CHAPITRE 42: NE PAS ASSUMER SA POSITION.
Ecrit par L'UNIVERS DE JOLA
CHAPITRE 42 : NE PAS
ASSUMER SA POSITION
**LUCRÈCE MEFOUMANE**
Je rentre des courses pour le petit
déjeuner avec Olivia et nous sommes vraiment chargées et pour cause ? Nous
sommes nombreux ici. Il y a les parents maternels et paternels de Marwane,
Olivia et les siens, mon père, mes enfants et moi. Encore heureux que Papa
Lilian et tous les siens soient partis chez Mommy après le mariage coutumier.
Nous sommes près d'une vingtaine alors il faut préparer beaucoup à tous les
repas. Heureusement, plusieurs d'entre eux partiront cet après-midi pour
essayer de s'encombrer parce que ce n'est pas facile. Nous allons en cuisine et
heureusement, quelques femmes se joignent à nous pour que ça aille plus vite.
Une demie heure plus tard, nous nous attablons et après avoir prié, nous
commençons à manger.
Evangelina : Vous avez des
nouvelles des mariés ?
Moi : Oui. Ils sont en route pour
l'aéroport avec Loyd.
Evangelina : D'accord.
Maman : Loyd et les 2 autres
viendront nous rejoindre aujourd’hui ?
Moi : Peut-être uniquement pour
nous saluer. Enfin pour Jérôme et Bhernie, eux aussi ils rentrent cet
après-midi.
Maman : Je vois.
Le mari d'Olivia : (Amusé) Ils ont
menotté Marwane hier.
On éclate de rire au souvenir de
cette vidéo que Loyd a fait projeter pendant la soirée. Nous n'avons pas pensé
en mal parce que dans la vidéo, on voit leur concertation avant de le menotter,
on les voit aussi dans un coin avant qu'Ethan ne réveille Marwane et donc nous
savions que c'était une farce contrairement à lui.
Olivia : (Riant) Et il appelle son
grand frère de toujours pour venir le sauver ne sachant pas qu'il était de
mèche avec Ethan.
Nous rions et le repas se poursuit
dans cette belle ambiance jusqu'à la fin. Nous débarrassons et faisons la
vaisselle puis on vient se poser. Autour de 11h, Loyd se pointe avec Jérôme et
Bhernie.
Eux : Bonjour.
Nous : Bonjour.
Les enfants courent vers lui et il
les réceptionne. Ils viennent s'asseoir et c'est papi Clotaire qui les
questionne sur comment c'était car depuis le vendredi concrètement, ils étaient
dans leur coin. Nous aussi, nous étions avec Blessing, Olivia et moi, mais nous
sommes rentrées
avec les autres après la fête. Ce
sont eux qui sont restés avec les mariés. L'atmosphère est assez légère même si
c'est toujours bizarre d'avoir papa Arsène, maman, Bhernie et Loyd dans la même
pièce. Aussi fou que cela paraisse, en dehors des salutations, ils n'ont jamais
rien échangé ensemble. À chaque fois que l'un des 2 arrive quelque part, après
les salutations, généralement papa se lève et s'en va, surtout lorsque nous
sommes en comité restreint et très souvent maman le suit les minutes après.
On passe le temps ensemble puis
autour de 14h, ceux qui partent nous disent au revoir. C'est tous les autres,
sauf les parents et tonton Alvine, eux ils vont rentrer demain soir. Loyd sert
de chauffeur aux voyageurs et nous restons entre nous.
Papa : (À papa Benoît) Avec Alvine,
nous avons décidé de faire un tour, tu viens ?
Papa Benoît : (Me regardant) Tu
auras besoin de moi ?
Moi : (Souriante) Non. Vas-y.
Brain : (À papa Arsène) Papi moi
aussi viens.*
Leslie : Moi aussi Archy.
Ils sourient et les embarquent avec
eux dans leur balade, je reste avec maman. Depuis l'assise que nous avions eue
au fromager avec elle, les choses n'ont vraiment pas changé, du moins pas pour
les enfants et moi. J'avais bien compris ce qu'elle avait expliqué mais je
n'arrive pas à les voir autrement que comme mes parents. Pour les enfants, pas
les miens mais de la famille en général, ils ont commencé à m'appeler tantine
Lucrèce. C'est tellement étrange que ça me fait bizarre. Les enfants de maman
ont essayé mais pour eux aussi c'est difficile, c'est toujours ‘’ya Lucrèce''.
