CHAPITRE 51 : QUI SUIS-JE?

Write by L'UNIVERS DE JOLA

CHAPITRE 51 : QUI SUIS-JE ?

**LUCRÈCE MEFOUMANE**

Je me lève et je vais vomir dans le toilette pendant un moment avant de revenir dans la chambre et m'allonger sur le lit en mettant mes mains sur mon front tellement je suis épuisée. Loyd entre dans la pièce avec ma tasse de tisane dans un plateau.

Loyd : Tu as encore vomi ?

Moi : (Essuyant mon visage) Oui.

Loyd : Tu es sûre que tu pourras tenir le voyage ?

Moi : Ce n'est pas comme si j'avais le choix. Papa doit remonter et moi-même je reprends le travail après-demain. J'espère que cela va me passer.

Il me regarde et je lui tends la main pour prendre la tasse. Il se rapproche davantage et me la donne avant de s'asseoir à côté de moi. J'avale mon breuvage et je lui redonne le récipient vide puis je pose ma tête contre sa poitrine. Il se débarrasse de la tasse et s'arrange bien afin que je sois confortable, il se met ensuite à me caresser les cheveux.

Loyd : Je crois qu'on va devoir reporter le mariage civil aux vacances prochaines dans ta condition.

Moi : Hum. Encore heureux que nous n'ayons rien prévu d'extra parce que je ne me voyais pas en train de passer des coups de fils partout pour annuler.

Loyd : Il va quand même falloir en parler à notre entourage pour leur dire que c'est reporté.

Moi : Je sais. En même temps, je n'ai pas envie de faire connaître mon état pour le moment.

Loyd : C'est un mauvais timing. Les dates sont serrées. Il faudra bien justifier ce report.

Moi : On se repose des dépenses effectuées ces 2 derniers mois. Entre notre mariage, celui de Marwane et les voyages, tout le monde saura que c'est normal de repousser.

Loyd : C'est vrai mais tôt ou tard ça se saura.

Moi : Tant que j'ai terminé mon premier trimestre, cela me va.

Loyd : Ok.

Il prend sa main libre et vient me caresser le ventre, je lève la tête pour regarder son visage et je peux voir qu'il est content comme depuis le jour que nous avons appris pour cette grossesse, résultat de nos moments d'amour au Ghana. Quand nous sommes revenus au Gabon, comme convenu, nous avons directement pris l'hélicoptère pour venir à Lambaréné. Je passe les détails sur l'état de mon père quand il a vu et su qu'on venait dans cet appareil. Bien-sûr il savait qu'il n'allait pas s'arrêter à Libreville car j'avais écouté les conseils de maman et lui avais parlé pour lui dire que Loyd et moi voulions qu'il vienne avec nous chez nous. Je lui avais dit que je voulais qu'il sache au moins où j'allais vivre afin qu'en cas de soucis, il puisse savoir où chercher et aussi, cela allait lui permettre de faire un peu plus connaissance avec Loyd. Il avait accepté et nous étions donc venus avec lui. Ce que j'aime avec mon homme c'est qu'il ne fait pas beaucoup de bruit quand il agit, quand on dit que la royauté est un état d'esprit et quand tu es destiné à vivre dans l'opulence il y a des choses qui ne trompent pas, c'est réel. Quand on le voit et la façon dont il est simple, on peut facilement le négliger pourtant l'homme-là a quelque chose. Et parfois il pose des actes qui sont hors du commun mais il a l'air tellement naturel et confortable que tu as l'impression qu'il le fait depuis qu'il est né. Mon pauvre père était tellement dépassé qu'il ne savait plus quoi dire. Il n'arrêtait pas de me prendre à part pour me demander ‘’tout ça c'est pour lui ?’’. Il n'avait pas encore fini d'être surpris par notre moyen de transport qu'il n'a pas pu parler quand nous sommes arrivés à la maison. Heureusement nous avons su le mettre à l'aise et les enfants aidant, il a pu plus ou moins essayer de s'intégrer tout au long de ce mois. Il s'est fait des amis à l'église et nous avons vu qu'il a beaucoup apprécié l'activité de la pêche. En tout cas, tout s'est bien passé durant ce mois avec lui à Lambaréné, nous le laissons aller voir ses enfants et après nous allons le rappeler.

