CHAPITRE 50: REMETTRE LES CHOSES EN ORDRE.

Write by L'UNIVERS DE JOLA

 

CHAPITRE 50 : REMETTRE LES CHOSES EN ORDRE

**BHERNIE ELLO**

Tonton Remy : C'est un mensonge. Essonne fait attention aux gens hein ? C'est quoi ces mensonges ? Tu veux diviser la famille ?

Hilaire : C'est la vérité et d'ailleurs toi tu sors même avec tantine Aubierge.

Maman : (Tombant de son tabouret pour s'en rouler au sol) Oyoooh ! Tuez-moi en même temps au lieu de mentir sur mon nom oh. Tuez-moi oh, ça va finir. Comme on t'a dit que cette menteuse de Chancelle là t'a trahi avec sa famille de menteurs, c'est comme ça que tu veux salir les membres de cette famille ? (Se mettant à genoux en touchant sa poitrine) Moi ANDEME je peux m'associer avec des gens pour faire du mal à mon propre enfant ? Je peux faire une chose pareille ? Pourquoi l'enfant qui a la tête comme les poissons pourris qu'il pêche là ment comme ça ? C'est quel manque de respect au point de vouloir salir tout le monde ?

Tonton Rémy : (Se levant) Je préfère partir d'ici car je ne resterai pas là pour écouter les choses qui n'ont pas de sens.

Moi : (Sans le regarder) Si tu sors d'ici, tu assumeras les conséquences de ce qui se passera tonton, je te le promets.

Il s'est immobilisé.

Tonton Pascal : (Se mettant à genoux en pleurant) Je demande pardon à cette famille pour le tort que j'ai causé, je reconnais avoir participé au fait d'avoir agi pour faire partir maman de la famille mais je n'étais pas au courant de tout ce qui se dit ici. On était venu me voir uniquement le jour où j'avais appris que maman était stérile et que vous étiez revenus de chez les blancs pour faire les histoires de mère porteuse et ça n'avait pas marché. On m'a dit que je devais venir à la réunion et dire pour les rituels. Je ne connaissais pas encore le plan, c'est après ton départ que j'ai su et quand j'ai voulu refuser ta mère Aubierge m'a appelé pour me dire qu'elle avait la mémoire de la famille et qu'elle allait dire un à un tout ce qui est écrit dedans à mon sujet et au sujet de mes enfants.

Maman : (Se jetant à nouveau au sol) Tuez-moi, tuez-moi ça va finir une bonne fois pour toute. Je suis fatiguée oh. Je ne sais pas pourquoi on m'en veut dans cette famille. Quel crime ai-je commis oh Seigneur ? Est-ce parce que j'ai aimé mon mari et que je lui ai fait 5 enfants qui ont réussi ? C'est à cause de ça que les gens veulent me salir pour me détourner de l'amour de mes enfants ?

Tonton Pascal : Arrête de pleurer là, nous savons tous que ce sont des larmes de crocodile et que je dis la vérité.

Moi : (Prenant la parole) Je te remercie pour ta franchise tonton Pascal. Je n'ai rien à dire sur vos actions, que les esprits et les mânes des ancêtres fassent ce qui est juste afin que chacun reçoive le salaire de ce qu'il a travaillé. (M'adressant au reste de la famille) Cette réunion j'aurais pu la faire à huis clos afin que tout le monde ne sache pas ce qui se passe au sein de cette famille et que cela reste secret comme plusieurs choses par le passé mais si j'ai tenu à ce que nous soyons tous là c'est pour comprendre ce qui s'est passé et ce qui se passe dans cette famille. Je voulais mettre chacun sur le fait accompli pour que nous ouvrions tous les yeux et réalisons ce qui se déroule autour de nous. Longtemps vous avez été dans vos maisons sans savoir qu'il y avait des dangers qui planaient autour de chacune de vos vies et que je prenais sur moi afin que personne ne soit touché. Ces dernières années nous avons enregistré plusieurs morts et j'ai accepté sur moi de porter le poids de ces accusations sans rien dire à qui que ce soit. La vérité, si vous avez des oreilles pour entendre, vous l'avez tous entendue. Nous étions chez les parents de Lucia la semaine dernière et pour ceux qui étaient présents, ils ont vu ce qui s'est passé. L'acte que j'ai posé là-bas était loin d'être un acte anodin et pour certains d'entre vous ici, vous savez ce que cela signifie. Si j'ai tenu à ce que nous soyons tous là, c'est pour vous faire réaliser les choses et mettre chacun en face de sa responsabilité. Si avant j'étais le bouclier qui encaissait tout à votre place et que vous n'étiez pas inquiétés, il n'en sera plus de même à partir d'aujourd'hui.

