CHAPITRE 46: SOUILLÉ LE SANCTUAIRE
Ecrit par L'UNIVERS DE JOLA
CHAPITRE 46 : SOUILLE LE
SANCTUAIRE
**BHERNIE ELLO**
Voix d'homme : (Derrière elle)
Bonsoir le grand.
Je me décale et je vois un de mes
cousins qui se tient devant la porte de la maison, je fronce les sourcils.
Moi : (Regardant Chancelle)
Qu'est-ce qui se passe ici?
Hilaire : Je suis venu à Libreville
pour un petit travail de 3 jours et comme Hugh chez qui je pars toujours n'est
pas là, je suis venu te voir pour te demander si je pouvais rester ici pour les
3 jours mais j'ai seulement trouvé Chance et les enfants qui ont dit que tu es
en voyage. J'ai demandé si je pouvais rester et elle m'a dit que je peux.
Moi : (Regardant Chancelle avant de
le faire avec lui) Je vois.
Je me rapproche et nous entrons
dans la maison.
Hilaire : J'espère que tu n'es pas
fâché.
Moi : Non. Je suis juste surpris
parce que je n'étais pas au courant de ta venue. Assieds-toi.
Il s'est assis.
Moi : (À Chancelle) Où sont les
enfants ?
Chancelle : (Tremblante) Elles,
elles sont à la chambre. Zazie dort et Zoé regarde les dessins sur la tablette.
Moi : (Fronçant les sourcils) Sur
la tablette ?
Chancelle : Je, elle.
Hilaire : (Intervenant) Ce n'est
pas la faute de Chancelle. La Seeg a coupé le courant et comme Zoé était
triste, je lui ai dit de prendre la tablette pour regarder les dessins.
Moi : Je vois. Mais que cela ne se
répète plus car elle n'a pas le droit de regarder les images dessus, elle le
fait uniquement à la télévision.
Hilaire : J'ai compris.
Moi : Ok. Je reviens.
Je suis allé dans la chambre de ma
fille et effectivement Zazie dormait sur le lit pendant que Zoé était assise à
même le sol, la tablette à quelques centimètres de ses yeux et un énorme casque
aux oreilles. Le volume de cette chose était tel que l'on écoutait même à
distance.
Moi : C'est pas possible.
(Appelant) Chancelle ?
Chancelle : Oui.
Moi : Viens stp.
Elle rentre dans la chambre et me
regarde.
Moi : Est-ce que tu vois ça ?
Elle me regarde confuse.
Moi : C'est le cerveau de mon
enfant que tu veux détruire ? C'est quoi ce casque qu'elle a sur sa tête et
d'où sort il ?
Chancelle : (Bégayant) Ce, c'est
pour Hilaire. Elle a demandé ça.
Moi : Tu veux m'énerver ?
Chancelle : (Silence)
Moi : Elle a demandé quoi ? Je n'ai
pas interdit ce genre de choses ? Pour suivre les dessins, elle a besoin d'un
casque ?
Chancelle : (Silence)
Moi : Et vous lui mettez le volume
comme si elle était sourde, c'est quoi le but ? Détruire ses tympans ?
Chancelle : (Silence)
Moi : Disparaît devant moi.
Elle sort de la chambre et je
regarde Zoé qui est toujours concentrée sur ses choses et n'a ni remarqué ma
présence, ni entendu ce que nous étions en train de dire tellement c'est
sonore. Je me rapproche d'elle et retire le casque sur sa tête, elle lève les
yeux et me voit.
Zoé : (Large sourire) Papa.
Elle se lève en laissant tomber la
tablette et saute sur moi. Je la soulève et la ramène au niveau de ma poitrine
pour lui faire un câlin en la serrant contre moi, elle fait de même en passant
ses bras autour de mon cou et en mettant son visage dans le creux.
Moi : Ça va mon trésor ?
Zoé : Oui. Tu es revenu du voyage ?
Moi : Oui.
Zoé : Tu nous as ramené les cadeaux
?
Moi : Est-ce que tu as été sage
d'abord ?
Zoé : Oui, je n'ai même pas un peu
fait le désordre papa. J'ai seulement fait les dessins et puis le coloriage.
Moi : (La regardant avec
insistance) Et tu as regardé les dessins sur la tablette.
Zoé : C'est maman qui a dit que je
prends. Elle a arrêté la télé et puis elle a dit de prendre la tablette. J'ai
dit papa a dit non mais elle a dit que papa n'est pas là. Elle m'a donné avec
le cacse*.
Moi : On dit casque.
Zoé : Casque.