 En ce qui me concerne, ce qui m'a mis la puce à l'oreille sur mon état, c'est que j'ai fait un malaise pendant que nous étions à l'hôtel, j'allais tomber quand Loyd m'avait rapidement rattrapée.

Loyd : (Inquiet) Qu'est-ce qui se passe Reb ?

Moi : (Attrapant ma tête) Je ne sais pas, j'ai vu flou tout à coup et la pièce s'est mise à tourner.

Il m'avait regardée.

Loyd : On va faire un tour à l'hôpital.

Moi : Ce n'est pas nécessaire, c'est juste un coup de fatigue. (Me détachant de lui) Regarde, je vais

Je n'avais pas fini de parler que j'avais à nouveau failli m'écrouler. Il n'avait même pas continué à parler avec moi qu'il m'avait littéralement soulevée pour m'emmener à l'hôpital. Après examen et quelques heures d'attente, le résultat était sorti, j'étais enceinte. Nous étions sortis de la structure sans rien dire et étions directement rentrés à la maison.

Moi : (M'asseyant sur le lit dépassée) Je ne comprends pas comment cela a pu se passer, je ne

Loyd : (Venant s'accroupir devant moi en prenant mes mains dans les siennes) Pourquoi tu essaies de justifier cette grossesse ?

Moi : On ne, ce n'était pas prévu.

Loyd : (Souriant) Et alors ?

Moi : Ça ne te pose pas de problème ?

Loyd : (Souriant) Je viens d'apprendre que ma femme est enceinte et que Dieu veut nous bénir avec un nouvel enfant, quel type de problème cela peut-il me poser ?

Moi : (Silence)

Loyd : (Caressant mon visage en souriant) C'est l'une des plus belles choses qui puisse nous arriver mon amour (posant la main sur mon ventre) C'est notre cadeau du ciel qui est ici. Nous avons bien travaillé le mois dernier et avons été richement récompensés.

Je lui avais souri faiblement.

Loyd : Cette fois-ci, on pourra la partager tous les deux. Je suis tellement content.

J'avais souri davantage et il m'avait embrassé sur la bouche avant de me serrer dans ses bras. C'est le lendemain que les malaises avaient commencé à se manifester davantage et notamment les vomis qui sont ceux qui me fatiguent énormément. Le truc aussi c'est que nous allons par la route et c'est Loyd qui sera au volant, on ne sait pas comment cela va se manifester mais bon, pas le choix, je dois reprendre le travail après-demain (...)

Nous venons d'arriver à Libreville et il est 23h. Nous nous sommes énormément arrêtés en chemin au point où mon père a su que j'étais enceinte. Je lui ai demandé de garder ça pour lui pour le moment et il a acquiescé. Nous avons également profité pour lui dire que le mariage est repoussé jusqu'aux vacances prochaines. Comme il se fait tard, nous allons tous dormir chez moi vu que c'est là où nous sommes descendus à cause de papa, nous irons le déposer demain car il a beaucoup de bagages. À cause de l'heure, on ne tarde pas à aller au lit après avoir mis certaines choses au frais.

Papa : Tu auras la force de venir jusqu'à Atsimi Tsoss ? Sinon, il faut te reposer, mon fils va aller me déposer.

Moi : (Le taquinant) Donc on jette maintenant sa propre fille hein ?

Papa : (Riant) Mais non, c'est pour ton bien comme tu es fatiguée là, tu as besoin de te reposer.

Moi : Hum. En tout cas on va voir si j'ai la force de venir avec vous ou non.

On termine de manger et je vais rincer les choses. Après cela on parle encore entre nous puis vient l'heure de nous séparer de lui. On ne lui donne rien parce que nous l'avons déjà fait à Lambaréné, que ce soit en terme d'argent ou de présent. Je décide finalement d'aller avec eux mais les enfants et moi restons dans la voiture.

Papa : Je vais descendre pour chercher quelqu'un qui viendra avec la brouette.

Nous : D'accord.