Chacun se regarde avec les yeux pleins de confusions.

Moi : Vous avez vu ce qui se qui s'est passé et vous savez que les vérités invisibles sont bien réelles alors celui qui ne se lèvera pas pour préserver sa vie et celle des siens choisira lui-même de se livrer à la merci des autres parce que moi ELLO Obiang Bhernie Céleste (sortant tous les attributs liés à ma position que je dépose devant eux) je renonce à ma position et à ce titre.

Tous les visages sont devenus graves.

Moi : Vous avez voulu la chefferie, je vous la donne et que celui qui se sent et se sait capable d'endosser cette responsabilité, la prenne. Je parle aujourd'hui devant tous les membres de cette famille, sur la terre de nos ancêtres et devant les tombes de mes prédécesseurs. Je renonce à tout ce à quoi impliquait ma position au sein de cette famille et je me déconnecte de tout ce que l'on peut appeler autel dans cette famille.

Il y a un violent coup de tonnerre qui s'est fait entendre et la foudre est tombée sur un gros arbre derrière moi en le fendant en deux parties. Ils ont tous été effrayés et sont tombés des supports sur lesquels ils étaient assis, je n'ai pas bougé. Des grands pères et quelques oncles ont pris la parole à genoux.

Eux : Papa pardon, ne fait pas ça. Ne laisse pas le malheur s'abattre sur cette famille. Nous savons que nous ne t'avons pas rendu la tâche facile mais pardon, reprends tout ce qui t'appartient, ne fait pas ça.

Moi : Ma décision est irrévocable. À compter de ce jour, je ne serai plus l'intermédiaire entre vous et qui que ce soit. J'ai décidé d'arrêter avec les dieux qui ont géré cette famille ainsi que le culte rattaché à nos ancêtres, c'est terminé.

Ils ont mis les mains sur leurs têtes.

Moi : À partir d'aujourd'hui, chacun prendra ses responsabilités devant Dieu et lui-même pour sa vie et celle de sa progéniture. Vous êtes tout à fait libres de suivre la voie que vous voulez mais en ce qui me concerne, j'ai décidé d'aller à l'église parce qu'à partir d'aujourd'hui moi et ma maison nous servirons le Seigneur Jésus. J'en ai terminé.

Ils sont tous restés en train de me regarder puis j'ai dit à tout le monde que je retournais sur Libreville. J'ai été convoqué par le chef une fois de plus au corps de garde qui m'a demandé ce qui se passe et je lui ai répété ce que j'ai dit à ma famille. Il a essayé de me faire revenir sur cette décision mais n'a pas pu le faire. Je suis parti de là et j'ai rejoint Erine qui m'attendait dans la voiture, j'ai démarré et nous sommes rentrés sur Libreville.

Erine : Tu vas faire comment avec maman ?

Moi : J'en sais rien.

Erine : (Frappant ses mains l'une contre l'autre) Donc elle sortait avec tonton Remy. Je comprends maintenant pourquoi le courant ne passait pas avec tantine Jeannette.

Moi : Hum.

Erine : Mais cette femme n'a pas fini de m'étonner quoi. On peut avoir un mauvais fond comme ça au point de rentrer dans la famille de ton mari et causer tout ce désordre ?

Moi : (Silence)

Erine : Et tonton Sima, eeehhh. Non l'homme-là est dangereux. Et il a le courage de te donner Chancelle sachant que son fils et lui ont fini de faire leurs choses avec elle. C'est quelle sorcellerie ça ?

Moi : (Silence)

Erine : Non, les gens sont forts.

Elle a arrêté de parler pendant un moment avant de reprendre la parole.

Erine : Je suis vraiment désolée que les filles ne soient pas de toi.