Moi : Voilà. J'ai compris. Mais
prochainement, je ne veux plus que tu prennes ça. Même si c'est maman qui te
donne, tu dis non sinon papa va se fâcher, d'accord ?
Zoé : D'accord papa. Tu m'as emmené
les cadeaux ?
Moi : Oui.
Zoé : (Large sourire) C'est où ?
Moi : (Souriant) Je n'ai pas droit
à un bisou d'abord?
Zoé : Si
Elle prend mon visage en coupe et
me fait une série de baisers un peu partout sur le visage.
Zoé : Tu es mon papa d'amour.
Moi : Et toi ma princesse adorée et
je t'aime gros comme ça.
Zoé : (Faisant des gestes avec ses
mains) Moi aussi je t'aime gros comme ça.
Je lui souris.
Zoé : On part chez toi dans l'autre
maison ?
Moi : Il se fait déjà tard ma puce,
un autre jour.
Elle fait la moue.
Zoé : Tu avais dit que quand tu vas
revenir du voyage, on va partir chez toi dans l'autre maison.
Moi : C'est vrai mais j'avais dit
la journée, pas la nuit.
Zoé : Donc tu avais menti ?
Moi : Non mon trésor. J'ai dit que
je viendrai vous prendre pour la journée or là, c'est la nuit. Vous allez
bientôt dormir.
Zoé : (Triste)Mais je veux être
avec toi papa (serrant mon cou en posant sa tête sur mon épaule, voix
tremblante) Tu avais dit ça l'autre jour.
Moi : Eh mon trésor ne pleure pas,
tu sais quoi ? Ce n'est pas grave, on va y aller.
Zoé : (Se redressant pour me
regarder) C'est vrai ?
Moi : (Souriant) C'est vrai.
Zoé : (Me serrant le cou joyeuse)
Merci papa.
Moi : Je t'en prie. On va aller
dire à maman de préparer votre sac.
Zoé : Youpi.
Moi : Laisse-moi voir ta sœur.
Je me penche sur le lit et regarde
Zazie qui dort paisiblement.
Zoé : Elle dort.
Moi : Je sais.
Je me redresse et nous partons au
salon avec elle dans mes bras, il n'y a qu'Hilaire au salon.
Moi : Elle est où Chancelle ?
Hilaire : Dans votre chambre.
Moi : Chancelle ?
Chancelle : Oui.
Elle vient rapidement.
Moi : Je vais partir avec les
filles ce soir pour le reste de la semaine.
Chancelle : Tu n'iras pas au
travail ?
Moi : Si mais je vais me
débrouiller. Fais leur sac stp. Et change les aussi.
Chancelle : Ok. Zoé on y va.
Moi : Va avec maman.
Je l'ai fait descendre et elle est
partie en sautillant.
Zoé : Je pars avec mon père.
Elles sont parties et j'ai pris
place en face d'Hilaire.
Moi : Excuse-moi de t'avoir laissé
mais il fallait que je voie d'abord mes enfants.
Hilaire : Je comprends.
Moi : Sinon comment vas-tu ?
Hilaire : (Grattant sa tête) Je
vais bien le grand. On est là, on se débrouille comme on peut. En ce moment,
les poissons c'est pas trop ça donc on n'essaie un peu de chercher à gauche et
à droite pour avoir quand même un petit mille francs pour s'acheter une bière.
Moi : Je vois. C'est une bonne
chose. Tu es là depuis quand ?
Hilaire : Avant hier. Je vais
partir demain matin comme j'ai fini le petit travail que je faisais.
Moi : Je vois. J'espère que tu as
été bien traité.
Hilaire : (Souriant) Oui le grand,
Chance m'a bien reçu, il ne faut pas avoir peur.
Moi : D'accord. Comme elle te l'a
dit, je n'étais pas au Gabon toute cette semaine et je ne suis rentré que ce
matin.
Hilaire : Je comprends.
Moi : Et tonton Sima?
Hilaire : Ah. Papa est malade
depuis la dernière fois qu'il était venu ici.
Moi : (Fronçant les sourcils)
Comment ça ?
Hilaire : Tu n'es pas au courant ?
Moi : Non. Personne ne m'a rien
dit.
Hilaire : Ah, il est malade.
Moi : Je vais l'appeler pour
prendre de ses nouvelles.
Hilaire : (Grattant la tête) Ah le
grand, il ne faut rien lui dire sur moi oh. Sinon il va croire que je suis venu
ici pour te demander de l'argent et non pour travailler. Alors que c'est faux.
Moi : (Esquissant un faible
sourire) Ne t'inquiètes pas.