Il est parti et nous l'avons attendu. Une voiture est venue garée devant la nôtre et 3 filles sont descendues vêtues de minirobes qui ne cachaient presque rien de leurs corps, Carmen était à l'intérieur et avait une longue perruque sur la tête. Elles étaient en train de rire jusqu'à ce que l'une d'elles me voit dans le véhicule et fasse signe à la concernée. Cette dernière m'a regardée avant de balancer sa perruque dans le dos, tourné ses talons et partir à la maison comme si de rien n'était. Si je dis que ça ne me fait rien, c'est que je suis une menteuse, mais bon, on m'a remise à ma place ici l'année dernière, qui suis-je pour parler les choses des enfants des gens ?

Mon père est revenu quelques minutes après avec l'un des jumeaux et il avait l'air tendu.

Michael : (Mon neveu) Bonjour.

Loyd : Bonjour.

Michael : (À mon père) C'est où les bagages que je dois porter ?

Loyd est descendu du véhicule et est allé sortir les choses du coffre pour les mettre dans la brouette.

Papa : (À Michael) Tu n'as pas vu ta mère dans la voiture ?

Michael : J'ai dit bonjour non ?

Papa : Ah Dieu, donc vous n'écoutez pas hein ?

Michael : (Silence)

Loyd : Nous allons chercher à rentrer papa.

Papa : D'accord mon fils et merci.

Loyd : Je vous en prie.

Papa : (À moi) Reste bien hein maman, je vais t'appeler.

Moi : (Esquissant un faible sourire) D'accord papa.

Les enfants : Bye papi.

Il leur a fait un coucou de la main et Loyd est revenu monter dans la voiture, il a démarré et nous sommes partis.

Loyd : Ça va ?

Moi : Oui t'inquiète, je vais bien.

Il a continué son chemin jusqu'au Fromager où nous devrions partir après avoir laissé mon père. Nous sommes arrivés et les enfants là sont venus me sauter dessus. On s'est fait des câlins et nous sommes rentrés à la maison. Loyd a fait descendre leur colis.

Moi : Maman est où ?

Gloire : Elle a fait un tour au marché, elle ne va pas tarder.

Loyd : Moi je vais continuer d'abord déposer le colis là au 9 et je vais repasser par ici.

Moi : D'accord.

Il nous a dit au revoir et il est parti. J'ai raconté avec les enfants jusqu'au retour de maman sur laquelle, mes enfants sont allés s'agripper. Après les bisous, câlins et autres, elle m'a regardée.

Maman : C'est comment tu es pâle comme ça ?

Moi : (Silence)

Maman : Eh, il a mis hein ?

Je gratte l'arrière de ma tête et mon cou, elle bouge la tête de gauche à droite.

Maman : Il faut seulement venir me laisser mes petits-enfants oh, moi-même je vais m'occuper d'eux, parce que là où ça commence là, ça ne va plus terminer.

Je ris.

Maman : En tout cas félicitations.

Moi : Merci.

Maman : Il est où ?

Moi : Il est parti au 9 déposer les choses qu'on a rapporté, il va revenir par ici.

Maman : Et c'est toi qui n'est pas partie saluer tes beaux-parents hein ?

Moi : (Grattant mon cou)

Maman : Il faut bien gratter le cou. Tu ne me vois pas aller tout le temps au 11 ? Tes beaux-parents sont au 9 et tu es là.

Moi : Je vais partir. C'est juste qu'avec mon état, on ne veut pas d'abord le faire savoir à tout le monde. Tu as su sans même que je ne parle et on ne veut pas que ça se sache avant la fin du premier trimestre, c'est pourquoi il est parti seul.

Maman : Hum. En tout cas.

Elle s'est rendue à la cuisine et je l'y ai suivie.

Maman : C'est ma glacière ?

Moi : Oui. Avec le sac qui est là.

Elle m'a remercié et a commencé à déballer. J'ai eu envie de vomir et j'ai couru à la douche pour le faire.

Maman : (À mon retour) Viens t'asseoir, regarde comment tu es pâle. Tu as même mangé ce matin ?

Moi : Un peu.

Maman : Tu dois manger Lucrèce.