Moi : Je sais.

Erine : Tu comptes faire comment d'elles ?

Moi : Pour le moment rien. Mais Lucia m'a dit de parler avec Chancelle et leurs pères pour voir s'ils sont d'accord afin que nous les récupérions car malgré tout ce sont nos enfants.

Erine : C'est vrai. Ça va me faire trop mal si jamais elles restent à Cocobeach.

Moi : Tout dépendra de ce que leurs parents vont décider.

Nous avons continué à discuter jusqu'à ce qu'on arrive à Libreville autour de 20h. J'ai laissé Erine chez elle et j'ai foncé chez les parents de Lucia. Elle était toute seule avec l'enfant car ses parents étaient de sortie, elle m'a fait un câlin puis un bisou sur la bouche avant qu'on ne s'asseye.

Lucia : Je n'ai pas arrêté de prier pour toi.

Moi : (Esquissant un faible sourire) Merci.

Lucia : Comment c'était ?

Je soupire longuement.

Moi : Terrible.

Elle me regarde et je lui explique ce qui s'est passé d'abord dans la réunion d'ensemble avec les parents de Chancelle, ensuite avec ma famille uniquement.

Lucia : Tu as vraiment tout rendu ? Même la bague ?

Moi : Oui. J'ai tout déposé.

Lucia : (Triste) Ça me fait de la peine. J'ai l'impression que nous avons tourné le dos à papa et à tout ce qu'il a représenté.

Moi : (Prenant sa main dans la mienne) Ne t'inquiète pas pour ces choses. Et aujourd’hui je sais que c’est toi qui avais raison, mon père ce n'était pas ces objets. La preuve, il ne nous a pas élevé en se basant sur ces attributs. Jusqu'à ce qu'il meurt, il a vécu une vie des plus ordinaire au point de nous avoir fait découvrir sa position à la dernière minute. Je crois que c'était pour nous faire comprendre que la vie c'est bien plus que les titres et les positions que l'on peut avoir. Ce que je garde de mon père, ce ne sont pas ces choses mais bien plus, ce sont les valeurs et les principes qu'il nous a inculqué car ce sont eux qui font de moi la personne que je suis (lui caressant le visage) alors ne t'inquiète pas.

Lucia : (Soupirant) D'accord.

Moi : J'ai découvert où était la caisse de mon père depuis tout ce temps.

Lucia : (Écarquillant les yeux) Vraiment ?

Moi : Oui. Tonton Pascal en a parlé pendant la réunion.

Lucia : C'est avec lui ?

Moi : Non. Avec maman.

Lucia : (Les grands yeux) Hein ?

Moi : Depuis tout ce temps, c'est elle qui l'avait.

Lucia : Mais comment a-t-elle fait pour l'avoir ?

Moi : (Levant les épaules) Je l'ignore. Tout ce que je sais c'est que c'était avec elle et qu'apparemment elle s'en servait pour faire du chantage à mes oncles.

Lucia : Seigneur !

Moi : Comme tu entends.

Lucia : (Dépassée) Et que comptes tu faire ?

Moi : Rien pour le moment. Je préfère digérer toutes les informations que j'ai reçues aujourd'hui avant de chercher à avoir une conversation avec elle.

Lucia : D'accord.

Faveur s'est réveillé et s'est mis à pleurer. Je l'ai soulevé et l'ai bercé en lui parlant doucement au creux de son oreille comme j'ai pris l'habitude de le faire et il s'est automatiquement calmé, il n'a pas tardé à se rendormir. Les parents de Lucia sont rentrés, nous avons pris des nouvelles et je suis parti à la maison où j'ai eu la surprise de trouver Maman et Stella devant le portail. En dehors d'Erine, Lens et Rail, le gardien a interdiction de faire rentrer quelqu'un dans mon portail sans mon accord, donc cela ne m'étonne pas. J'ai garé à côté de sa voiture et j'ai baissé la vitre.

Moi : Je n'ai aucune envie de te voir maman alors si tu ne veux pas que je dise ou je fasse quelque chose de mauvais ce soir, quitte rapidement devant ma maison.