Hilaire : Merci. J'ai appris que
maman Lucia a accouché, c'est vrai ?
Moi : C'est vrai.
Hilaire : Ah, mais on a dit que
vous ne pouviez pas faire les enfants non ?
Moi : Ce n'est plus le cas, tout
est rentré dans l'ordre maintenant.
Hilaire : Et Chance alors ?
Moi : Elle sera toujours sous ma
responsabilité étant donné qu'elle est la mère de mes enfants.
Hilaire : Donc ce n'est plus ta
femme ?
Je le regarde pendant un moment et
je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression qu'il a particulièrement l'air
intéressé par la question.
Moi : Je ne pense pas que ce soit
un sujet qui te concerne.
Il fait une subtile grimace avec
son visage avant de me faire un sourire qui semble être contrarié mais contenu.
Hilaire : (Souriant) Pardon le
grand. Je ne voulais pas te déranger.
Moi : Ça va.
Le silence s'est installé pendant
un petit moment où je me suis mis à le regarder. Je ne saurai dire quoi mais y
avait un truc qui me dérangeait en lui.
Moi : Dis-moi, tu t'entends bien
avec Chancelle ?
Hilaire : (Souriant) Oui. On a
grandi ensemble depuis petits. (Croisant ses pieds en positionnant ses mains
entre ses jambes) C'était la plus belle fille de notre village et tous les
autres étaient jaloux de moi quand on a commencé.
Moi : Quand vous avez commencé
quoi?
Hilaire : À sortir, hein (grattant
sa tête l'air gêné) À marcher ensemble quand papa était parti voir ses parents
pour qu'elle devienne ta femme. C'est là que les gens étaient jaloux de moi
parce que comme je disais partout que c'était la femme de mon grand frère,
c'était un peu comme si c'était aussi ma femme quoi.
Moi : Je vois.
Hilaire : (Faisant des gestes avec
ses bras en riant jaune) Je ne sais pas si tu vois un peu quoi.
Moi : Je vois.
Chancelle est revenue avec les
filles. Zazie était dans ses bras et réveillée. En me voyant, elle s'est agitée
pour descendre et courir vers moi en criant papa. Je l'ai soulevée et tout
comme sa sœur, elle s'est accrochée à mon cou. Zoé aussi est venue à côté de
moi.
Zoé : Papa on est déjà habillées.
Moi : Oui chérie, je sais. On va y
aller.
Zoé : (Grand sourire) Je suis trop
contente. Tonton Hilaire, on part avec notre père.
Hilaire : (Sourire forcé) C'est
bien. Mais maman va rester avec qui ?
Zoé : Avec toi dans la chambre de
papa.
Il a écarquillé les yeux.
Chancelle : Il ne faut pas raconter
les conneries Zoé, tous les jours je te parle.
Zoé : (Silence)
Moi : Ce n'est pas la peine de la
gronder. Elle n'a rien dit de mal.
Hilaire : (Riant jaune) Les enfants
toujours pour dire les choses qui n'existent pas.
Moi : Je sais. (À Chancelle) Tu as
mis le nécessaire ?
Chancelle : Oui.
Moi : Ok. (À Hilaire) Comme tu le
sais sans doute, je suis retourné vivre dans ma première maison et comme tu as
dit que tu rentres demain matin, il n'est donc pas nécessaire que je reste ici.
(Sortant mon portefeuille pour lui remettre 20 milles) Tu compléteras pour ton
transport.
Hilaire : (Prenant avec les deux
mains) Merci.
Je me suis levé et il l'a fait avec
moi, nous sommes tous sortis de la maison et j'ai installé les filles dans le
véhicule.
Moi : Au fait, j'allais oublier.
Ils me regardent tous les deux.
Moi : J'ai un document à prendre
dans la chambre.
Je retourne dans la maison et me
dirige vers la chambre où il n'y a rien de particulier. Je fais un tour dans la
douche et je vois qu'il y a 2 brosses à dents dans le pot à côté du miroir.
Connaissant celle de Chancelle, je récupère donc l'autre et la met dans ma
poche puis je ressors.
Chancelle : (Inquiète) Ah tu es là.
Moi : Oui, je suis allé me
soulager.
Chancelle : Ah d'accord.
Moi : Tu veux me dire quelque chose
?
Chancelle : Non.
Moi : Ok. Je vais y aller.
Chancelle : Tu n'as pas trouvé le
document ?
Moi : Non.
Chancelle : (Silence)
Moi : C'est peut-être à mon bureau,
je vais vérifier.
Chancelle : D'accord.
Je me suis dirigé vers la porte
avant de m'arrêter et me tourner vers elle.