Moi : Je n'ai pas envie de manger ce que je prépare.

Maman : Hum. Tu veux manger quoi ?

Moi : Le bouillon de sardines fraîches et la sauce dongosse.

Maman : Eh ! Attends, c'est moi que tu attendais ?

Je lui souris de toutes mes dents. Elle me menace et me dit qu'elle attend Loyd ici pour qu'il la paie puis elle envoie les filles au marché de Nzeng pour aller acheter des choses pour préparer ce que je veux manger. À leur retour, elle s'active et rien que l'odeur me fait saliver. Quand je mange même, je suis tellement contente que j'ai les larmes aux yeux. Loyd revient en même temps que papa. Lui aussi me demande si je suis enceinte puis nous félicite. Nous leur disons que nous allons renvoyer le mariage civil et ils comprennent notre position. Maman menace Loyd qui se met à rire et nous passons une belle journée avant de prendre congé d'eux le soir avec mes deux marmites que j'ai emportées…

QUELQUES HEURES PLUS TÔT

**ALICIA NDONG**

Je suis assise dans le bar du père de Toby, mon premier fils et je suis en train de boire une bière, c'est lui qui m'a appelée pour me dire qu'il voulait me parler. Il est occupé avec ses clients pour le moment puis quand il se libère, il vient vers moi.

Serge : Je suis là.

Moi : Ok, je t'écoute.

Serge : Tu as arrangé les problèmes avec ta sœur ?

Moi : (Fronçant les sourcils) Arranger quoi ?

Serge : Alicia, l'enfant là n'a rien foutu à l'école cette année, d'ailleurs on ne sait même pas combien de fois il est parti. Voilà le BEPC qu'il a raté par manque de suivi et le nécessaire.

Moi : Toi son père tu fais quoi ?

Serge : N'est-ce pas j'essaie de trouver des solutions ?

Moi : Et c'est quoi ta solution ? Que moi Ntsame, je pars parler à l'imbécile là pour venir faire si c'est quoi ? Tu es sérieux ?

Serge : Franchement je ne te comprends pas. Lucrèce s'occupait tranquillement des enfants et on ne sait pas ce qui t'a pris de lui faire des problèmes alors que tu sais que tu ne peux pas t'en occuper. Je te préviens, je vais prendre mon enfant.

Je me mets à rire et il me regarde.

Moi : Tu vas prendre qui ? Pour l'emmener où ? Dans votre boîte là ? Tu crois que mon fils peut accepter de venir vivre dans ta bicoque là ?

Serge : C'est ma maison que tu appelles bicoque ?

Moi : Mais c'est une bicoque. Ça c'est une maison ? Pardon Serge, ne me fait pas parler. Si tu ne peux pas t'occuper de ton fils, il va rester à la maison et puis c'est tout. C'est mon enfant que je vais aller vendre chez cette sorcière et son rosicrucien de mari pour me voler toutes les chances de mes enfants comme elle a fait avec nous ? Tu es bien malade.

Il soupire et s'en va.

Moi : (Parlant toute seule) Regardez-le, que moi je parte arranger les choses, arranger quoi ? Le vampire ? Voilà tonton Blaise qui est paralysé là-bas avec la bouche sur le côté depuis le mois dernier, il m'a dit que c'est elle qui lui a fait ça. Je préfère mourir plutôt qu'aller vers elle.

Je termine ma deuxième bouteille et je vais le voir derrière le comptoir.

Moi : Monsieur, je veux partir.

Serge : Mes 1000f.

Moi : Les 1000f de quoi ?

Serge : Des 2 bières.

Moi : (Riant) Tu es rigolo Serge, je jure devant Dieu. Tu crois que je vais payer ça alors que c'est toi qui m'a appelée dans ton bar ? Pardon, donne-moi l'argent je vais descendre à la maison.

Serge : Quel argent ?

Moi : L'argent que je vais aller acheter à manger pour ton fils.

Serge : Je n'ai rien.

J'attrape sa banane et je la tire.

Serge : (Me l'arrachant) C'est ta sauvagerie là que je n'aime pas avec toi.

Moi : (Attrapant son haut) La sauvagerie que tu m'as donnée non ? Donne-moi l'argent je vais partir pardon.

