CHAPITRE 45: ÔTE MES DOUTES
Ecrit par L'UNIVERS DE JOLA
**LUCIA MANGA MFOULA**
Mon téléphone vibre à côté et quand
je regarde, je vois que c'est Ciel.
-Mon Ciel : Je suis devant le
portail.
-Moi : Mais klaxonne, tonton Demba
va t'ouvrir.
-Mon Ciel : Tes parents sont là
Lumière et tu connais ma position.
-Moi : (Emoji qui met la main sur
le visage) Jusqu'à quand ?
-Mon Ciel : Stp !
Je soupire avant de me lever et
enfiler mes babouches. Je sors de la maison et vais le rejoindre hors du
portail. Il ouvre la portière de son côté.
Moi : (Croisant mes mains sur ma
poitrine) Jusqu'à quand Ciel ? Je ne serai pas toujours là pour venir te
chercher dehors pour te faire rentrer dans la maison.
Bhernie : (Silence)
Moi : (Soupirant) On y va.
Bhernie : J'ai des bagages dans la
voiture.
Moi : Raison pour laquelle je t'ai
demandé de rentrer avec ton véhicule, qui va faire cet exercice ?
Bhernie : Tu peux prendre les
couches et je vais me débrouiller avec le reste.
Je le regarde de travers et ouvre
la portière arrière, je récupère les 4 paquets de couches qu'il a apportées
pour le petit et il essaie tant bien que mal de prendre le reste. Ce sont
essentiellement les affaires pour le bébé. Il n'en a pas besoin car avant que
Bhernie ne parte pour le Ghana, il avait payé des choses en grande quantité. Il
n'a fait qu'une semaine là-bas et le voilà qui revient avec d'autres choses
encore. Mais si j'essaie de le raisonner, il me dira qu'il ne veut pas que son
enfant manque de quoi que ce soit alors je le regarde.
Je suis là avec des affaires qui
vont peut-être aller jusqu'à 3 mois. La seule chose qui est bien c'est qu'il
n'a pas seulement acheté des affaires pour nouveau-né, il a varié dans tous ses
achats. Il n'a pas pris le lait car nous avons décidé de le nourrir
exclusivement au lait maternel, par contre il a encore apporté les petits
biberons de conservation de lait. Nous avons fait un premier tour et avons
laissé les affaires au salon, puis un 2e tour avant de chercher à nous asseoir.
Moi : Ils sont dans leur chambre.
Bhernie : (S'épongeant le visage)
Je ne veux pas les déranger.
Moi : Ok. Je te sers quoi à boire ?
Bhernie : De l'eau stp.
Je m'en vais lui chercher ça et je
reviens lui donner.
Bhernie : (Prenant) Merci.
Lorsqu'il finit, je vais rendre le plateau
à la cuisine avant de revenir au salon. Comme je vois qu'il regarde avec
insistance le berceau de son enfant, je vais donc vers ce dernier et le roule
jusqu'à lui pour qu'il puisse le voir. Je le laisse devant lui et je m'assois
sur le fauteuil le plus proche de la chaise sur laquelle il est assis. Je
l'observe regarder son enfant avec les yeux brillants et un sourire sincère sur
les lèvres, je souris malgré la situation.
Ça fait un mois et demi que j'ai
accouché et après avoir passé une semaine à l'hôpital avec l'enfant pour faire
tous les examens et attendre leurs résultats, je suis rentrée au 11. Viclaire
nous avait dit que l'enfant allait bien et que tous ses résultats ne
présentaient rien d'inquiétant heureusement. Il nous avait juste dit de
repasser 3 semaines après ma sortie de l'hôpital pour vérifier si le petit
évoluait bien et nous l'avons fait. J'étais avec Bhernie pour les résultats et
le contrôle, et je dois dire que c'était gênant.
