte et je tombe sur Winnie qui sort elle aussi de sa chambre, le téléphone à l’oreille.

— Qu’est-ce qui se passe ?

— Calvin dit qu’il est à la porte.

J’écarquille les yeux de surprise et je la pousse presque.

— Et qu’est-ce que tu attends pour partir lui ouvrir ?

Elle me regarde et s’en va. Je reste là à lorgner pour voir si c’est vraiment lui. Elle met la lumière et ouvre la porte, effectivement Calvin est là. Merci Seigneur…


 

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