Chapitre 25 : Dernière nuit.
Write by L'UNIVERS DE JOLA
Chapitre 25 :
Dernière Nuit
Calvin Harris Otando
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O |
n se
fixe dans les yeux.
— Je
peux entrer ? dis-je.
Elle
se décale sans pouvoir articuler quoi que ce soit. Je coupe l’appel et je me
tourne vers les deux grands que je salue.
—
Merci les grands.
— De
rien et on jette un coup d’œil sur la voiture, répondent-ils en chœur.
—
D’accord.
On
se checke, ils saluent Winnie puis s’en vont. Je rentre dans la maison et la
balaie du regard. C’est la première fois que j’entre à l’intérieur. Lors du
décès, j’étais toujours resté assis dehors.
Ah
oui, les pauvres existent vraiment, c’est la vérité. Entre la petite télévision
posée sur un meuble penché — si on peut encore appeler ça un meuble — les
fauteuils déchirés par endroits et les chaises qui ne méritent plus ce titre,
je ne saurais dire ce qui accentue le plus leur condition. Peut-être est-ce le
sol cimenté de façon grotesque ou cette toiture perforée à plusieurs endroits,
sans aucun plafond. Ce qui est sûr, c’est que tout cet endroit respire la
pauvreté et la misère. Il doit certainement y avoir des rats et des cafards
partout.
Et
comme pour faire écho à ma pensée, deux rats sortent d’un trou et traversent la
pièce en se poursuivant.
Je
me retourne et pose mon regard sur Winnie, qui n’a pas bougé.
—
Même si les moustiques n’ont aucun mal à se faufiler ici, tu pourrais quand
même fermer la porte, dis-je.
Elle
se retourne, pousse la porte avant de la fermer à clé, puis met une série de
verrous en bois et en pointe. Elle me fait à nouveau face, le regard toujours
marqué par un mélange de confusion et d’une pointe de curiosité.
— Tu
te demandes ce que je fais là, n’est-ce pas ?
—
Oui, je pensais que tu avais finalement voyagé comme tu me l’avais dit,
répond-elle d’une petite voix.
J’esquisse
un sourire.
— Eh
bien… comme tu peux constater, ce n’est pas le cas, je suis toujours là.
— Tu
ne vas plus voyager ?
—
Bien-sûr que si, il est toujours d’actualité et est prévu pour demain matin.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je me suis pointé chez toi à pareille
heure, autrement, je n’aurai pu le faire.
Elle
reste silencieuse.
Je
retire la corde du sac de mon épaule.
— Je
voulais te donner ceci avant mon départ, je pense que tu en auras besoin pour
ta vie estudiantine.
—
Qu’est-ce que c’est ?
— À
ton avis ?
Je
lui tends le sac. Elle le récupère et se rend compte qu’il est quand même assez
lourd. Elle se dirige vers la table, pose le sac dessus et l’ouvre pour voir.
Elle se retourne aussitôt, les yeux écarquillés et la bouche ouverte quand elle
découvre le contenu. Elle revient à pas pressés vers moi pour me faire un câlin
qui me fait légèrement reculer.
—
Merci, Calvin, je n’ai pas les mots pour t’exprimer ma gratitude. Merci,
dit-elle d’une voix légèrement enrouée.
Je
pose ma main derrière sa nuque, un faible sourire sur les lèvres.
— Je
t’en prie. J’espère que tu en feras bon usage et que cela t’aidera. J’ai
enregistré des vidéos tutoriels à l’intérieur pour t’expliquer quelques
fonctionnalités, tu les trouveras épinglées sur le bureau. L’ordinateur est
neuf et il a tous ses accessoires, tu ne risques donc pas d’avoir des soucis
avec. Je t’ai aussi inscrite sur différents réseaux sociaux avec ton mail, tu
trouveras les différents mots de passe dans un papier à l’intérieur du sac pour
pouvoir y accéder.
Je
fais une légère pause avant de continuer.
—
Aussi, il y a une enveloppe d’argent à l’intérieur, tu pourras l’utiliser pour
ton voyage, tes frais d’inscription, ton logement, le minimum pour t’équiper et
ton taxi pendant quelques mois si tu gères bien.
Elle
resserre son étreinte autour de ma taille. Je soulève son menton pour croiser
son regard humide.
— Je
m’en vais, Winnie, et ce sera sans retour. Je ne t’écrirai pas, je ne
t’appellerai pas, une fois que je partirai d’ici tu n’existeras plus pour moi,
alors j’espère que tu feras les bons choix. Dans le fond, je me fiche
complètement de ce que tu deviendras.