J'en parlais dernièrement avec les jumeaux par vidéo et ils m'ont clairement
dit que pour eux c'est mort, même s'ils comprennent tout ce que maman a
expliqué et qu'ils comprennent parfaitement la situation, je suis et resterai
toujours leur grande sœur. Il y a tonton Loyd qui reste leur oncle et puis il y
a moi, leur sœur. Quand il faudra expliquer aux étrangers qui poseront des
questions ils le feront mais pour eux, les choses ne changent pas.
Maman : Tu me disais que tu allais
rester ici une semaine supplémentaire ?
Moi : Oui. J'avais promis à papa de
lui faire rester ici un petit temps avant de rentrer.
Maman : Ah d'accord. C'est une
bonne chose, il va un peu se reposer de ses parents là. Ils continuent de
l'embêter ?
Moi : (Soupirant) Ils n'arrêtent
pas. Que ce soit eux ou ses enfants, c'est la même chose. Ils veulent les
voitures et les terrains.
Maman : Vous voyez le vampire ?
Moi : (Soupirant) Je lui ai dit de
dire qu'il a vendu et c'est Gilles qui m'avait appelée pour me menacer. En me
demandant de donner les papiers de son père et tout, que ce n'est pas pour moi.
J'avais seulement bloqué son numéro après avoir raccroché. Papa m'a dit que
tous les jours ils font du bruit là-bas pour ça. Même quand on venait là, ils
lui ont encore demandé. C'est pourquoi j'ai parlé avec Loyd et nous avons
décidé d’enlever papa là-bas.
Maman : (Fronçant les sourcils)
Comment ça ?
Moi : Quand on va rentrer au Gabon,
on ne va pas s'arrêter à Libreville, on va passer à Lambaréné pour les
vacances. Et nous allons essayer de l'occuper là-bas afin qu'il ne ressente pas
le besoin de remonter.
Maman : Il est d'accord avec ça ?
Moi : Je ne lui ai rien dit. Si je
le fais, il va forcément refuser. Du coup on pense faire ça en douceur pour
simplement le mettre sur le fait accompli.
Maman : C'est risqué mais bon, avec
tes frères, essaye. On va voir ce que ça va donner. Mais il faudra vraiment
être patient parce que Benoît a passé toute sa vie à Atsimi Tsoss. Ce sera
vraiment difficile de l'y enlever. De plus, il n'est pas habitué à toi comparé
à tes frères. C'est maintenant qu'il commence à te connaître alors ce ne sera
pas facile pour lui de faire cette transition. Il serait peut-être mieux de
l'emmener pour un début seulement pour les vacances et tu le lui dis. À la fin,
vous le faites remonter à Libreville et vous attendez quelques semaines avant
de lui proposer de revenir passer quelques jours avec vous et vous répétez la
chose jusqu'à ce qu'il soit vraiment à l'aise là-bas. Sinon je doute que vous
réussissez.
Moi : D'accord. On va faire comme
ça. Merci.
Elle n'a rien dit.
Moi : Tu préfères rester ici ou on
va aussi visiter et faire quelques courses.
Maman : Je veux bien visiter.
Moi : Tu vas te changer ou on y va
?
Maman : Attends je prends un
par-dessus et des lunettes.
Moi : Prends aussi un chapeau.
Maman : Je n'ai pas emmené.
Moi : Attends, j'ai un 2e.
Je lui ai pris un grand chapeau et
nous sommes sorties toutes les deux. On a fait du tourisme, des courses puis on
s'est posées dans un institut de beauté où on a fait nos cheveux et un soin du
visage. C'était beaucoup plus elle que moi, vu que j'avais encore la perruque
que j'ai mise au mariage de Blessing. J'ai juste fait un léger soin du visage.
Loyd m'a appelé pendant que nous y étions.
« Moi : Allô »
« Loyd : Je suis revenu à la
maison et il n'y a personne. »
« Moi : Oui, je sais. Les
hommes là sont sortis faire un tour avec les enfants et moi je suis avec
maman. »
« Loyd : Je vois. Je pensais
que l'on devait se voir cet après-midi pour que nous puissions discuter tous
les deux. »
« Moi : Je sais mais ce ne
sera pas possible aujourd'hui. Je suis occupée. On va remettre ça à demain si
tout va bien. »
« Loyd : (Silence) »
« Moi : Allô ? »
« Loyd : Je voulais te voir
Reb. »
« Moi : Je sais mais comme je
te l'ai dit, ce n'est pas possible aujourd'hui. Demain. »
« Loyd : Ok. »
Clic ! Il a raccroché sans plus
rien ajouter et j'ai rangé mon téléphone dans mon sac comme s'il n'y avait
aucun problème. Je sais qu'il est contrarié mais bon, ce n'est pas bien grave.