Au sortir de là, il nous avait dit
que c'était la dernière fois qu'il voyait notre enfant et que dorénavant, un de
ses collègues prendrait le relais. Nous avons compris sa position et avons
acquiescé. Quoique j'aurais souhaité qu'il soit le pédiatre de l'enfant
jusqu'au bout, parce que je ne connais pas plus excellent que lui dans ce
domaine, mais je comprends tout à fait qu'il ne le veuille pas et s'il ne
l'avait pas fait de lui-même, c'est moi qui aurais changé de médecin pour
éviter de lui faire plus de mal en lui imposant notre présence ma famille et
moi. Qu'à cela ne tienne, le petit va bien et nous sommes rentrés à la maison.
Le souci s'est posé à ce niveau,
car bien que mes parents ne l'aient pas empêché de venir voir l'enfant, il a du
mal à le faire et à chaque fois, il faut que j'aille le chercher dehors pour le
faire rentrer dans la maison. Il m'a dit qu'il se sent indigne de sonner au
portail et donc rentrer avec sa voiture à l'intérieur, il ne le fait pas.
La première fois, il a eu même du
mal à rentrer au salon, il voulait s'asseoir à la terrasse. C'était parce que
je lui avais dit que l'enfant ne sortait pas de la maison sauf pour aller à
l'hôpital ou à l'église qu'il était rentré et s'était assis sur une chaise en
plastique dans un coin du salon. Quand il est là, il fait tout pour ne pas se
faire remarquer et reste dans ce coin jusqu'à ce qu'il s'en aille. C'est
tellement triste quand je repense à ce qui était sa relation avec mes parents
autrefois.
Dès l'instant où la famille avait su que l'on
était ensemble, il était traité avec tous les égards et encore pire après nos
fiançailles. Même au petit salon, Bhernie ne s'asseyait pas, c'était
directement au vip qu'on l'installait. S'il était assis sur ce genre de chaise,
c'était que vraiment nous étions dehors dans un cadre vraiment amical et que
les parents n'étaient pas présents. Alors dans le salon ? Jamais une telle
chose ne pouvait se passer parce qu'il était considéré comme un Fils de cette
maison, mais hélas.
Moi : Vous avez fait un bon voyage?
Bhernie : (Me regardant) Oui,
c'était bien. Nous sommes venus avec le pasteur et sa famille. C'était cool et
nous avons compris pourquoi Marwane les aime ainsi, ce sont des gens bien.
(Esquissant un léger sourire) Même Ethan qui était froid au séminaire, nous
avons pu voir que dans le fond c'est quelqu'un de bien.
Moi : (Souriante) Lucrèce m'a dit
que vous avez menotté Marwane le jour de son mariage.
Il rit doucement et me sort son
téléphone pour me montrer la vidéo en me racontant les tenants et les
aboutissants de cette histoire. Moi-même je ris en voyant les images. Il me
raconte d'autres scènes qui se sont passées avant de me dire qu'il aurait voulu
que je sois là.
Moi : Moi aussi j'aurais aimé mais
hélas. (Esquissant un faible sourire) Tout est de ta faute, c'est toi qui m'a
enceintée.
Il me sourit.
Bhernie : C'était pour te déplaire
?
Moi : Hum.
Bhernie : (Tournant son visage vers
le petit en souriant fièrement) Quand je vois la merveille que tu nous as
donné, je ne regrette pas du tout de l'avoir fait. Et si cela ne tenait qu'à
moi, je t'en ferai un chaque année pendant les 3 prochaines années.
Je souris.
Bhernie : (Me regardant à nouveau)
Au fait, je vous ai apporté des cadeaux.
Il soulève un grand sachet dans les
affaires qu'il a emmenées et me le donne. J'ouvre et je vois 4 paquets à
l'intérieur.
Bhernie : Le paquet Rose et le
Bleu, c'est pour Faveur et toi, les 2 autres c'est pour papa et maman.
Papa : (Entrant au salon) Bonjour.
Bhernie : (Se levant) Bonjour papa.
(À maman juste derrière) Bonjour maman.
Maman : Hum.
Ils sont passés et sont allés
s'asseoir, Bhernie est resté debout.
Moi : Tu ne t'assois plus ?
Bhernie : (Tête baissée, silence)
Papa : (Depuis sa place) Il faut
t'asseoir, ne reste pas debout.