Ses
larmes coulent, toutefois nos regards restent soudés.
—
Mais je sais une chose que j’ai vue : c’est que tu es une fille intelligente,
alors réfléchis bien à ce que tu vas faire, tu m’entends ?
Elle
remue affirmativement la tête.
—
Oui, répond-elle d’une petite voix en reniflant.
—
Ok. J’ai un dernier cadeau pour toi.
Je
soulève le petit sac en carton.
—
Tiens.
Elle
tourne son visage vers le sac et le prend. Elle met sa main à l’intérieur pour
en sortir d’abord le carton de parfum. Même si je doute qu’elle connaisse la
marque et qu’elle sache que c’est un original, elle esquisse néanmoins un
sourire sincère. Elle fait ensuite sortir les bijoux puis tourne la tête vers
moi.
—
Merci, Cal, dit-elle en souriant faiblement.
— De
rien, réponds-je.
On
se regarde dans les yeux. Elle lève ses talons et m’embrasse sur la bouche, je
réponds à son baiser.
— Tu
restes dormir ? demande-t-elle.
Je
regarde le décor derrière elle.
— Je
sais que ce n’est pas beau comme chez toi, mais j’ai une chambre à moi toute
seule où on pourra être tranquilles, précise-t-elle.
Franchement,
au point où j’en suis, ai-je seulement le choix ? Je ne saurai remonter à la
route avant le lever du jour, si je dois rester ici, autant mieux le
rentabiliser, non ?
— Je
te suis, dis-je.
Elle
se détache de moi, va récupérer le sac posé sur la table ainsi que son
téléphone. Elle revient éteindre la lumière ; désormais, seul l’écran de
son téléphone nous éclaire. Elle me devance, je la talonne jusqu’à une pièce
plongée dans le noir. Elle tâtonne le mur près de la porte pour actionner
l’interrupteur, la pièce s’illumine.
À
l’intérieur, une table en plastique sur laquelle reposent des cahiers ainsi que
d’autres babioles de l’école, devant elle une chaise en bois. Un peu plus loin,
un panier à linge à moitié plein. Deux rotins en bois de taille moyenne, sur
les étagères desquels reposent des vêtements pliés et rangés avec soin. Juste à
côté, un plus petit contenant des produits cosmétiques. Enfin, un lit recouvert
d’une moustiquaire attachée aux quatre coins, dont des trous çà et là ont été
recousus à main levée avec un fil noir.
Un
petit ventilateur repose près du lit et ses sacs sont accrochés aux murs sur
des pointes.
Elle
dépose les effets sur la table.
— J’ai
changé les draps hier mais si tu veux, je peux mettre de nouveaux, dit-elle.
— Tu
as dit que tu dors toute seule ?
—
Oui.
—
Alors ça va.
Je
dépose ma veste sur la chaise, sors mon téléphone et mets le réveil pour six
heures trente, au cas où je n’arriverais pas à me réveiller seul. Je le pose
sur la table avec les clés de la voiture, puis j’y dépose aussi mon
portefeuille et ma montre. J’aurais aimé prendre une douche rapide, j’ai
transpiré au club, mais je vais m’en passer.
Je
déboutonne et retire ma chemise, puis mes chaussures, et enfin mon pantalon. Je
me retrouve en caleçon et débardeur.
Elle
ferme la porte avec une cale et éteint la lumière. Sa silhouette se dirige
ensuite vers le lit ; je la suis. Le lit grince légèrement sous mon poids
et l’épaisseur du matelas est si ridicule qu’on a l’impression de dormir
directement sur le sommier. Ai-je encore besoin de répéter que les pauvres
existent ? Qui dort sur une chose pareille ? Je comprends maintenant
pourquoi elle prolonge ses nuits chez moi. Elle doit vouloir profiter d’un lit
décent et rattraper toutes les nuits douloureuses passées sur le sien.
— Il
n’y a qu’un seul oreiller, mais je peux te le donner si tu veux.
Je
ne me fais pas prier pour le prendre afin de soutenir ma tête. Elle passe
au-dessus de moi pour allumer le ventilateur, puis se couche sur ma poitrine.
Je pose mes mains sur ses fesses, sous son t-shirt. Mes yeux, déjà habitués à
la pénombre, parviennent à distinguer son visage et à rencontrer son regard
levé vers le mien. Elle rapproche son visage du mien et m’embrasse ; je
lui réponds. Le baiser est d’abord doux, puis devient rapidement plus exigeant.