Demain est un jour et nous parlerons tous les deux. Après ça, nous sommes
toutes les deux aller nous poser dans un restaurant.
Maman : (Après avoir commandé) Tu
as un problème avec Loyd ?
Moi : (Ne m'y attendant pas) Hein?
Elle me regarde.
Moi : (Baissant les yeux en
grattant l'arrière de mon cou) Non.
Maman : Pourquoi j'ai l'impression
du contraire ?
Moi : (Silence)
Maman : Ça fait près de 5 jours que
nous sommes là et c'est à peine si on vous a vus ensemble tous les deux si ce
n'est pendant les cérémonies et là même c'était limite.
Moi : (Silence)
Maman : Pourquoi a-t-on
l'impression que vous faites toujours comme si vous ne vouliez pas que l'on
vous voit ensemble ?
Moi : Je, j'en sais rien.
Elle me regarde. Je me sens
tellement gênée de parler de Loyd avec elle, j’ai toujours le sentiment que
c’est un sujet sensible et tabou.
Moi : Je n'arrive pas à être avec
lui en public.
C'est la vérité. Je ne sais pas ce
qui m'arrive mais je n'y arrive pas. Pourtant le jour de notre mariage, c'était
tranquille tout était normal et après la fête, nous étions tous les deux
rentrés chez lui et nous y avons dormi sans rien faire car nous étions vraiment
fatigués à cause du stress de la cérémonie, on a pris notre douche et avons
dormi. Le matin qui a suivi, nous sommes allés à l'église et l'après-midi, nous
sommes retournés pour le déjeuner avec Mommy et les autres. La nuit en
question, nous n'avons quasiment pas dormi car nous sommes restés à raconter
avec les voyageurs et le lendemain nous les avons conduits à l'aéroport. Au
retour, je lui avais demandé de me laisser à la maison parce que je devais
récupérer les tenues des enfants pour aller les déposer chez maman vu qu'ils
devaient rester la semaine avec eux. De là je lui ai dit que je devais aller
récupérer tantine Lucia chez Bhernie pour la laisser au 11 et ensuite aller au
Fromager. Comme après je devais préparer ma reprise de boulot, on n'allait pas
pouvoir se voir tous les deux, il avait acquiescé. Le mardi et ce jusqu'au
vendredi, j'ai enchaîné le boulot et j'ai fini tard. Il m'a demandé s'il
pouvait venir à la maison et je lui ai dit non, qu'on se verrait une bonne fois
le week-end. Le vendredi, maman nous a convoqués pour le samedi et il y a eu
cette réunion avec la famille. Je ne vais pas cacher que je me suis sentie mal
en écoutant les propos de maman. Je ne sais pas pourquoi l'entendre le
verbaliser de la sorte m'a mise mal à l’aise. L'entendre dire que je ne devais
plus être considérée comme son enfant dans la famille m'a fait comme un choc
qui m'a fait réaliser ma situation. Je me suis sentie mal, triste et je suis
même allée jusqu'à en avoir honte sans que je ne sache pourquoi. Cela a
accentué le sentiment que j'avais depuis le lendemain de notre mariage. En
partant du Fromager ce jour, je me suis davantage mise à le fuir et le
repousser en privé tout en maintenant notre façon de vivre de l'époque, du
temps où on devait se cacher de la famille. Tantine Lucia ayant accouché la
semaine qui a suivi, je suis allée rester au 11 et après nous sommes venus ici.
On parle au téléphone tout le temps comme si tout allait bien mais quand il dit
qu'il veut me voir, j'invente toute forme d'excuses pour ne pas que cela se
fasse. C'est ainsi que je lui ai dit que je voulais d'abord faire toutes les
cérémonies avant d'emménager définitivement avec lui, bien que nous parlons de
descendre à Lambaréné pour les vacances, j'ai un mois, et que nous avons parlé
de faire le civil en septembre, je ne sais toujours pas ce qui m'arrive.
Maman : Pourquoi tu n'y arrives pas
?
Moi : (Haussant les épaules) Je ne
sais pas.
Elle me regarde un moment et je
baisse les yeux.
Maman : La dernière fois que vous
avez été intimes c'était quand ?