Bhernie : Merci papa.
Il s'est rassis et je l'ai regardé
pendant quelques secondes avant de me tourner vers mes parents.
Moi : Bhernie vous a apporté des
souvenirs du Ghana.
Papa : C'est bien. Il faut laisser
ça quelque part là-bas.
J'ai regardé Bhernie qui n'a rien
laissé paraître mais dont je sais qu'il a été touché. Moi-même j'ai eu un
pincement au cœur. Surtout que ce n'est pas la première fois qu'ils traitent
ses présents de la sorte.
Moi : (Me levant après avoir retiré
pour l'enfant et moi) Je vais déposer dans votre chambre.
Ils n'ont rien dit et je suis allée
déposer ça là-bas. J'ai entendu l'enfant pleurer et je suis retournée au salon.
Il était dans les bras de son père qui l'avait posé contre sa poitrine et était
en train de lui caresser le dos tendrement. Je suis venue me rasseoir à ma
place. Mes parents m'ont posé des questions sur le retour de Lucrèce et ma
reprise de boulot. Jusqu'à ce que je raccompagne Bhernie à sa voiture, il n'a
plus rien dit.
Bhernie : (Grimpant dans le
véhicule) Je vais faire un tour chez Erine avant de rentrer à la maison. Elle
m'a dit qu'elle souhaite me parler.
Moi : Ok. Tu me fais signe.
Bhernie : D'accord.
On se fait un câlin et il ferme la
portière. Il démarre ensuite et s'en va. Je reste à regarder la route en étant
perdue dans mes pensées et inquiète. J'ai l'impression qu'Erine veut parler de
ses doutes sur la paternité de Bhernie sur les filles. Depuis qu'elle avait
sorti cette phrase à l'hôpital qui avait soulevé nos doutes, on avait décidé de
ne pas en parler. On regardait simplement Bhernie qui était rentré ce jour dans
la pièce.
À leur départ Erine et lui, nous en
avons parlé avec Lucrèce et Ariane, je leur ai dit que je ne voulais pas parler
ni être mêlée à ce genre de choses. Pour moi, les filles sont de lui et rien
d'autre. Le lendemain Erine était revenue me voir avec ce sujet en disant
qu'elle allait en parler avec son frère, je lui avais dit non, que je venais
d'accoucher et que je ne voulais pas de scandales autour de mon enfant, je
n'avais pas besoin de ça. De plus, Bhernie était assez heureux et concentré sur
les préparatifs du mariage de Marwane. Je lui ai dit d'attendre un peu et de ne
rien dire pour le moment. Elle m'avait dit qu'elle attendrait son retour du
Ghana.
La dernière fois qu'elle était à la maison,
elle avait filmé Faveur de long en large et m'avait montré les images qu'elle
avait prise de Liam, Lucia et les filles de Bhernie en me disant qu'elle lui
montrera ça pour qu'il puisse lui-même se poser de bonnes questions. Malgré le
doute que j'ai, je veux croire qu'elles soient véritablement de lui, je veux
dire qu'ils ont fait des rituels pendant qu'elle était enceinte et même après
son accouchement pour protéger les petites, si ce n'était pas le cas, les esprits
devraient le lui dire non ? Je soupire car je suis vraiment confuse sur cette
histoire. Je finis par rentrer dans la maison.
Maman : Il est parti ?
Moi : Oui.
Maman : Pourquoi tu le fais
dépenser alors que l'enfant a encore toutes ces choses-là ?
Moi : Ce n'est pas moi. Il ne m'a
rien demandé avant d'apporter.
Maman : Hum ! Il faut ranger ça et
t'apprêter pour faire ton eau chaude.
Moi : (Avalant difficilement la
salive) D'accord.
Cette affaire d'eau chaude là c'est
Dieu seulement sinon, hum. J'ai pris les bagages et je suis allée les ranger un
peu un peu dans la pièce où on stock tout ça. Quand j'ai terminé, je suis allée
remplir les bassines avec de l'eau chaude. J'ai ensuite appelé maman et nous
avons fait de l'eau avant le massage.
