SPIN OFF
Write by L'UNIVERS DE JOLA
SPIN OFF :
**LESLIE OYAME ÉPOUSE MFOULA**
(Sonnerie du téléphone)
Arsène : (Me secouant) Ma douce ? Ma douce ?
Moi : (À moitié endormie) Hun ?
Arsène : Ton téléphone n’arrête pas de sonner.
Moi : (Les yeux toujours fermés) Tchuip. J’ai sommeil.
Il est quelle heure ?
Arsène : 3h du matin.
Moi : Ça c’est qui qui m’appelle à pareille
heure ?
L’appel se coupe et relance aussitôt. Je peste mais finis
par le prendre et regarder l’écran, c’est Lucrèce qui m’appelle. Je décroche.
«Moi : Allô ? »
«Lucrèce : (Les pleurs dans la voix) Allô maman »
Je me redresse automatiquement et m’assois en mettant la
lumière.
«Moi : (Inquiète) C’est comment Lucrèce ?
Pourquoi tu pleures ? »
« Lucrèce : (Pleurant) Je vais mourir oh
maman. »
Mon cœur a raté un battement dans ma poitrine.
«Moi : (Criant presque) Quoi ? »
Arsène : (Se redressant) Qu’est-ce qui se passe ?
«Lucrèce : (Pleurant) Je vais mourir
maman. »
« Moi : (Inquiète) Comment ça tu vas mourir
Lucrèce ? Il se passe quoi ? Tu es où ? »
«Lucrèce : (Pleurant) Je suis allongée par terre et
j’ai mal au ventre. Stp, viens maman, je vais mourir. »
«Moi : (Angoissée) Tu as déjà les douleurs ?
Loyd est où ? »
« Lucrèce : (Pleurant) Il est à la chambre.
Pardon maman viens. »
« Moi :
Calme toi Lucrèce, je vais venir. Demain matin je prendrai la première voiture pour
Lambaréné, mais calme toi d’abord stp. »
« Lucrèce : (Reniflant) Tu vas venir ? »
« Moi : Oui, je vais venir demain, enfin quand il
fera jour. Mais toi arrête de pleurer. Tu as mal quelque part ? »
«Lucrèce : J’ai mal au dos. »
« Moi : D’accord. Demande à Loyd de te masser en
attendant, quand il fera jour j’irai prendre les voitures pour venir là-bas.
Lève toi du sol et va trouver Loyd. »
«Lucrèce : D’accord.
Je vais envoyer quelqu’un pour venir te prendre à la maison demain matin. »
«Moi : D’accord, mais arrête de pleurer. »
« Lucrèce : (Reniflant) Je ne pleure plus. »
« Moi : Et
tu t’es levée du sol ? »
« Lucrèce : Oui, je retourne à la chambre déjà. »
« Moi : Quand tu seras au lit fais moi
signe. »
« Lucrèce : D’accord. »
J’attends un bon moment avant qu’elle ne le fasse. Je lui
demande de donner le téléphone à Loyd et elle le fait. Je demande à ce dernier de
la masser car elle a mal au dos, il acquiesce et on finit par raccrocher.
Arsène : C’est comment ?
Moi : (Soupirant) Je crois qu’elle ne va plus tarder à
accoucher et elle se plaint des douleurs dans le dos.
Arsène : Tu vas descendre demain ?
Moi : (Soufflant) Je vais y aller au moins pour la voir
ce week-end et l’apaiser avant de remonter et attendre que l’on me donne mon
congé là. Normalement si tout va bien, la fin de la semaine prochaine ce sera
bon.
Arsène : Ok. Si c’est juste pour le week-end, je vais y
aller avec toi et on va remonter ensemble lundi comme ce sera férié.
Moi : Et les enfants ?
Arsène : Ils iront chez Reine ou chez maman, je vais
voir avec l’une des deux.
Moi : Ok.
Arsène : Viens te coucher.