Moi : (Regardant toujours mes mains
que je triture, silence)
Maman : Lucrèce ?
Moi : Hum.
Maman : Je t'ai posé une question.
Moi : (Silence)
Maman : Même si j'ai longtemps été
dans le déni, j'ai pris le temps de m'habituer à cette vérité. J'ai bien
compris que tu as couché avec Loyd long, en large et en travers. Il l'a dit
dans l'émission et les vidéos que Marwane nous avait envoyé de vous quand tu
recevais ton diplôme en Chine ou quand vous vous mariez ici même nous l'ont
bien montré, alors ça ne sert à rien de faire l'autruche. D'ailleurs vos
enfants sont là pour nous le rappeler et tu es désormais sa femme, ce fait ne
peut donc plus étonner qui que ce soit.
Moi : (Silence)
Maman : (Après un court instant) On
va laisser tomber ce sujet et parler de
Moi : C'était l'année dernière.
Maman : (Silence)
Moi : Quand nous étions allés la
première fois à Lambaréné avec les enfants. (Hésitante) Le, la veille du jour
où j'étais remontée sur Libreville.
Maman : Je vois. Ça va bientôt
faire un an maintenant. Si avant c'était légitime que vous puissiez être sans
avoir des rapports, aujourd'hui ce n'est pas normal que tu le prives de sexe
Lucrèce. Autant un homme peut facilement se maîtriser quand il sait qu'il est
dans une situation inconfortable indépendante de sa volonté autant cela peut
facilement lui faire péter un câble quand il est dans son droit.
Moi : (Silence)
Maman : Vous faisiez vos choses
dans le secret pour ne pas être vus et vous avez trouvé toute sorte de
stratagèmes pour le faire. Aujourd'hui on vous a donné la latitude et la
légitimité de le faire alors arrête d'agir comme tu le fais sinon tu vous feras
du mal inutilement. Quand bien même tu as décidé d'attendre votre mariage civil
pour aller vivre avec lui mais tu n'as pas besoin de le repousser ou le priver
de votre intimité, c'est ton mari.
Moi : J'ai compris. Merci maman.
Maman : Je t'en prie.
Nos commandes sont arrivées et nous
avons mangé avant de rentrer à la maison où nous avons trouvé que tous les
hommes-là étaient de retour. Après avoir reçu des compliments, nous nous sommes
changés et sommes partis chez Mommy où elle nous avait invités. Les Ndzamba
sont rentrés aujourd'hui, il n'y avait plus qu'elle et ses filles avec leurs
familles. On a raconté et Loyd nous a appris qu'il a discuté avec Marwane et
qu'ils sont bien arrivés à Luanda. On a ri de leurs histoires un moment puis on
a changé de sujets en parlant de tout et n'importe quoi. Au bout d'un moment,
Mommy s'est isolée avec maman et papa et à l'issue de cette conversation, nous
sommes rentrés à la maison sauf Loyd qui a décidé de rester chez Mommy. On n'a
d'ailleurs pas pu prier ensemble cette nuit. Le lendemain, il est arrivé autour
de 8h et a demandé après papa Arsène.
Moi : Euh, il est toujours dans sa
chambre.
Papa : (Sortant) Je suis là.
Bonjour.
Moi : Bonjour papa.
Loyd : Bonjour.
Papa s'est rapproché et m'a fait un
câlin puis un bisou au front.
Papa : (À Loyd) On peut y aller.
Moi : (Confuse) Vous sortez tous
les deux ?
Papa : Oui. À plus tard.
Loyd m'a regardée et il est parti
sans rien ajouter. Maman est venue me trouver dans cet état de confusion.
Maman : Bonjour Lucrèce.
Moi : Bonjour maman. Si tu cherches
papa, il est sorti avec Loyd.
Maman : Je sais. C'est devant moi
qu'il l'a appelé hier soir.
Moi : Ah d'accord.
Maman : Alvine et Benoît dorment
encore avec les enfants ?
Moi : Oui.
Maman : Ok, on va apprêter le petit
déjeuner. Le temps là file tellement que si on ne fait pas attention, nous
allons voyager le ventre vide.
Moi : Ok.
Maman : Ce que vous avez acheté
hier est resté non ?
Moi : Oui. Il y a suffisamment à
manger.
Nous nous sommes rendues à la
cuisine et avons apprêté le petit déjeuner. J'étais là mais je n'arrêtais pas
de me demander ce qui pouvait bien se passer entre Loyd et papa où ils étaient
partis…