Moi : (Me faisant masser par maman,
petite voix) Il n'a pas fait exprès de me faire souffrir maman.
Maman : (S'arrêtant) Tu dis quoi ?
Moi : Je te dis qu'il n'a pas fait
exprès de me faire du mal. Je sais qu'il l'a fait et que vous avez été déçus
par lui mais je vous en prie pardonnez lui et accordez lui une autre chance de
se racheter.
Maman : S'il vient dans cette
maison pour vous voir, c'est bien parce que nous avons décidé de lui pardonner
Lucia, sinon jamais il n'aurait pu le faire. Et si tu as fermé les yeux sur ses
actions, c'est tant mieux mais ce n'est pas le cas pour ton père et moi. Cet
enfant nous l'avions pris comme le nôtre et il nous a montré que c'était une
erreur, que nous avions eu tort de le traiter comme tel et aujourd'hui si nous
l'acceptons dans notre maison et entourage, c'est parce que tu as décidé que
c'est avec lui que tu tiens à faire ta vie et nous ne t'obligerons à rien. Mais
tu sais parfaitement ce que nous pensons de toute cette histoire.
Moi : (Silence)
Elle a repris à me masser avant de
m'attacher le ventre avec le pagne. Elle m'a ensuite demandé de m'habiller et
elle est ressortie. Je suis allée m'asseoir sur le lit. Mon téléphone a vibré
et je l'ai pris.
-Erine : C'est fait. Il va faire un
test ADN.
J'ai regardé le message et mon cœur
a raté un battement. Seigneur, j'espère de tout cœur que cette histoire n'est
pas vraie …
**BHERNIE ELLO**
Je viens de quitter chez les
parents de Lucia. Je suis arrivé autour de 4h du matin et je me suis endormi
quelques heures. À mon réveil, je me suis lavé et apprêté avant de partir faire
des courses pour mon fils et me rendre chez Lucia. J'avais tellement envie de
les voir même si ce n'est pas facile pour moi d'être en présence de ses
parents. J'ai tellement honte de les voir que je ne sais pas où je gagne le
courage d'y aller. L'estime que j'ai pour ces gens est telle que je n'ai jamais
eu le courage de me rendre chez eux pour leur parler parce que je ne sais pas
quel mot je pourrai leur dire qui me permettra de recevoir un semblant de
considération à leurs yeux. J'avais béni Dieu pour la convocation que j'avais
reçue de leur part chez eux car concrètement et ce malgré tous les programmes
fixés avec Lucia, je ne savais pas comment je devais me lever pour arriver chez
eux avec les miens. Je ne le savais pas. Et aujourd'hui encore, je ne sais pas
quoi leur dire alors je me tais.
Je soupire en mettant le cap pour
chez Erine qui a dit avoir quelque chose à me dire à mon retour. Elle me
l'avait dit la veille de mon départ et aujourd'hui en partant chez les parents
de Lucia, je lui ai signalé ma présence et le fait que je passerai chez elle en
soirée avant de rentrer chez moi. J'irai voir mes filles demain si tout va
bien.
J'arrive chez Erine quelques
minutes après et je les trouve tous les trois à la terrasse avec Liam.
Moi : Bonsoir.
Eux : Bonsoir !
Les enfants sont venus me faire des
câlins en me disant ‘’Bonsoir papa Bhernie'', je les ai tous les deux soulevés.
Moi : Ça va vous ?
Eux : Oui.
J'échange avec eux pendant quelques
minutes puis je m'assois sur la chaise qu'ils m'offrent.
Fred : C'était bien le Ghana ?
Moi : (Souriant) Très bien. Je
recommande. Nous avons vécu de merveilleux moments là-bas avec les gars-là et
la famille de Blessing est très cool.
Fred : J'espère qu'on aura
l'occasion de visiter un de ces jours.
Moi : En tout cas, je vous le
recommande.
Erine : Tu nous as apporté quoi ?
Moi : Rien du tout.
Erine : Tu vois comment tu es
mauvais non ? Quand je suis revenue du Sénégal je t'ai bien apporté des choses
mais toi rien.