Serge : Alicia ?

Il a été interpellé par des clients qui voulaient partir. Il m'a poussée sur le côté et il est parti vers eux. Je n'ai pas paniqué et je suis allée me servir une 3e bière. Il est venu me trouver que j'avais déjà décapsulé la bouteille et pris une gorgée.

Serge : Je vais te faire du mal Alicia.

Moi : (M'asseyant sur sa chaise) Que qu'est-ce que tu vas me faire que je n'ai jamais vu ?

Il me regarde et soupire. D'autres clients s'en vont et on reste tous les deux dans le bar.

Serge : (Me donnant 5 milles) Je n'ai pas plus, tu finis ta bière et tu sors de mon bar.

Moi : C'est un nouveau bar ? Au lieu de dire que tu es content que je reste là avec toi tu veux me raconter des conneries (Envoyant ma main toucher son sexe à travers son pantalon) Hum.

Serge : (Retirant ma main) Arrête-moi ça.

Moi : (Souriant en continuant) Dis que tu n'as pas envie de me baiser ? Ta vilaine copine là ne connait rien faire et tu le sais.

Serge : Tu laisses Carole en dehors de ça.

Moi : (Amusée, ouvrant sa braguette) Tu sais que j'ai raison. Regarde même les vilains enfants que vous faites ? Tu peux les comparer à l'enfant que je t'ai fait ?

Serge : (Silence)

Moi : (Me mettant à genoux devant lui après avoir sorti son sexe) Dis que c'est faux ?

Il attrape ma tête et la ramène de sorte à ce que ma bouche touche son pipi, je l'ouvre et le mets à l'intérieur avant de le pomper. Il grogne et se met à bouger comme s'il me baisait la bouche. Au bout de quelques minutes, il me relève et soulève ma robe avant de me retourner, me pencher et me pénétrer. Il me laboure la chatte jusqu'à la jouissance.

Serge : (Se retirant de moi) Rentre chez toi Alicia et je ne veux plus te revoir ici. Tu laisses Carole et mes enfants tranquille.

Je baisse ma robe en riant avant de prendre ma bouteille et la vider. J'attrape son paquet de kleenex et je tire 2 avec lesquels j’essuie son sperme qui a coulé entre mes jambes et je balance ça au sol devant lui.

Moi : (Caressant son visage) Tu sais où me trouver pour plus. Bye chéri.

Il met sa tête sur le côté et me pousse pour me faire sortir derrière le comptoir, je ris et je sors complètement du bar. Le gars-là me fait trop rire, il joue toujours les sérieux alors que lui et moi on se connait ici au quartier. Il a été mon premier et moi la sienne. Je sortais avec lui avant que je ne le fasse avec mon oncle et on a continué ensemble jusqu'à ce que je couche avec son pote, qui était le papa de Carmen. Il s'était fâché et avait décidé que c'était fini, mais n'empêche qu'on continue toujours à le faire quand on le veut. Bref, j'arrive à la maison et je demande après Carmen pour savoir si elle est déjà revenue de sa sortie de la veille, ses frères me disent non, pas encore. Elle est partie avec ses copines à l'anniversaire d'un boss du pays qui les a invitées. Je suis contente pour ma fille et je lui ai dit quoi faire pour se faire remarquer de lui plus que les autres. Je lui ai dit d'avoir l'œil et voir si y a pas d'autres à qui elle peut donner son numéro de téléphone mais de bien choisir ceux qui peuvent dépenser de l'argent sur elle. L'autre connasse là pense qu'on ne peut pas vivre sans elle, on va lui montrer qu'elle n'est rien. Des bruits de gémissements me parviennent de la chambre de mes fils et comme Toby n'est pas au salon, je comprends donc que c'est lui qui doit baiser une fille du quartier et je souris. La façon que les petites filles là s'agitent au quartier ici pour lui mais je les comprends, mon fils est beau et est un vrai homme en bas, il ne blague pas avec elles.