Maman : (Pleurant) Ils ont menti sur moi oh, je n'ai rien fait. Ils se sont ligués contre moi pour me détruire mais ce sont des mensonges mon fils.

Moi : (Impassible) Rentre chez toi maman, ne me pousse pas à bout.

J'ai klaxonné et le gardien a ouvert, j'ai fait rentrer ma voiture et il a refermé derrière moi(...)

Je suis en route pour la maison de mon père car j'ai convoqué une réunion là-bas avec mes frères et sœurs. Rail qui y vit toujours depuis lors mais qui s'est calmé et essaie de relancer sa vie m'a appelé la veille pour me dire que maman ne mange plus depuis que nous sommes rentrés de Cocobeach et cela fait maintenant une semaine. Je suis arrivé quelques minutes après et j'ai trouvé les autres déjà sur place avec maman qui est allongée par terre sur une natte.

Moi : Bonjour.

Eux : Bonjour.

Moi : (Prenant place) Qu'est-ce qui se passe ici?

Rail : C'est comme je te l'ai dit au téléphone hier. Maman ne fait plus rien ici et ce matin, Stella et moi l'avons trouvée là.

Moi : (Regardant Stella) Il se passe quoi?

Stella : Moi je ne connais pas.

Moi : Fais-moi gagner du temps Stella.

Stella : (Arrangeant les pans de sa robe) Elle ne mange plus parce qu'elle a dit que vous avez cru aux mensonges et lui aviez tourné le dos.

Moi : Je vois. (À ma mère) Je vais t'attendre dans ta chambre.

Stella : Elle ne peut pas marcher.

Moi : Ce n'est pas à toi que je m'adresse.

Stella : (Silence)

Je me suis dirigé vers sa chambre et je suis rentré. L'odeur à l'intérieur m'a de suite interpellé mais je n'ai rien dit. La porte s'est ouverte sur ma mère qui marchait comme si elle devait mourir et était habillée comme si elle était en deuil. Elle est passée devant moi et est allée s'asseoir sur le lit.

Moi : Je ne vais pas revenir sur ce qui s'est passé à la réunion la semaine dernière, je ne veux même pas savoir ce que tu fais et avec qui tu le fais. Je suis venu ici pour te demander 2 choses. La première est que tu cesses immédiatement ce chantage que tu penses vouloir faire car cela ne marchera avec personne. Si tu veux mourir, c'est ton problème mais tu ne mettras pas ça dans la conscience de Rail et Stella. Ce n'est pas parce que tu as initié Stella dans tes choses qu'elle est capable de supporter les conneries que tu es en train de faire.

Maman : (Éclatant en sanglots) Ô Seigneur !

Moi : (Ton dur) Je t'ai demandé d'arrêter ça.

Maman : (Silence)

Moi : Tu as une chance de te ressaisir et de demander pardon pour ce que tu as fait si tu ne veux pas que la petite considération que nous avons encore pour toi parte définitivement.

Maman : (Silence)

Moi : La 2e chose que je suis venu te demander est de me remettre cette caisse.

Maman : (Faussement surprise) Quelle caisse ?

Moi : Tu sais de quoi je parle.

Maman : Je n'ai aucune caisse. Je ne connais pas ça.

Moi : Si je passe cette porte pour partir chez moi, je ne répondrai pas quand tu subiras les conséquences.

Maman : (Silence)

Moi : Tu l'auras voulu.

Je me suis retourné et j'ai commencé à marcher vers la sortie.

Maman : Attends. Je, je vais te donner ça.

Je me retourne pour la regarder.

Maman : (Regardant au sol) Je, j'avais seulement pris ça pour cacher pour que ça ne tombe pas entre des mauvaises mains.

Moi : (Silence)

Elle s'est dirigée vers un coin de la chambre qui en apparence ne présente rien mais elle a répété des paroles avant de se baisser et ramasser quelque chose. Elle est ensuite revenue vers moi et a fait un mouvement comme si elle enlevait une couverture et la caisse est apparue.

Maman : Je voulais seulement garder ça.

Je l'ai regardée puis j'ai regardé la boite avant de la prendre et la poser sur un meuble. J'ai essayé de l'ouvrir mais c'était impossible.

Maman : Tu ne peux pas ouvrir ça tant que tu n'es pas marié.