Nos langues se cherchent, s’enroulent par moments, nos lèvres refusent de se
quitter, tandis que nos mains se font plus audacieuses. Les miennes parcourent
son corps en appuyant sur des zones stratégiques.
Je
finis par glisser mes mains dans son slip pour être en contact direct avec sa
peau. Je saisis ses fesses et les soulève en exerçant une pression ; elle
gémit contre mes lèvres. J’enfonce un doigt dans son anus, elle se fait plus
sonore. J’enroule un bras autour de sa taille pour la maintenir, me redresse
afin de m’asseoir, et elle replie ses jambes pour se retrouver à califourchon
sur moi. Je retire mes doigts, attrape son t-shirt et le lui enlève ; elle
fait de même avec mon débardeur.
Je
me penche pour déposer des baisers dans son cou, sur son épaule, avant de
descendre vers sa poitrine que je prends en bouche. Elle gémit en se penchant
légèrement en arrière pour me faciliter l’accès. Je passe une main dans son dos
pour la soutenir, tandis que l’autre se pose sur son second sein. Je suce et
malaxe ; elle gémit encore. Ma main glisse ensuite sur son ventre pour se
loger dans son slip. Je la retourne afin de caresser son sexe, déjà humide, et
j’insère deux doigts en elle.
— Ahn…,
gémit-elle la voix assez audible en se cambrant.
Je
bouge mes doigts.
— Ô oui,
Cal.
J’accélère
le mouvement et sa voix monte en intensité. Sa mère peut nous entendre ?
Qu’est-ce que j’en ai à foutre ? Au contraire, cela attise même mon excitation,
je veux qu’elle entende sa fille jouir quand je la baise. J’esquisse un faible
sourire à cette simple idée.
Je
laisse son sein et remonte sur son épaule, je le mords, son cou, il subit le
même sort. Je mets une pression sur son dos pour davantage la ramener vers moi.
Je mords le lobe de son oreille droit.
— Tu
as toujours les pilules ? murmuré-je.
— Oui.
—
Ok.
J’enroule
à nouveau mon bras autour de sa taille, je la renverse pour la faire coucher
sur le lit, je me mets au-dessus d’elle. Je délaisse son sexe et j’attrape les
rebords de son slip que j’ôte, il finit sur le côté. J’écarte ses jambes.
—
Dernière douche ? demandé-je.
— Vingt-deux
heures.
— Ok.
Je
me penche et la suce. Après quelques minutes, sa voix s’élève.
— Calvin…
Calvin… Calvin…, appuie-t-elle ma tête contre son sexe. Calviiiiinnnnnn…
Je
retire ma bouche en souriant et la remplace par deux de mes doigts. J’en
profite pour retirer mon caleçon, puis je me place au-dessus d’elle. Je retire
mes doigts et positionne mon sexe à l’entrée de sa cave. Je pose mes lèvres
contre les siennes et la pénètre lentement. Ses mains se crispent dans mon dos,
serrant la chair jusqu’à ce que je touche le fond. Son gémissement se perd
contre ma bouche. Je ne bouge pas, savourant le plaisir de remplir son
intimité.
Je
me concentre sur sa bouche et l’embrasse avec entrain ; elle me rend le baiser
en passant une main derrière ma nuque. Après quelques secondes, je commence mes
mouvements de reins. Elle se synchronise avec moi, nous dansons ensemble. Sa
main droite glisse le long de mon dos pour s’arrêter sur mes fesses, bientôt
rejointe par la seconde. Elle appuie. Je la connais assez pour savoir que son
orgasme est proche et que cette pression est une invitation à aller plus loin.
J’intensifie donc mes coups de reins. Des sons étouffés s’échappent de sa
bouche, puis, l’instant d’après, son corps se contracte et elle me serre fort
contre elle. Je ralentis le rythme pour lui laisser le temps de redescendre.
Deux
orgasmes de pur plaisir, sans aucune douleur. Je pense que c’est
suffisant ; elle peut s’en contenter. Pour les suivants, elle devra un peu
subir. C’est le game.
Lorsqu’elle
s’apaise, je l’embrasse une dernière fois puis me détache de ses lèvres. Je me
redresse légèrement, saisis ses seins et reprends mes va-et-vient en elle. Ce
sont les grincements du lit que vous voulez entendre ? Si sa mère dormait,
elle a forcément dû se réveiller.
— Calvin,
s’il te plaît, doucement, dit Winnie, embarrassée.
—
C’est ton lit qui parle, dis-je sans m’arrêter.