Je suis interrompu par un de mes neveux qui crie que son grand père est venu et moi-même je sors pour aller voir que c'est vrai. Il est là avec un petit sac, il a grossi. À peine rentré qu'il commence à parler du désordre qu'il y a dans la maison et pourquoi une femme crie dans sa maison. Il va même jusqu'à cogner à la porte de Toby pour lui demander de faire sortir la fille là. Il parle et gronde pendant que Carmen fait son entrée, il la regarde de bas en haut avant de me regarder.

Papa : Alicia ?

Moi : Pardon, je ne veux pas le bruit.

J'ai attrapé ma fille par le bras et je l'ai emmenée dans ma chambre avant de claquer la porte…

**JANAÏ OLIWINA ÉPOUSE IKENA**

Ephraïm : (Entrant dans la chambre) Maman ?

Moi : (Couchée sur le lit) Oui trésor.

Ephraïm : Le pasteur est là.

Moi : J'arrive.

Il ressort et ferme la porte de la chambre. Je me redresse et m'assois difficilement sur le lit, je souffle un moment avant de prendre appuie pour me lever et je marche difficilement jusqu'au salon, papa Lilian est assis sur une chaise.

Moi : Bonjour papa.

Papa Lilian : Bonjour Janaï, ça va ?

Moi : Ça va papa.

Papa Lilian : Assieds-toi, il ne faut pas rester debout dans ta condition.

Je viens m'asseoir en face de lui.

Papa Lilian : Tu étais à ton rendez-vous à l'hôpital ?

Moi : Oui papa, tout va bien.

Papa Lilian : Gloire à Dieu.

Moi : Amen !

Papa Lilian : Maman Myrna m'a dit que tu as fait un rêve que tu voulais me raconter.

Moi : Oui.

Papa Lilian : Il s'agit de quoi ?

Moi : Dans le rêve, j'étais dans une forêt et quelqu'un est venu par l'arrière et m'a fermé la bouche. Il m'a ensuite soulevée et je me suis retrouvée attachée sur un tronc d'arbre, la personne a ouvert mon ventre et elle a pris mon bébé pour partir avec, c'est là où je me suis réveillée.

Papa Lilian : Tu as prié ?

Moi : Oui papa.

Papa Lilian : Ok. Nous allons encore prier pour demander la signification à Dieu.

Nous nous sommes mis à le faire. Ce n'est pas la première fois que je fais des rêves horribles depuis que je suis revenue au Gabon. Ça a commencé deux mois après mon retour quand j'ai découvert que j'étais enceinte. Depuis là, les rêves ont commencé à me déranger à chaque fois et j'ai du mal à dormir la nuit. Heureusement, je suis un travail avec papa Lilian et c'est ce qui m'aide avec les enfants. Nous restons dans une des maisons à l'arrière de l'église et nous prions ensemble selon le programme qu'il a établi. Les enfants aussi le font, notamment Ephraïm qui est maintenant conscient et comprend les choses. Il n'a plus rien vu et n'a pas non plus dessiné quoi que ce soit. Cela n'a pas été facile d'en arriver là où nous en sommes parce qu'à la disparition de leur peur un jour ici dans une des salles, les enfants avaient perdu l'usage de la voix le lendemain. Un jour je prendrai le temps d'expliquer ça mais Dieu merci, aujourd'hui ils parlent et vont bien.

Papa Lilian : (À la fin) En tout cas, nous restons en prière et à l'écoute des recommandations du Seigneur, il fera grâce.

Moi : Amen papa.