Moi : Tu as installé Hilaire où ?
Chancelle : (Les grands yeux) Hein
?
Moi : Hilaire, il dort dans quelle
chambre ?
Chancelle : (Bégayant) Dans, dans
la chambre de Zazie. Je, j'ai mis le matelas au sol et Zazie dort avec moi.
Moi : Ok.
Je suis sorti sans plus rien
ajouter et je suis allé trouver mes filles, j'ai démarré et nous sommes rentrés
à la maison. Durant tout le chemin, je n'ai pas arrêté de penser à cette
histoire malgré le bruit des enfants à l'arrière. Il ne fait aucun doute que
ces deux-là ont une relation, c'est tellement évident et concrètement cela ne
me fait ni chaud ni froid. Ma question est depuis quand et s'il est possible
que depuis tout ce temps je sois en fait en train d'élever les enfants de mon
cousin. Cette simple idée me soulève le cœur mais je me retiens. Je ne dirai ou
ne ferai rien avant d'en être rassuré. Je conduis jusqu'à la maison et je
rentre avec elles. Ce n'est pas la première fois qu'elles reviennent ici depuis
mon retour mais ce sera la toute première qu'elles y dormiront. Je vais avec
elles à l'étage et je pose leur sac dans ma chambre, je sors aussi la brosse de
ma poche et je la mets dans un sachet plastique avant de la ranger dans un de
mes tiroirs. Je vais me concentrer sur ça après. Je me retourne vers mes
princesses qui sont toutes les deux assises sur le lit et je me dis que ce
n'est pas possible, elles ne peuvent ne pas être mes enfants.
Zoé : Mon cadeau est où papa ?
Je souris en réalisant que cette
petite n'oublie rien.
Moi : (Me dirigeant vers les
paquets) C'est là.
Elles descendent et viennent vers
moi toutes excitées. On ouvre ça ensemble et elles y découvrent une tenue et
une poupée. Elles sont toutes contentes et sautent partout. On essaie les
vêtements qui sont justes puis je redescends avec elles pour faire quelque
chose à manger, notamment des céréales pour elles. Pendant que je prépare leurs
tasses, Zoé me dit ce qui s'est passé à la maison et me confirme ce que j'avais
déjà conclu sur leur mère en m'apprenant qu'il rentre dans ma chambre avec elle
et même au village, il vient toujours la voir avec le poisson. Elle me dit que
leur mère les envoie toujours dans la chambre mais l'autre jour elle avait vu
qu'il lui avait fait le bisou sur la bouche. J'ai posé les bonnes questions et
obtenu les bonnes réponses de la bouche de ma fille. Mais la question demeure,
sont-elles de moi oui ou non?
Une fois prêt, je me pose avec
elles sur les chaises. Mon téléphone sonne et c'est Lucia, je décroche.
« Moi : Allô ? »
« Lucia : Eh, tu ne m'as plus
fait signe. »
« Moi : Désolé, j'étais assez
occupé. Et là je le suis encore. »
« Lucia : Tu fais quoi
? »
« Moi : Je m'apprête à nourrir
les filles. Je peux te rappeler plus tard ? »
« Lucia : D'accord. À tout à
l'heure. »
Clic ! J'ai posé mon téléphone et
je me suis concentré sur mes filles que j'ai nourries avant d'aller me poser au
salon avec elles. Nous avons joué ensemble jusqu'à ce qu'elles s'en dorment. Je
les ai portées jusqu'à dans ma chambre pour les poser sur mon lit. Je les ai
regardées un moment puis je suis allé prendre ma douche. À mon retour, je suis
redescendu pour aller chercher mon téléphone et j'ai vu que Lucia m'avait
appelé 2 fois avant de me laisser un message sur WhatsApp.
-Ma Lumière : J'ai tenté de te
joindre vu l'heure tardive mais je crois que tu dors. Moi aussi je vais me
coucher. J'espère que tu es rentré à la maison et que tu vas bien. Bonne nuit.
Je t'aime et te garde dans mes prières.
C'était il y a 5 minutes. J'ai
rappelé en vidéo et elle a décroché.
« Lucia : (Adossée contre la
tête de lit en train de nourrir le petit) Allô »
« Moi : Il ne dort pas lui
? »
« Lucia : Il dormait mais il
vient de se réveiller. Je lui donne rapidement le sein pour qu'il se
rendorme. »
« Moi : Je vois. »
« Lucia : Tu es rentré
? »
« Moi : Oui. Quand tu as
appelé la première fois, j'étais déjà à la maison, j'ai pris les filles avec
moi. »
« Lucia : Ah d'accord. Elles
passent la nuit là ? »
« Moi : Oui. »
« Lucia : Je vois. »
Un silence passe pendant lequel
elle fait roter le petit avant de le mettre dans son berceau. Elle revient
s'asseoir sur le lit et me regarde.