Moi : Alors viens l'ouvrir.

Maman : Je ne peux pas.

Je la regarde.

Maman : Je ne peux pas ouvrir ça parce que je ne suis pas le chef de votre famille et je ne porte pas la bague.

Moi : Dans ce cas comment tu as fait pour savoir ce qui était écrit à l'intérieur et tu t'en es servi pour menacer les gens ?

Maman : J'avais déjà entendu ton père parler de certaines choses, c'est ce que j'ai utilisé en disant que j'avais ouvert la caisse.

Moi : Et comment tu as fait pour l'avoir ?

Maman : J'ai été mariée à ton père pendant des années, il y a des choses que j'ai vues et que j'ai apprises.

Moi : Hum. Dans tous les cas, c'est la dernière fois et je ne compte pas me répéter sur ton attitude maman. Je t'ai parlé une fois et je ne le referai plus. Si tu as un peu de dignité, ferme ta bouche et ne te fais plus jamais remarquer dans cette famille parce que ce que tu as fait n'a pas de nom.

Maman : (Pleurant) Ils ont menti sur moi, je ne

J'ai ramassé ma caisse et je suis sorti de la pièce sans avoir à écouter ses bêtises. Je suis retourné avec ça au salon.

Lens : Pourquoi tu mets les mains comme ça ?

Moi : (Arquant un sourcil) Tu ne vois pas ce que je porte  ?

Lens : (Intrigué) Non, tu portes quelque chose ?

Je le regarde avant de poser mes yeux sur les autres qui me regardent l'air confus, je comprends donc qu'ils ne voient pas la caisse.

Moi : Laissez tomber. Bref, j'ai parlé avec maman et tout est rentré dans l'ordre, elle va arrêter sa grève de la faim.

Eux : Hum !

Maman est revenue au salon et s'est mise à genoux devant nous.

Maman : (Pleurant) Pardonnez-moi mes enfants, je vous jure que je ne voulais pas vous faire de mal.

Erine : Tu ne voulais pas nous faire de mal alors que tu as fait croire à ton propre fils qu'il était le père des enfants des gens ?

Maman : Je ne savais pas.

Erine : C'est ça.

Maman : Je jure que je ne savais pas. Sima avait dit qu'il avait une bonne femme pour Bhernie et avait dit du bien de Chancelle. Je ne savais pas que c'était la femme d'Essone ni qu'elle était enceinte. Ils ne m'avaient rien dit sur ça.

Moi : (La regardant) Pourquoi papa avait décidé de t'épouser ?

Maman : (Silence)

Moi : Bref, nous savons tous les deux la vérité. (Aux autres) Je vais y aller.

Erine : Je viens avec toi.

Nous sommes sortis de la maison et sommes partis de là. Je l'ai laissée à son institut et je suis rentré à la maison. J'ai pris le temps de repenser à toute cette histoire pour essayer de la comprendre, je n'ai certes pas tous les détails mais je suis arrivé à cette conclusion : mon père avait rencontré une femme qu'il avait aimé et qu'il pensait épouser mais pour des raisons que j'ignore, il avait certainement couché avec ma mère qui avait tout fait pour tomber enceinte afin de le piéger avec quelques oncles qui ont dû lui dire qu'on ne pouvait pas avorter dans notre famille. Connaissant ma mère et son chantage émotionnel, elle a dû lui dire qu'elle allait le faire et que lui connaissant les enjeux, a dû se résoudre à la prendre pour femme en renonçant à celle qu'il aimait véritablement…

QUELQUES SEMAINES PLUS TÔT

**LUCIA MANGA MFOULA**

Aujourd'hui nous sommes mercredi et avec mes parents nous sommes allés chez les parents de Viclaire qui ont accepté de nous recevoir. En raison de l'emploi du temps de ce dernier qui est occupé pour le moment le week-end, nous avons mis ça pour cet après-midi. Ça va faire un an que notre mariage a été annulé et c'est la première assise que nous faisons avec nos familles. Comme l'a dit mon père la dernière fois, c'est quelque chose qui nous a échappé tellement il y a eu des choses. Entre le choc de la découverte de la grossesse, la colère, le rejet et le déroulement de la grossesse en elle-même, ce n'était pas évident de penser à faire cette assise. Nu été la conversation avec Bhernie qui nous a rappelé l'importance de rompre convenablement les relations antérieures, nous n'aurions certainement pas vu la nécessité de le faire et peut-être que cela aurait pu constituer un blocage pour nous après. Je lui avais déjà rendu sa bague de fiançailles par le biais de Lucrèce quand je l'avais retrouvée dans mon ancienne maison avec mon cadeau d'anniversaire.