Il a encore parlé pendant quelques minutes puis il m'a demandé mon ordonnance pour pouvoir me prendre les médicaments et il est parti. Je suis retournée m'allonger à la chambre parce que je suis vraiment fatiguée, je suis à 9 mois de grossesse et normalement, je peux accoucher à tout moment. Mon téléphone sonne et je regarde, c'est un appel vidéo WhatsApp de la sœur d'Alex qui m'appelle tout le temps et de qui je suis encore devenue plus proche depuis la disparition de son frère. Je décroche et on prend des nouvelles, elle m'informe qu'elle a pu avoir son billet et qu'elle sera au Gabon pour venir prendre soin de moi et des enfants après mon accouchement. Oui, j'ai le soutien des gens à l'église mais personne de ma famille n'est au courant de ma présence là en dehors de Jaden. Lui-même est tellement traumatisé par ce qu'il a vécu pendant les deux mois où il a dû rester à l'église avec nous qu'il a dit qu'il était préférable que je reste là sans rien dire à qui que ce soit pour ne pas mettre quelqu'un en danger. Il m'appelle et m'envoie de l'argent pour mes besoins quand il peut, mais il ne vient pas ici. Sa copine aussi a accouché donc il est là-bas avec eux. Je ne lui en veux parce que je sais que ma vie n'est pas facile et je ne veux pas impliquer autrui à l'intérieur, c'est pourquoi j'ai accepté. Comme Ola, le sait, elle a décidé de venir prendre soin de moi comme quand j'avais accouché Jireh. Elle me donne plus de détails sur le voyage puis on se sépare (...)

Ola : (Me prenant dans ses bras) My dear, how are you ? I feel so good to hold you in my arms. (Ma belle, comment vas-tu ? Je suis tellement contente de te serrer dans mes bras.)

Moi : I’m fine Ola, God gracious to us. (Ça va Ola, Dieu nous fait grâce.)

On se sépare et elle me regarde avec une légère tristesse dans les yeux et sa larme ne tarde pas à couler. Sans que je ne le veuille, je la suis et nous pleurons toutes les deux pour la disparition de son frère. Il n'y a qu'elle qui peut véritablement me comprendre et partager ma douleur par rapport à cette situation. Elle sait combien j'ai aimé son frère, combien j'ai prié pour lui, combien j'ai espéré qu'il change, ce que j'ai vécu dans mon mariage avec lui et la douleur de sa disparition du jour au lendemain sous nos yeux. Elle connaît les rêves que je vis et la pression occasionnée par cette grossesse. J'ai énormément perdu du poids et elle le sait, c'est sans doute pourquoi elle pleure.

Moi : (Reniflant en essuyant nos larmes) We’re going home Ola, the sister who came with me is waiting for us outside. (On va aller à la maison Ola, la sœur qui m'a accompagnée nous attend dehors.)

Ola : (Reniflant) Okay.  (D'accord.)

On essuie davantage nos visages puis on s'en va. Je fais les présentations et je traduis la conversation car Ola ne parle pas français. On monte ensuite en voiture et on part à l'église où les enfants sont contents de la voir. Papa Lilian et sa femme passent à la maison et je leur présente Ola avec qui le courant passe bien. Ils sont contents de savoir que j'ai un proche avec moi. La même nuit même, je perds les eaux et on m'emmène à l'hôpital autour de 3 h du matin. Malgré quelques complications, j'accouche autour de 6h et l'enfant et moi allons bien, c'est une fille, Alexa IKENA. Nous faisons 2 jours à l'hôpital et on rentre à la maison (...)

Toc, toc?

Ola : Ephraim please whatch your sister for a moment, i’m going to see who knocked at the door. Your mo mis finishing her bath. (Ephraïm pardon, surveille ta sœur rapidement, je vais voir qui cogne à la porte. Ta mère finit de prendre son bain.)

Ephraïm : Okay auntie. (D'accord tata.)

Il y a un petit silence puis j'entends ‘’Jesus Christ'' suivi du bruit d'un verre qui se brise sur le sol.

Moi : (Depuis la douche) What’s happening. (Qu'est-ce qui se passe ?)

Silence.

Moi : Ephraïm ?

Silence.

J'enfile ma serviette et je sors de la douche pour la chambre, elle est vide. Je vais voir au salon et je tombe sur Ola étalée au sol, un homme est accroupi au-dessus d'elle et tente de la réveiller. Quand celui-ci lève la tête dans ma direction, mon cœur rate un battement et je recule comme si je venais de me faire pousser vers l'arrière.

Moi : (Après un long moment, incrédule) Alex ?

Alex : Bonsoir Janaï….

 

FIN !

 

[1]

   



[1] La suite de l’histoire de Janaï et Alex dans le livre qui leur est consacré.

L'histoire que vous lisez

Statistiques du chapitre

Ces histoires vous intéresseront

L'AMOUR SUFFIT IL ?...