— Ô
mon Dieu…
Je
me retire et la tire pour qu’elle se redresse.
— Suce-moi,
ordonné-je en saisissant sa tête.
Elle
s’exécute et me suce quelques secondes, je l’arrête la retourne pour la prendre
à quatre pattes. Le bruit est encore plus bruyant qu’avant.
— Calvin,
les voisins, gémit-elle.
Je
gifle sur sa fesse.
—
Les voisins ne baisent pas ?
— Ô
Seigneur, Cal, ma mère est à côté, dit-elle, peinant à garder sa voix basse.
Je
saisis fermement ses hanches.
— Ce
n’est pas un bébé et elle sait que tu baises.
— Ahnnn…
J’accélère,
le lit accélère, Winnie essaie tant bien que mal de se retenir mais c’est peine
perdue. Quelqu’un cogne sur le mur.
—
Flora c’est comment chez vous là-bas ? crie une voix de femme.
—
Calvin, s’il te plaît, me supplie Winnie.
Je
passe mes mains autour de ses hanches et la redresse. Je me retire, l’entraîne
avec moi hors du lit pour venir la placer contre le mur sur lequel la personne
a cogné tout à l’heure.
Elle
me regarde dans les yeux.
—
Calvin…
J’esquisse
un sourire plein de vice et je l’embrasse quelques secondes avant de la
retourner et poser ses deux mains sur le mur. Elle veut les retirer mais je
mets une pression sur elle qui l’oblige à s’appuyer dessus. Je claque deux fois
ses fesses, la cambre davantage et la pénètre par son cul sans aucune douceur.
Malgré toute sa bonne volonté, elle ne peut empêcher le son qui sort de ses lèvres.
Je lui caresse le dos, je tourne mes mains pour aller le faire avec son ventre puis
ses seins.
— Ça
va ? demandé-je en pétrissant ses seins.
— Je
te déteste Calvin.
— Je
sais, dis-je un large sourire sur les lèvres.
Je
commence mes va-et-vient en elle, j’y vais fort, vite, on peut entendre mon
pubis frappé contre ses fesses. Elle-même cogne sur le mur, partagée entre
plaisir et douleur. On peut l’entendre dans la variance des gémissements
qu’elle émet. Quand ses jambes commencent à trembler, je m’arrête et me retire.
Je me colle à elle, passant mon bras droit autour de sa taille. Je la retourne
et la soulève par les fesses, elle s’accroche à mon cou, ses larmes coulent le
long de ses joues. Je l’embrasse sur la bouche, elle répond en reniflant.
— Je
t’ai fait mal ? dis-je entre deux baisers, doucement.
Elle
renifle.
Je
tire sur sa lèvre inférieure.
—
Win ?
—
Hun…
J’effleure
à nouveau ses lèvres.
— Je
t’ai fait mal ?
—
Oui.
Je
pose un petit baiser.
—
Désolé.
Elle
renifle.
— On
arrête ?
— Tu
n’as pas encore joui, dit-elle en reniflant.
—
Non, mais tu pleures, ce n’est plus jouissif.
Elle
laisse couler des larmes qu’elle essuie.
— Je
ne veux plus dans les fesses et puis que les voisins m’entendent.
—
J’ai compris. Alors on peut continuer ?
Elle
remue affirmativement la tête.
—
Oui.
Je
l’embrasse, elle répond avec plus d’entrain que tout à l’heure. Je me
positionne à l’entrée de son sexe et m’insère lentement en elle. Je l’enlève près
du mur et marche avec elle jusqu’à la chaise sur laquelle je m’assois, elle se
retrouve à califourchon sur moi. Je croise mes mains dans son dos, l’une
glissant jusqu’à ses fesses que je presse. Sans rien lui dire, elle prend les
rênes et tourne des reins dans une sensualité qui lui est propre, sans jamais
décrocher sa bouche de la mienne. Elle nous emmène tous les deux à la
jouissance ; je serre ses hanches en me libérant dans son intimité pendant
qu’elle resserre ses bras autour de mon cou.
Une
fois vidé, je décolle ma bouche de la sienne, je viens mordre son menton,
ensuite sa joue, son cou, son épaule, sur laquelle je m’attarde en y faisant
des bisous. Je reviens sur son cou et répète le geste avant d’aspirer son
odeur, en croisant mes bras dans son dos. Elle me caresse doucement la tête.
—
Même si ce n’est pas le cas pour toi, commence Winnie, moi je t’aime, Calvin.