« Lucia : (Voix câline) Ça va
? »
« Moi : Erine t'a dit ? »
« Lucia : Oui. Elle m'a fait un
message pour me dire qu'elle t'avait fait part de ses soupçons sur les filles
et que tu allais faire un test. »
« Moi : Je vois. Et qu'est-ce
que tu en penses ? »
« Lucia : Je ne sais vraiment
pas trop quoi penser car je n'arrive pas à comprendre ça. Tu avais dit que les
rituels sur les enfants avaient été faits. Je me suis demandée s'il n'y avait
pas un truc pour savoir si oui ou non elles étaient vraiment de toi. »
« Moi : Normalement, si et moi
aussi je ne sais pas Lucia. (Grattant ma main sur ma tête avant de la caresser)
Je ne sais plus quoi penser par rapport à tout ça. Et tu sais la meilleure
? »
« Lucia : Dis-moi. »
« Moi : (Riant ironiquement)
J'ai découvert ce soir que Chancelle voit quelqu'un d'autre. »
Elle écarquille les yeux.
« Moi : Le 3e fils de tonton
Sima. »
« Lucia : Le pêcheur ? Comment
il s'appelle même déjà ? »
« Moi : (Souriant)
Hilaire »
« Lucia : Ce n’est pas
vrai. »
Je lui explique ce qui s'est passé
quand je suis arrivé à la maison et ce que Zoé m'a dit quand je lui ai posé des
questions, elle met les mains devant sa bouche dépassée.
« Lucia : Je ne sais vraiment
pas quoi dire. Je suis vraiment désolée. »
« Moi : Tu n'as pas à être
désolée pour ça. À la vérité, je me fiche de savoir qu'elle voit quelqu'un
d'autre ou non. Je suis avec toi et c'est donc un truc assez logique qu'elle
veuille être avec quelqu'un qui l'aime. »
« Lucia : (Silence) »
« Moi : Ce qui me dérange
présentement est le fait de savoir si c'est quelque chose de récent ou s'ils
sont ensemble bien avant qu'on me la présente. Dans ce dernier cas, pourquoi
faire une telle chose ? »
J'entends dans mon esprit ‘’Tu as
souillé le sanctuaire’’. J'écarquille les yeux et je me fige en me rappelant de
cette phrase que les esprits m'avaient dite. ''Nous ne ferons rien pour t'aider
parce que tu as perdu l'autel et tu as souillé le sanctuaire. Et tant que je
continuerai à le faire, ils n'agiront pas''. J'ai mis mes deux mains sur la
tête en me levant des fauteuils.
« Moi : (Parlant tout seul)
Mais bien sûr. »
« Lucia : Qu'est-ce qu'il y a
? »
« Moi : (Me passant la main
sur le visage) Tu te rappelles la réponse des esprits quand je me suis tourné
vers eux pour chercher de l'aide ? »
« Lucia : Euh (rétrécissant
ses yeux comme pour se concentrer) que tu as perdu l'autel et, et, et »
« Moi : J'ai souillé le
sanctuaire. :
« Lucia : C'est ça. »
« Moi : Tu comprends
maintenant ? »
« Lucia : Euh non, je ne vois
pas trop. »
« Moi : Je suis l'autel de ma
famille comme tu le sais, mais dans ma position de chef, je suis également le
réceptacle des esprits, c'est par moi qu'ils passent pour agir et donc je suis
leur sanctuaire, tu me suis. »
« Lucia : Oui. »
« Moi : Et donc si je me mets
à avoir des relations avec une femme interdite, je commets donc automatiquement
un interdit et je viole une loi. »
« Lucia : (Fronçant les
sourcils) Et ce serait quoi l'interdit du coup, la polygamie n'est pas
interdite chez nous. »
« Moi : Non mais l'inceste
oui. Et sortir avec la femme de son frère de son vivant oui. »
Elle écarquille les yeux.
« Moi : Tu comprends
maintenant ? »
« Lucia : Mon Dieu. Mais tu
m'avais dit que c'était tes oncles qui avaient trouvé Chancelle non ? »
« Moi : Oui. »
« Lucia : Mais pourquoi faire
une telle chose en sachant que c'était interdit et que forcément il y aurait
des répercussions ? »
« Moi : Peut-être était-ce le
but, me faire commettre une chose qui se répercuterait sur moi et par
conséquent sur toute la famille…