Nous sommes arrivés et avons été reçus par lui-même qui est ensuite allé faire signe à ses parents de notre arrivée. On nous a installés dans le salon et donné la possibilité de parler. Mon père l'a fait et s'est excusé par des présents et des paroles en regrettant amèrement comment les relations se sont terminées entre nos deux familles. J'ai eu la possibilité de leur exprimer mes sentiments en leur disant que je m'en voulais pour ce qui s'était passé, que jamais je n'avais voulu lui faire du mal ni à sa famille et que j'étais vraiment désolée de leur en avoir fait. Ils ont acquiescé et ont pris les présents puis nous sommes partis de là (...)

Aujourd'hui c'est samedi et les parents de Bhernie viendront d'un moment à l'autre. Mes parents sont déjà là, pas en aussi grand nombre que le jour de nos fiançailles mais juste ceux qui sont considérés comme les piliers. Nous avons placé une petite tente dehors avec des chaises qui se font face afin que nos deux familles puissent s'y asseoir. Nous n'avons rien préparé de spécial à part ça étant donné que ce n'est pas censé être une cérémonie de réjouissances. J'ai juste mis une tenue présentable et la bague de fiançailles sur le doigt, je suis triste à l'idée de m'en séparer car elle avait une grande valeur sentimentale et représentait beaucoup de choses pour moi.

Lucrèce : Tata Luce c'est bon, ils sont là.

Je me lève pour sortir et elle court dans la douche pour aller vomir.

Lucrèce : (Accroupie devant le toilette) Ô mon Dieu !

Moi : (Devant la porte) Ça va ?

Lucrèce : (Crachant) Oui ne t'inquiète pas.

Moi : Il faut t'allonger quelques minutes car tu es pâle sinon tu risques d'attirer l'attention des gens.

Lucrèce : D'accord. Mais vas-y, je vais vous rejoindre après.

Moi : Ok.

Je suis sortie de la chambre pour la cour où étaient effectivement assises nos 2 familles. Je suis venue m'asseoir au milieu. Un de mes oncles a pris la parole pour dire que j'étais là et que nous pouvions commencer à parler. Il a donné la parole aux parents de Bhernie qui après l'avoir remercié comme il se devait, a expliqué le contexte dans lequel nos familles se sont rencontrées, les actes d'engagement qui ont été posés et notre cohabitation. Il a rappelé qu'ils avaient manqué à leurs engagements et souhaitaient ne plus poursuivre cette relation qui a été entachée. Ils sont donc venus me déposer chez mes parents et rompre tous les liens que nos familles avaient tissés. Mes parents ont dit avoir compris et ne se sont pas opposés à cela. Mes parents ont rendu les présents reçus de façon symbolique ainsi que la moitié de la somme versée. Bhernie s'est levé et est venu se placer devant moi, au milieu de nos 2 familles. Après avoir fait un petit discours où il s'excusait pour ce que j'ai subi, il a déclaré haut et fort qu'il renonçait à moi et que désormais j'étais libre de tout engagement avec lui. Dès qu'il a fini de parler, la bague s'est automatiquement desserrée sur mon doigt et je l'ai regardée avant de le regarder avec les grands, il a compris que quelque chose venait de se passer. Il m'a tendu la main et j'ai retiré cette bague les mains tremblantes avec des larmes coulant sur mes yeux pour la lui remettre. Il a fermé sa main et est retourné à sa place sans plus rien ajouter. J'ai fermé mes yeux et les larmes ont davantage coulé sur mes joues tellement j'ai mal au cœur.

Moi : (Dans ma tête) Seigneur faites que cette situation ne s'éternise pas, je veux retourner chez mon homme…


 
L'AMOUR SUFFIT IL ?...