J’ai posé mon téléphone et je me suis recouchée sur sa
poitrine. Il a éteint la lumière mais j’ai eu du mal à me rendormir car mes
pensées étaient sur Lucrèce. Cette grossesse je l’ai sentie dans ma chair comme
si c’était moi qui l’avais enceintée. Dès le premier jour que j’avais su pour
son état et qu’elle m’avait dit qu’elle voulait manger la sauce dongosse, le
lendemain elle m’a appelée pour me dire qu’elle avait faim. Comme la blague, je
suis devenue sa cuisinière car l’enfant là voulait seulement manger ma
nourriture. Quand elle a commencé à m’appeler à 2h du matin pour me garder
éveillée jusqu’à 4h parce qu’elle voulait écouter ma voix, j’ai compris que
c’était grave. C’est quand elle est partie à Lambaréné à ses 7 mois de
grossesse que j’ai eu un peu de répit mais elle m’a fait promettre d’aller la
rejoindre pour son accouchement, j’ai donc pris mes dispositions pour prendre
mon congé pour ce mois. On parlait au téléphone tout le temps mais elle ne
m’avait plus dérangé comme cette nuit depuis son départ de Libreville, je veux
donc m’assurer que tout va bien ce week-end avant de remonter (…)
Arsène : (Rentrant dans la maison) T’es prête ?
Moi : Oui mais Lucrèce m’a dit qu’elle a envoyé le
chauffeur.
Arsène : (Fronçant les sourcils) Quel chauffeur ?
Moi : (Haussant les épaules) Moi-même j’en sais
rien. Dans la nuit elle m’a parlé de ça et tout à l’heure encore quand elle m’a
appelée, elle l’a redit. Elle me disait que Loyd donnait des directives et que
quelqu’un viendrait nous chercher pour nous conduire.
Arsène : Ah. (Regardant sa montre) En tout cas.
J’espère seulement qu’il ne mettra pas du temps, la route est longue et plus
vite on s’en va et tôt on y arrivera.
Je n’ai rien répondu et nous avons attendu une heure de plus
avant que mon téléphone ne sonne. J’ai décroché et un monsieur m’a dit être à
notre portail. Nous avons pris nos sacs et l’avons rejoint. Après les
salutations, il a démarré et au lieu de prendre la route des pk, il a plutôt
pris celle qui va dans les charbonnages.
Arsène : Euh mon frère, je crois que tu t’es trompé de
chemins là.
Lui : Non.
Arsène : On s’en va à Lambaréné.
Lui : Je sais. Nous sommes en train d’aller vers la
personne qui va vous y emmener.
Arsène : Ce n’est pas vous le chauffeur ?
Lui : Non monsieur.
Nous : Ah.
On s’est regardés. Il a continué son chemin et a dépassé les
charbonnages et le camp de Gaulle, il a pris la route du Lycée d’État avant de
continuer vers l’aéroport. Mfoula et moi on n’arrêtait pas de se regarder.
Pourquoi faire un aussi long tour alors que le chauffeur aurait pu aller une
bonne fois nous attendre ou nous rejoindre au pk8 ? Le gars est allé garer
à l’aéroport et est descendu.
Lui : Excusez-moi quelques minutes, je vais appeler le
monsieur.
Arsène : Ok.
Il est parti.
Moi : Ah, tout le tour là pourquoi ? Donc le
chauffeur ne pouvait pas nous rejoindre au 8 ? Après on va encore faire le chemin retour ?
Arsène : J’en sais rien. J’avoue que moi aussi je suis
intrigué.
Le monsieur revient et ouvre la portière arrière.
Lui : Svp, vous pouvez descendre, il vous attend.
Arsène et moi on se regarde et il descend en premier. Je le
fais à sa suite et nous nous retrouvons en face de 2 hommes en tenue de la
gendarmerie.
L’un des deux : Bonjour monsieur et madame Mfoula.
Nous : (Intrigués) Bonjour.
Arsène : Y a-t-il un problème ?
Le même : Je suis le lieutenant Moussadji et j’ai été
mandaté pour vous escorter jusqu’à Lambaréné.
Arsène : Euh, je crois qu’il doit y avoir une méprise.
(Regardant le chauffeur) On devait venir rencontrer un chauffeur.