Moi : (Amusé) Je ne suis parti que
pour une semaine, en plus j'étais occupé pour le mariage, j'allais trouver le
temps de faire des boutiques ?
Erine : C'est bien
Fred : (Amusé) On te prend quoi à
boire ?
Moi : Juste de l'eau et merci d'y
penser, ce n'est pas la folle là.
Erine : (Se levant) Je vais en même
temps retirer ton assiette de ma table, tu ne mangeras plus chez moi.
J'éclate de rire et Fred aussi en
la regardant rentrer dans la maison puis elle ressort avec mon eau qu'elle me
donne et l'instant d'après, je lui remets les clés de la voiture pour qu'elle
aille prendre leurs cadeaux dans la voiture. Elle se précipite et reviens avec
un large sourire quand elle vient avec leurs affaires.
Moi : J'ignorais que Liam était ici
donc je n'ai pas apporté pour lui. (Au concerné) Mon grand papa Bhernie t'a
emmené ton cadeau hein, c'est avec papa Rail d'accord ?
Liam : (Remuant affirmativement la
tête) D'accord.
Erine rentre avec le paquet dans la
maison ensuite elle nous appelle pour manger, ce que nous allons faire dans une
belle ambiance. À la fin, je la regarde.
Moi : Alors, tu voulais me dire
quoi?
Erine : (Regardant son gars avant
de me regarder) Hum. Ce n'est pas vraiment facile mais je veux juste que nous
sachions tous la vérité sur cette histoire qui a déjà coupé mon sommeil depuis
que j'ai fait le constat.
Je suis intrigué mais je ne dis
rien.
Erine : Tout ça a commencé quand ya
Lucia a accouché et je suis allée la voir avec l'enfant la première fois. Ce
jour-là en fait, on parlait de tout et de rien quand Faveur avait fait caca,
c'est comme ça que j'avais dit que c'est moi qui devais le changer parce que
c'est mon père et tout. En le faisant, j'ai été attirée par ça (venant me
montrer une image dans son téléphone) Je suis sûre que tu la reconnais.
Je regarde et je vois qu'il s'agit
de la fesse de mon bébé qu'elle a prise en photo, enfin la marque qu'il a à cet
endroit que j'ai déjà vu et que nous avons tous dans la famille, du moins les
enfants et petits-enfants directs de celui qui a été chef de famille.
Moi : Oui. Et ?
Erine : C'est comme ça que j'avais
dit à ya Lucia pour rire que mon père était un vrai fils Obiang car cette
marque nous l'avions tous dans la famille. C'est comme ça qu'elle va dire que
ce n'est pas le cas car elle avait eu à s'occuper des filles mais elle n'avait
pas vu ça sur elles. Et j'avais répondu sans réfléchir qu'il fallait alors
chercher leur vrai père.
Je fronce les sourcils.
Erine : Quand on parlait, c'était
juste pour rire mais cela avait attiré mon attention et j'ai voulu vérifier
encore moi-même les choses. (Appelant Lucia et Liam) Venez mes chéris.
Ils ont approché et elle a baissé
la culotte de Liam pour me montrer sa fesse, la marque y est, pas aussi
prononcé que pour moi ou pour mon fils mais c'est là. Elle répète le geste avec
Lucia et je fais le même constat. Elle reprend son téléphone et me montre une
photo entière de mon fils prise de dos et on peut voir la marque puis elle
zappe et arrive sur des images de Zoé et Zazie filmées toutes nues et elles ne
l'ont pas, elle montre deux images plus nettes de leurs fesses pour me rassurer
mais il n'y a rien.
Erine : Tu vois ?
Moi : (Dans le déni) Que veux-tu
insinuer ?
Erine : Rien du tout. Je me pose
juste des questions. Si tout le monde a ça, pourquoi elles ne l'ont pas ?
Moi : (Silence)
Erine : Même papa qui est né hier
là a déjà la marque sur sa fesse mais les filles non. Je ne sais pas, je ne
comprends pas. Je n'ai pas dit que c'est vrai mais je me demande si elles sont
vraiment de toi.