Tu es le seul garçon que j’ai connu et je sais que je vais beaucoup pleurer
après ton départ, renifle-t-elle. J’aurais voulu continuer avec toi… dans ma
tête, je pensais que nous deux, ce serait pour toujours, du moins je l’ai
espéré.
Elle
s’arrête, sa voix est déjà trouble. Elle renifle deux fois puis reprend la
parole.
—
Mais ce n’est pas grave, poursuit-elle. Je veux tout de même te remercier pour
tout ce que tu as fait pour moi cette année et pour ce que tu es venu me donner
ce soir. Je te promets d’en faire un bon usage et aussi de faire les bons
choix.
— Ok,
réponds-je simplement après un moment.
Je
redresse ma tête pour la regarder de face, ses yeux sont humides et des larmes
perlent sur ses joues. J’esquisse un faible sourire, elle me le rend à travers
ses larmes. J’essuie son visage puis l’embrasse ; nous nous décollons
quelques minutes après.
— Tu
as de quoi nous nettoyer ? demandé-je.
—
J’ai du papier hygiénique.
—
C’est où ?
—
Là-bas.
Elle
montre le petit rotin sur lequel il y a des produits cosmétiques. Elle se lève
pour aller le chercher, sa démarche du canard ne m’échappe pas. Elle revient,
me le tend. Je découpe quelques carreaux que j’empile, je les lui donne. Je
refais un autre avec lequel je nettoie mon sexe et mon pubis.
— Il
y a un carton sous la table, c’est la poubelle, m’informe Winnie.
Je
jette le papier à l’intérieur, elle en fait de même. Nous sommes encore en sueur.
Je me lève pour braquer le vent sur la chaise, je l’attire à moi, nous nous
rasseyons sur la chaise, histoire de nous laisser sécher. Je récupère mon
téléphone sur la table pour regarder l’heure : quatre heures quinze. Je le
verrouille, elle pose sa tête sur mon torse.
— Ça
va me faire tout drôle de ne plus te voir, dit-elle.
— Ce
n’est pas comme si tu me voyais tous les jours, réponds-je.
—
Oui… mais je savais que tu étais là et qu’à un moment ou à un autre, tu
reviendrais. Alors que là ce ne sera plus pareil.
— Le
point positif, c’est que tu ne perdras plus ton temps à m’attendre puisque tu
sais que je ne reviendrai pas.
— Tu
ne pourrais pas un peu faire semblant ? Pourquoi ton cœur est aussi dur et tu
es cruel avec moi ?
J’esquisse
un sourire.
—
Vous les femmes, vous êtes trop maso et très souvent bêtes. C’est pourquoi on
vous ment dehors comme des idiotes.
— …
— Je
peux tout à fait te mentir et te dire ce que tu veux entendre, cela ne me coûte
rien de le faire mais je ne le ferai pas. Tu peux ressentir des choses et me
les dire ou non, cela n’engage que toi. Cela ne m’influence pas et ne me fera
pas dire ce que je ne pense pas.
— …
—
C’est sûr que quelque part, tu vas me manquer, car j’ai apprécié ce temps passé
avec toi et encore plus nos séances de baises, mais ce ne sera pas plus que ça.
Je ne me morfondrai pas en pensant à toi, je ne me ferai pas non plus de souci.
J’irai, je ferai mes études, je trouverai d’autres filles à baiser et la vie
suivra son cours. La petite parenthèse que tu as constituée sera fermée, et
basta. C’est pourquoi je te conseille de mettre tes pensées sur des choses qui
en valent la peine.
—
J’ai compris. J’ai sommeil, dit-elle d’une petite voix.
Elle
se lève et se dirige vers le lit en boitant. Elle s’essuie les pieds et monte.
Je la rejoins en faisant pareil, tout en ramenant le ventilateur sur nous. Je
me couche et la regarde : elle est allée se mettre à l’autre coin du lit
et s’est recroquevillée sur elle en me faisant dos. J’esquisse un faible
sourire. Sans lui demander son avis, j’enroule mon bras autour de sa taille et
la ramène vers moi ; elle renifle. Je la soulève pour la caler sur ma
poitrine.
— Bonne
nuit, Ella.
—…
— Ella,
j’ai dit bonne nuit, insisté-je.
—
Bonne nuit, Otando, renifle-t-elle d’une faible voix.
Je
pince son côté et elle gesticule.
— Calvin
arrête.
— Tu
arrêtes de pleurer dans ce cas.
— Il
faut me laisser tranquille, je pleure si je veux.
Je
la chatouille, elle éclate de rire…