Le monsieur : En effet. C’est moi, enfin pas le
chauffeur mais le pilote. J’ai reçu l’ordre de vous déposer tous les deux dans
la propriété de Monsieur Mbazogho et son épouse.
Moi : Ah.
Lui : Veuillez me suivre svp.
Ils se retournent et Mfoula et moi on se regarde une fois de
plus avant de les suivre. On marche à leurs suites pendant un moment et nous
arrivons devant un hélicoptère dans lequel on nous aide à monter en nous
donnant des consignes de sécurité. Je regarde Mfoula comme pour lui dire que
l’affaire est sérieuse hein. Le monsieur parle avec un autre qu’il appelle mon
général et il lui assure que nous sommes bien dans l’engin et que nous allons
décoller dans quelques minutes. Lorsqu’il raccroche, il nous dit que son chef
nous demande de l’excuser car il aurait voulu être là mais a été retenu pour
une réunion en nous souhaitant un bon voyage. Le monsieur monte ensuite avec
son collègue et nous décollons. C’est tellement surréaliste qu’il me faut
repenser à l’une des vidéos que Marwane m’avait envoyé dans laquelle Lucrèce était
avec Loyd dans un hélicoptère pour comprendre que ce n’est pas un kidnapping.
Nous arrivons 1h plus tard et nous survolons la ville avant d’aller nous poser
sur une grande propriété, plus précisément un vaste terrain bien entretenu. Le
monsieur nous dit que nous sommes arrivés et nous demande de retirer nos
ceintures de sécurité.
Le deuxième : Monsieur Mbazogho vous attend au sol.
Moi : Il est où ?
Lui : (Montrant une direction) Là-bas.
Je tourne la tête et je vois effectivement qu’il est là
debout avec les mains en poches vêtu d’un débardeur et un pantalon de type
cargo avec une babouche aux pieds et une casquette à la tête. Rien de compliqué
mais je ne peux m’empêcher de voir qu’il dégage quelque chose de fort, mon cœur
se gonfle de fierté dans ma poitrine. Arsène m’aide à descendre et Loyd vient à
notre rencontre.
Loyd : Bonjour.
Nous : Bonjour.
Loyd : (Se tournant vers les pilotes) Merci les gars et
dites au général que je lui passerai un coup de fil tout à l’heure.
Eux : D’accord monsieur. Bonne journée !
Il a levé son pouce et nous nous sommes éloignés de
l’appareil, ils sont partis.
Arsène : Tu aurais pu nous prévenir qu’on allait être
escortés, ta sœur avait maintenant peur d’être kidnappée.
Moi : Qui avait peur ? Je t’ai dit que j’avais
peur ?
Arsène : (Amusé) Tu avais peur, n’essaie pas de mentir.
Moi : Je n’avais pas peur. (Regardant Loyd) Et puis toi
là tu es maintenant ami avec les généraux hein, jusqu’à tu les réquisitionnes
pour faire tes déplacements.
Il sourit.
Moi : Tu souris avec qui ? Mon enfant et mes
petits enfants sont où ?
Loyd : À la maison.
Moi : C’est où ?
Loyd : Là-bas.
Je regarde la maison qu’il me montre et j’écarquille les
yeux et la bouche puis je regarde Mfoula comme pour lui demander s’il voit la
même chose que moi.
Moi : Attends, c’est moi qui vois bien ou bien je vois mal ?
Loyd : Tout dépend de ce que tu vois. On y va.
Moi : (Dépassée) C’est votre maison là-bas ?
Loyd : Oui.
Moi : Ah.
Loyd : Allons y. Donnez vos sacs.
Il les récupère et il nous devance. On le suit jusqu’à ce
qu’il traverse la barrière et que nous arrivions à proprement parler dans l’enceinte
de la maison. Je pose la main sur ma poitrine en regardant partout comme une
villageoise. Nous arrivons dans la maison et Leslie qui me voit en premier court
vers moi en criant '’mamie moi’’, je la réceptionne et la soulève. Lucrèce sort
d’une pièce avec une femme et Brain, elle marche aussi vite que son ventre le
lui permet et vient me serrer dans ses bras en pleurant.
