L'appel qui m'a brisé

Ecrit par Corey's

En rentrant ce soir-là, malgré la belle journée que j’avais passée avec le musicien, une sensation étrange restait en moi. Comme si mon cœur n’était pas complètement présent.

Mais tout changea quand je reçus un appel.

C’était mon amie H.

Sa voix tremblait.

Elle venait de sortir de l’hôpital où elle était allée rendre visite à Hadriel.

Et ce qu’elle m’annonça me coupa le souffle.

— Doré… son état est très grave.

Je restai silencieuse.

Elle continua, difficilement :

— Il ne reconnaît presque plus les gens. Il a perdu la mémoire par moments… il ne parle presque plus… et il est en soins intensifs.

Tout s’effondra en moi.

Je restai figée, incapable de répondre.

Mon cœur se serra violemment.

Une seule pensée traversa mon esprit :
Pourquoi je n’étais pas là ?

Une douleur profonde m’envahit.

Je me disais que j’aurais peut-être dû rester, être à ses côtés, même dans les derniers moments. J’avais l’impression que tout m’échappait.

Comment en était-on arrivés là ?

Comment une histoire aussi forte avait pu basculer ainsi ?

Mon amie était elle aussi bouleversée. Sa voix portait toute la tristesse de la situation.

Quand l’appel se termina, je restai immobile dans la pièce.

Puis les émotions explosèrent.

Je me suis mise à pleurer.

Encore et encore.

Cette nuit-là, je n’ai pas dormi.

Dans le désespoir, j’ai contacté un groupe de sœurs de l’église. Je leur ai demandé de prier, de m’aider à porter cette situation dans la prière, parce que tout devenait trop lourd pour moi.

Très vite, l’information s’est répandue dans la communauté.

Dans les groupes de l’église, on parlait de son état comme critique, inquiétant, presque désespéré. Tout le monde était en alerte. Des chaînes de prière ont été lancées.

Et moi, au milieu de tout ça, j’étais là…

Perdue entre la peur, les regrets et la douleur.

Je ne savais plus quoi faire.

Je ne savais plus quoi penser.

Mais une chose était certaine :

Mon cœur, lui, était toujours attaché à lui… malgré tout.

Pendant la prière, quelque chose d’étrange se produisit.

Deux de mes sœurs se mirent soudain à pleurer. Pas de simples larmes… mais de vraies crises d’émotion, comme si une annonce terrible venait d’être faite. Leur douleur était si forte qu’elle semblait se propager dans toute la pièce.

Très vite, l’atmosphère devint lourde.
Chacune des personnes présentes semblait submergée par une tristesse difficile à expliquer. Certaines pleuraient en silence, d’autres priaient avec une intensité bouleversante.

Nous étions tous profondément perturbés.

Face à cette intensité, j’ai pris la décision d’arrêter la prière.

— Ça suffit… on va s’arrêter là pour ce soir. Chacune doit aller se reposer.

Il était déjà tard… presque l’aube approchait.
Une à une, nous sommes parties nous coucher.

Mais moi, le sommeil ne venait pas.

Je me suis allongée dans mon lit, épuisée physiquement, mais mon esprit restait en alerte. Les images de la soirée tournaient en boucle dans ma tête. Les pleurs. Les prières. Le nom d’Hadriel. Son état.

Je finis par fermer les yeux…

Et je m’endormis sans même m’en rendre compte.

Dans mon sommeil, je le vis.

Hadriel était là.

Il s’approcha de moi et me prit doucement la main. Son regard était différent… profond, presque irréel.

Et il me dit :

Allons… viens avec moi. Allons… viens.

Sa voix était douce mais insistante.

Je sentis une peur étrange m’envahir.

Je lui répondis, hésitante :

Mais… tu m’emmènes où ? Où est-ce qu’on va ? Là-bas… ce n’est pas bien…

Il continuait de m’attirer, comme s’il voulait que je le suive, sans que je comprenne vraiment vers quoi.

Je résistais, partagée entre la peur et l’attachement.

Et soudain…

Je me réveillai en sursaut.

Mon cœur battait très fort.

Je restai immobile dans le noir, respirant rapidement, incapable de savoir si ce rêve était juste un rêve… ou un message que je ne comprenais pas encore.

Une frasque pour moi