Je lève mes yeux et je croise son
regard.
Moi : (Visage fermé) Tu es
consciente de la question que tu viens de poser?
Erine : Oui ya Bhernie et crois
moi, cela ne me fait pas rire. Mais c'est tellement sérieux que je ne pouvais
pas ne pas parler. Tu sais que je n'ai rien contre les filles et malgré le fait
que Chancelle et moi le courant ne passe pas, je n'irai jamais inventer des
choses comme ça si je n'avais pas eu de doute avec la naissance de Faveur.
Depuis là, ça n'avait jamais attiré mon attention et je n'ai jamais eu un doute
sur cette question mais
Moi : (L’interrompant) Chancelle a
subi les rituels de protection pour les deux enfants Erine, que ce soit pendant
la grossesse ou même après avoir accouché, si ces enfants n'étaient pas les
miennes, nous l'aurions su.
Erine : (Silence)
Moi : Ça ne peut être qu'une
coïncidence et rien de plus.
Erine : Fais un test.
Je la regarde.
Erine : Il n'y a pas plus grand
moyen de se rassurer que ça. Oui, il y a eu les rituels de protection mais
pourtant elles sont nées sans cette marque alors que papa nous disait que
c'était un signe d'appartenance à cette famille. On a aussi dit que si une
femme enceinte de toi ne fait pas des rituels, l'enfant ne vivra pas, pourtant
ya Lucia ne les a pas faits mais Faveur est là.
Je la regarde. Lucia n'a pas fait
les rituels mais techniquement notre fils est bien mort à la naissance mais est
revenu à la vie par la puissance de Dieu.
Erine : Je veux en être sûre ya
Bhernie. Ôte-moi cette pensée de mon esprit. Fais ce test et nous serons tous
rassurés du fait que ce n'est qu'une coïncidence, que le fait que les filles
n'aient pas cette marque a une toute autre explication.
Moi : (Silence)
Erine : Je veux bien croire que je
me trompe mais je veux en être sûre.
Moi : (Après un moment) Ok.
Erine : (Silence)
Moi : Même si je sais que ça ne
servira à rien mais je vais tout de même le faire ce test pour que tu arrêtes
de croire à des choses absurdes.
Erine : Merci.
Elle a rhabillé les enfants et les
a envoyés s'asseoir. Elle en a fait de même en récupérant son téléphone. Un
silence s'est installé dans la pièce que j'ai rompu.
Moi : Tu as autre chose à me dire
où c'était tout ?
Erine : C'est tout.
Moi : Ok. Dans ce cas, je vais
rentrer à la maison.
Erine : D'accord.
Je me suis levé et je suis sorti de
la maison avec Fred qui m'a raccompagné jusqu'à la voiture. On s'est dit au
revoir et je suis parti de là pour la maison où vit Chancelle avec toutes ces
idées qui se bousculaient dans ma tête. J'essayais par tous les moyens de
rejeter cette hypothèse, mes filles ne peuvent pas ne pas être de moi, c'est
impossible. J'arrive devant le portail et je klaxonne, le gardien vient
m'ouvrir et je fais rentrer ma voiture. Je gare et je descends du véhicule,
Chancelle sort à la terrasse.
Chancelle : (Surprise) Bhernie, tu
es déjà rentré de voyage ?
Moi : (Fermant la portière) Comme
tu peux le voir.
Chancelle : Mais, mais, tu ne m'as
même pas dit que tu allais le faire.
Je la regarde et arque un sourcil.
Moi : J'ai l'habitude de te
prévenir de mon arrivée ?
Chancelle : (Silence)
Je la regarde attentivement et je
vois qu'elle a l'air nerveuse et tremble.
Moi : Qu'est-ce qui se passe ?
Chancelle : (Silence)
Moi : (Élevant légèrement la voix)
Chancelle ?
Elle sursaute.
Voix d'homme : (Derrière elle)
Bonsoir le grand.
Je me décale et je vois un de mes
cousins qui se tient devant la porte de la maison, je fronce les sourcils.
Moi : (Regardant Chancelle)
Qu'est-ce qui se passe ici ????