Lucrèce : (Pleurant) Vous êtes venus.
Moi : Je t’ai dit que je viendrai non ?
Elle remue affirmativement la tête.
Moi : Arrête de pleurer maintenant, d’accord ?
Lucrèce : (Reniflant) Oui.
Elle essuie ses larmes et va chez Mfoula à qui elle fait le câlin
aussi.
Lucrèce : (Esquissant un faible sourire) Je suis
tellement contente de vous voir.
Arsène : (Souriant) Nous aussi.
Un monsieur est rentré dans la maison avec une adolescente.
Eux : Bonjour.
Nous : Bonjour.
Lucrèce : C’est maman Nicole et papa Mathurin, ce sont
eux qui nous aident ici à la maison et en prennent soin quand nous ne sommes
pas là. Elle c’est leur fille Célia.
Nous : D’accord.
Lucrèce : (À eux) Je vous présente mes parents Arsène
et Leslie.
Eux : (Souriant) Nous sommes contents de pouvoir vous
rencontrer enfin, nous avons énormément entendu parler de vous.
Nous : Nous sommes ravis de faire votre connaissance
également.
Lucrèce : Venez vous asseoir. Maman Nicole svp, apporte
nous à boire.
Elle : D’accord.
Ils nous ont conduits dans un grand salon et nous nous
sommes assis, moi avec Leslie dans mes bras et son frère qui est allé chez
Arsène, Lucrèce s’est assise à côté de moi et a posé sa tête sur mon épaule.
Lucrèce : Vous avez fait un bon voyage ?
Arsène : Oui
oui, c’était agréable. Même si on était très surpris au début mais on a
apprécié le trajet. D’abord c’était plus rapide et dans les airs, en plus
c’était une première expérience dans cet appareil, c’était agréable.
Lucrèce : Je suis contente, je ne voulais pas que vous
duriez sur la route alors nous les avons appelés.
Arsène : Ils sont à votre service ?
Loyd : Pas exactement. Je dirai que je suis ami avec
leurs chefs et de temps à autre on se rend des services comme celui-là.
Arsène : Je vois ( souriant) mais je vois que tu n’es
pas un petit monsieur hein Loyd, c’est à base de chauffeur et pilotes maintenant.
Il sourit. La dame de tout à l’heure revient avec un petit
chariot qu’elle pousse jusqu’à nous contenant des boissons et des amuses
bouches ainsi que des verres et ustensiles. Lucrèce la remercie et lui dit
qu’elle peut se retirer. Arsène Se redresse et annonce que nous allons prier pour
le voyage et notre arrivée ici, nous le faisons et à la fin Loyd fait le service.
Loyd : Quand on va finir, nous allons vous montrer
votre chambre et vous faire visiter la maison.
Nous : D’accord.
Nous avons mangé et ils nous ont fait faire le tour du
propriétaire avant de nous montrer notre chambre, les mots me manquaient pour
m’exprimer.
Lucrèce : On va vous laisser prendre vos aises et vous
attendre en bas.
Arsène : D’accord.
Ils sont sortis et ont emmené les enfants avec eux. Arsène
me regarde et sourit.
Arsène : Si tu vois ta tête actuellement hein.
Moi : Je suis dépassée Mfoula. À quel moment les
enfants là ont construit un truc pareil ? Seigneur Jésus, on parle bien de
Loyd mon petit frère qui a le petit studio au Camp de Gaulle là-bas ?
Arsène : (Souriant) Tu comprends maintenant que vous
l’avez sous-estimé pour rien. Sous ses airs calme et innocent se cache un
individu très dangereux, je l’ai très vite compris avec son histoire avec Lucrèce.
Ton petit frère est quelqu’un de très imprévisible et il sort toujours là où on
l’attend le moins.
Je n’ai pas répondu mais je confirme la véracité de ses propos.
Je dois admettre que celui que je connaissais et que je traitais comme un enfant
un peu inconscient et rêveur a disparu depuis des années et a fait place à
quelqu’un que je n’arrive plus à cerner. Son histoire avec Lucrèce m’a vraiment
montré que je ne les connaissais pas tous les deux et encore moins ce qu’ils
étaient capables de faire.
