Douleur quotidienne et libération
Ecrit par Corey's
Chaque jour était difficile.
Dans les taxis, je pleurais.
À l’église, je pleurais.
La nuit, je pleurais encore.
Dès que je voyais quelque chose qui me rappelait
Hadriel, les larmes venaient automatiquement.
Il me manquait trop.
Et ce qui me faisait le plus mal, c’était la
manière brutale dont tout s’était arrêté. Sans explication, sans transition…
juste un vide.
Parfois, mes pensées revenaient sur le passé.
Je repensais à l’année 2016, à mon anniversaire.
Il m’avait offert un ordinateur.
Et moi, avec le temps et la douleur, je me
posais des questions :
Pourquoi m’avoir
offert ça si aujourd’hui tout est fini ?
Une nuit, j’ai fait un rêve.
Il était là.
Hadriel.
Mais il n’était pas doux comme avant. Il était
sérieux, presque en colère.
Et il me disait :
— Tu sais
bien que cet ordinateur, je l’avais acheté pour toi.
— Mais pourquoi tu restes attachée à ça ?
Pourquoi tu restes attachée à moi alors que je ne suis plus là ?
— Je suis mort… il faut que tu passes à autre
chose.
Ses paroles étaient fortes. Dures. Mais
étrangement claires.
Comme un appel à me libérer.
Je me suis réveillée bouleversée.
Pendant un moment, j’ai eu peur de ces rêves.
Peur qu’il revienne encore, peur de le revoir
dans des endroits sombres, comme une présence qui me suivait.
Mais ensuite, je me suis arrêtée.
Je me suis parlé à moi-même :
Non… la
personne était vivante. Il ne m’a jamais fait de mal.
Pourquoi maintenant, dans la mort, cela
deviendrait quelque chose de mauvais ?
Alors j’ai pris une décision.
J’ai prié.
J’ai parlé à Dieu, pour que tout cela
s’arrête, pour que mon esprit soit libéré de ces images et de ces peurs.
Et petit à petit…
ça s’est arrêté.
Depuis ce jour, je n’ai plus fait ces rêves.
Plus de cauchemars.
Plus de visions.
Plus de présence.
Juste le silence.
Et dans ce silence, j’ai commencé à me reconstruire doucement.
Un chant m’a particulièrement aidée.
C’était un cantique du groupe Exo : “Le Bon Berger”.
Chaque parole me calmait, me recentrait, et
m’aidait à respirer à nouveau.
etit à petit, la vie a recommencé à avancer.
Pas vite. Pas facilement. Mais elle avançait
quand même.
Au début, je n’avais plus vraiment envie de
grand-chose. Tout me semblait fade, sans goût, sans sens. Mais avec le temps,
j’ai commencé à reprendre de petites habitudes.
Me lever le matin sans pleurer immédiatement.
Manger sans avoir la gorge serrée.
Sortir sans que chaque endroit me rappelle quelque chose.
Il y avait encore des moments de chute.
Des souvenirs qui revenaient sans prévenir.
Des larmes qui montaient d’un coup, surtout dans le silence.
Mais entre ces moments-là, il y avait aussi des
instants de calme.
De vrais instants de respiration.
J’ai compris quelque chose avec le temps :
Je ne pouvais pas effacer ce que j’avais vécu…
mais je pouvais apprendre à ne plus me laisser détruire par ça.
Je me suis rapprochée encore plus de Dieu.
Pas dans la douleur, cette fois… mais dans la
recherche de paix.
Le cantique “Le
Bon Berger” continuait de m’accompagner.
Il me rappelait que même quand je ne
comprenais pas tout, je n’étais pas abandonnée.
Et un jour, sans que je m’en rende vraiment compte, j’ai remarqué quelque
chose.
Je n’avais pas pleuré depuis plusieurs jours.
Ce n’était pas une victoire totale.
Ce n’était pas un oubli.
Mais c’était un début de guérison.
Je pouvais penser à lui sans m’effondrer complètement.
Je pouvais me souvenir sans me briser.
Et ça… c’était déjà énorme.
La vie ne redevenait pas comme avant.
Elle devenait différente.
Et moi aussi, je changeais.