''Entre peur et confiance''

Write by Corey's

Après avoir enfin entendu la vérité de la bouche d’Adriel, je me sentais un peu soulagée, mais mon esprit avait encore besoin de partager ce qui venait de se passer. Je pris donc mon téléphone et appelai mes amies pour leur raconter, page par page, ce qu’Adriel m’avait expliqué, comment il avait été honnête sur son passé, et comment nous avions traversé ensemble cette épreuve.

En écoutant mon récit, elles restèrent un moment silencieux, puis chacune donna son avis.
— Ma chérie, calme-toi un peu, me dit H. Laisse passer le temps, voyons comment ça évolue. Ce n’est pas parce qu’une femme est dans le passé qu’elle revient forcément.

Mais Mignonne, elle, n’était pas du tout d’accord :
— Doré, moi je te le dis franchement, dès maintenant, tu arrêtes cette relation !

J’étais un peu choquée par son franc-parler, mais H fut plus posée :
— Non, on ne peut pas décider si vite. Il faut laisser la relation se dérouler et voir jusqu’où ça peut aller. On ne connaît même pas cette femme en réalité, elle n’est pas là. On ne peut pas se baser sur des suppositions.

Je compris alors que toutes mes amies n’étaient pas forcément d’accord avec moi, certaines craignaient pour mon cœur et pour la suite. Mais au fond, c’était moi qui insistais, moi qui choisissais de continuer, parce que je croyais en Adriel et en ce que nous pouvions construire ensemble. C’est ainsi que je décidai de leur faire confiance, de les écouter, mais aussi de suivre mon instinct et mon cœur.

Malgré cette atmosphère apaisée et les petits bonheurs que nous partagions, la vie nous réservait encore une épreuve plus grande que tout ce que nous avions traversé jusqu’ici.

Un matin, je me levai avec un mélange d’appréhension et de curiosité. Depuis quelques jours, je ressentais des signes étranges et après beaucoup d’hésitation, j’avais décidé de faire un test de grossesse à la maison. Mon cœur battait à toute vitesse alors que j’attendais le résultat. Et là… je découvris que j’étais enceinte.

Une vague de panique m’envahit. Je ne m’étais jamais imaginée devenir mère si tôt. Mon esprit était dans tous les sens, entre la joie, la peur et l’incertitude. Je savais que je devais en parler à Adriel, mais je craignais sa réaction.

Le soir venu, je l’appelai, ma voix tremblante, presque étranglée par l’émotion :
— Adriel… je… je viens de découvrir que je suis enceinte… et la vérité, c’est que je ne sais pas comment je me sens.

Il resta silencieux un instant, puis, avec douceur et patience, il me demanda :
— Qu’est-ce que tu veux, Doré ? Parce que moi… je suis très content, hyper content de cette nouvelle, mais je ne veux pas te mettre de pression.

Je lui répondis honnêtement :
— Je ne sais pas… je… je ne suis pas prête.

Adriel soupira, puis dit calmement :
— Bon, calme-toi. Ce soir, je viens te récupérer et on passe la nuit ensemble. On en parlera.

J’acceptai, et plus tard dans la soirée, il arriva. Dès que je le vis, mon cœur se réchauffa. Nous parlâmes doucement de la situation, partageant nos peurs et nos doutes. Je lui expliquai clairement :
— Adriel… je ne suis pas prête à être mère. Je préfère interrompre la grossesse. Je… je ne me sens pas capable.

Il secoua doucement la tête, visiblement en désaccord, mais respectueux :
— Doré… je comprends… mais je veux être avec toi à chaque étape. Je veux que tu saches que je suis là, quelle que soit ta décision.

Il nous fallut plusieurs jours pour nous entendre pleinement sur cette décision. Mon cœur était rempli de confusion, de peur et de tristesse, et Adriel voulait m’accompagner dans chaque étape.

Pour commencer, il m’emmena chez l’une de ses grandes sœurs, qui travaillait dans un ministère. Il devait lui expliquer la situation, obtenir des conseils et s’assurer que tout serait fait correctement et en toute sécurité. Moi, je restai à l’extérieur, attendant. Je n’entendais pas exactement ce qui se disait, mais je sentais la tension et l’inquiétude dans son regard lorsqu’il revenait vers moi. Il me posait encore la question :
— Es-tu vraiment sûre de ça, Doré ?
Je hochai la tête, essayant de trouver le courage dans mes propres pensées.

Ensuite, tout se déroula en plusieurs étapes, étalées sur près de trois jours. La première fut la consultation médicale, où le médecin nous expliqua les différentes options et les risques, et me prescrivit des médicaments à prendre pour préparer mon corps à l’intervention.

Pendant toute cette période, Adriel resta à mes côtés. Il veillait à ce que je prenne les médicaments correctement, qu’on respecte les consignes, qu’on se repose et qu’aucun danger ne me menace. Tout cela se fit en privé, loin de ma famille. Je n’avais rien dit à mes proches, surtout pas à ma grand-mère, qui aurait été extrêmement inquiète. Nous gardions ce secret juste pour nous, pour protéger mon intimité et ma santé.

Deux semaines plus tard, après avoir pris les médicaments et suivi toutes les instructions, nous revînmes à l’hôpital pour l’intervention proprement dite. Ces jours-là furent parmi les plus difficiles de ma vie. Physiquement, l’intervention fut extrêmement douloureuse. Chaque instant semblait durer une éternité, et la peur, l’inconfort et la tristesse se mêlaient à la douleur. Emotionnellement, c’était un choc ; je devais accepter une décision difficile, affronter la réalité et gérer toutes mes émotions à la fois.

Mais malgré toute la douleur et la peur, Adriel ne m’a jamais quittée. Il me tenait la main, me parlait doucement, me rassurait et restait à mes côtés pendant tout le processus. Sa présence transformait cette épreuve insupportable en quelque chose de supportable, et je savais que sans lui, je n’aurais pas eu la force de traverser ces moments.

Après l’intervention, il s’assura que tout allait bien, qu’aucune complication ne survenait et que je récupérais correctement. Il géra toutes les dépenses, les formalités et toutes les démarches médicales, veillant à ce que je sois protégée et entourée. Malgré la douleur, la fatigue et les larmes, cette expérience nous rapprocha plus que jamais.

Et c’est ainsi qu’une épreuve que je redoutais au plus profond de moi devint une étape qui renforça notre lien. Chaque geste, chaque attention et chaque mot qu’il me donna pendant cette période resta gravé dans mon cœur. J’avais traversé quelque chose de réel, douloureux et compliqué, mais je savais que nous étions désormais capables d’affronter ensemble toutes les tempêtes, plus forts et plus unis que jamais. 

Une frasque pour moi