Je décide de faire le
tour de la chambre et je réalise que le design intérieur ressemble à notre
chambre au fromager. Le dressing est un poil plus petit de même que la
dimension globale de la chambre mais tout le reste est pareil jusqu’à la salle
de bain, je le fais remarquer à Arsène.
Moi : On dirait notre chambre.
Il regarde autour de lui.
Arsène : C’est vrai. (Faisant des mouvements comme pour
mieux confirmer) Ouais c’est ça, un peu plus petite mais c’est ça.
Moi : Est-ce une coïncidence ?
Arsène : J’en
sais rien. Range les choses et on redescend.
J’ai défait nos sacs et nous sommes retournés au salon où
nous avons trouvé seulement Loyd.
Loyd : C’est bon ?
Nous : Oui.
Loyd : Ok. Je suis en train de faire un tour rapide à
l’extérieur (regardant Arsène) et je me demandais si tu voudrais venir avec moi
ou tu préfères rester ici.
Arsène : Allons-y. Je crois que Leslie a des choses à
raconter avec sa fille.
Loyd : (Souriant) C’est certain. Ils sont à la cuisine.
Moi : (Montrant une direction) C’est là-bas non ?
Loyd : Oui. Bon nous on va y aller.
Ils ont pris la route de la sortie et je suis restée un
moment à les regarder avant de me diriger vers la cuisine où Lucrèce découpait
des condiments. Les enfants sont venus vers moi et je les ai soulevés.
Eux : On prépare mamie.
Moi : Ah bon ?
Eux : Oui.
Je me suis rapprochée.
Moi : Pourquoi tu ne t’assois pas pour le faire ?
Tu auras mal au dos après.
Lucrèce : Quand je suis assise, je suis lente.
Moi : Hum. Mais la dame qui était là est où ?
Lucrèce : Elle est dans sa maison. Je lui ai demandé
d’aller se reposer, je préfère préparer moi-même, elle m’aide avec le reste.
Moi : Assieds-toi, je vais le faire.
Lucrèce : (Souriant de toutes ses dents) Merci maman.
Moi : Hum. Tu savais que je devais dire ça hein ?
Elle élargit le sourire et je la regarde de travers avant de
faire descendre les enfants et me laver les mains. Elle m’indique un tablier
sur le mur et je viens me mettre où elle était pendant qu’elle s’est assise
juste à côté et s’est mise à manger des fruits dans une assiette.
Lucrèce : Papa est parti avec Loyd ?
Moi : Oui.
Lucrèce : D’accord. Ils sont allés prendre le poisson.
Moi : Je vois. C’est toi qui a donné le design de notre
chambre du fromager ?
Lucrèce : Oui. Quand on faisait votre chambre, j’ai
voulu que ce soit pareille afin que vous vous sentiez comme à la maison.
Moi : Donc les autres chambres ne sont pas comme
ça ?
Lucrèce : Non.
Moi : Je vois. Et vous avez construit la maison là
quand ?
Lucrèce : Pendant ma dernière année d’étude.
Moi : Je vois. Donc Loyd gagne bien sa vie ?
Lucrèce : Oui.
Moi : Ok.
Lucrèce : Tu es fâchée ?
Je la regarde.
Moi : Je devrais ?
Lucrèce : Je ne sais pas.
Moi : (Silence)
Lucrèce : On ne voulait pas vous cacher les choses,
c’est juste qu’on ne savait pas comment vous le dire à cause de notre situation,
pardon.
Moi : Je n’ai rien à te pardonner et cette histoire est
maintenant derrière nous. Je ne suis pas fâchée, je suis certes surprise mais
je ne suis pas fâchée. Au contraire ça me fait plaisir de voir que je n’ai pas
perdu mon temps avec vous deux. Quand je vois d’où vous êtes partis et ce que
vous avez pu construire ensemble aujourd’hui, mon cœur de mère ne peut être que
fière. Mise à part cette histoire avec Loyd, tu ne m’as jamais déçu et tu as
toujours su combler mon cœur d’un énorme sentiment de fierté. Aujourd’hui
encore plus qu’hier. Tu es allée à l’école et m’a ramené tous les diplômes
nécessaires, tu as décroché un travail et tu t’es trouvée un homme qui t’aime
et avec qui vous construisez quelque chose de solide sur tous les plans, c’est
tout ce que j’ai toujours voulu pour toi alors je ne peux pas être fâchée quand
je vois de telles choses (lui caressant le visage) je suis très fière de toi.
Lucrèce : (Émue) Merci maman (Enroulant ses bras autour
de ma taille) Tout cela n’aurait jamais été possible si tu n’avais pas pris
soin de moi avec papa. Je vous dois tout et je bénis Dieu tous les jours parce
qu’il avait permis que je devienne votre enfant. Je t’aime maman.
Moi : (Caressant sa tête) Moi aussi je t’aime mon bébé.
Leslie : Maman elle pieure encore.
On se met à rire et on se détache. Lucrèce essuie ses larmes
et moi je continue ce que je faisais. Finalement c’est moi qui prépare et après
on va se poser sur les transats au bord de la piscine. Mfoula et son parent
arrivent en début de soirée et rient.
Moi : Attends le poisson là était où à
Libreville ?
Arsène : (Amusé) On n’a plus le droit de se balader en
paix ici ?
Moi : Tu es venu ici pour te balader ou bien pour voir
ton enfant ?
Arsène : C’est pas avec mon fils que j’étais ?
Moi : Hum. En tout cas, j’espère de vous avez mangé
là-bas parce qu’on ne vous a rien gardé.
Arsène : (Amusé)C’est pas comme chez toi hein, ici il y
a le personnel de maison, on va les appeler afin qu’ils s’occupent de nous.
Moi : Ce n’est pas de ta faute.
Il se sont mis à rire et nous sommes tous rentrés dans la
maison. Nous avons rangé leurs achats et nous sommes passés à table avant de
nous poser et raconter. 1h plus tard nous sommes allés dans notre chambre où
Arsène a pris sa douche pendant que je parlais au téléphone avec les enfants.
Quand j’ai fini, je suis descendue et j’ai trouvé Lucrèce et Loyd en train de
jouer aux amoureux sur le canapé, je me suis cachée pour les observer. Loyd
était assis derrière Lucrèce et avait ses mains sur son ventre, il lui faisait
des petits bisous dans le cou et sur la joue en lui disant des paroles que je
ne comprenais pas mais qui apparemment étaient agréables parce que la concernée
avait un grand sourire. Au bout d’un moment, elle a tourné sa tête sur le côté
et ils se sont embrassés sur la bouche. Je me suis mise à sourire toute seule
en les voyant, je suis forcée d’admettre qu’ils forment un très beau couple et
ils semblent être heureux ensemble. J’ai fait demi tour et je suis retournée
dans la chambre où Arsène finissait de s’habiller.
Arsène : Pourquoi tu souris ainsi ?
Moi : Je viens de voir Loyd et Lucrèce en train de
jouer aux amoureux là-bas au salon
Il me regarde.
Moi : (Souriante) Et j’avoue qu’ils forment un joli couple.
Arsène : C’est maintenant que tu remarques ça ?
Moi : Je l’avais un peu vu le jour de leur mariage mais
j’avoue que c’est maintenant que je le vois réellement, j’ai pu voir un rire
franc et des regards sincères et brillants d’amour, je suis contente car au
fond c’est tout ce que j’ai toujours voulu pour les 2. Et quand je vois ce
qu’ils ont construit ensemble, je me sens tellement fière d’eux.
Arsène : (Souriant) Attends de mettre un pied hors de
cette maison pour te rendre compte que tu n’as pas encore vu grand-chose ici.
J’arque un sourcil.
Arsène : Ton petit frère est le propriétaire de cette
ville.
Moi : Pardon ?
Arsène : Loyd
est le propriétaire de cette ville et tu ne sais pas la meilleure.
Je le regarde.
Arsène : Nos noms et ceux de nos enfants sont placardés
un peu partout sur les enseignes de commerce.
Moi : Hein ????