Chapitre 2 : Tomber Des Nues.
Ecrit par L'UNIVERS DE JOLA
Chapitre 2 : Tomber Des Nues.
**Winnie Fleur Ella**
Je vais jusqu’à la sortie avec mes copines et nous nous disons au revoir. J’arrête un taxi et prends tout droit chez lui. Oui, je prends le taxi pour me rendre chez lui, parce qu’il ne veut pas que je monte dans le bus. La première — et seule — fois que je l’avais fait, il s’était fâché et m’avait crié dessus.
Je m’en rappelle encore comme si c’était hier : c’était un week-end, il m’avait dit qu’il voulait me voir et qu’il avait envie de moi. Seulement, il ne pouvait pas venir me chercher comme d’habitude et me disait que je devais m’y rendre moi-même.
Après toutes ces fois passées chez lui, j’avais eu le temps de mémoriser le chemin. Je connaissais tous les arrêts des bus, je pouvais me débrouiller comme une grande.
Il m’avait dit de payer le taxi et qu’il me rembourserait sur place, ou bien de monter et de l’appeler une fois dans le quartier pour qu’il paie. Pour me faciliter la tâche, j’avais pris un bus jusqu’à Delta, puis un autre jusqu’au Château.
Pendant tout le trajet, il n’arrêtait pas de m’écrire pour me demander où j’en étais, et bien sûr, je lui donnais ma progression. Une fois arrivée devant la ruelle qui menait à son entrée, je suis descendue. Il se tenait debout, les mains dans les poches, le visage fermé.
— Bébé, tu es là depuis ? dis-je en allant vers lui, un sourire sur les lèvres.
Il avait reculé pour que je ne le touche pas.
— Il y a un problème ? dis-je en m’arrêtant, intriguée
Il avait tourné les talons et s’était mis à marcher en direction de la maison.
— J’ai fait quelque chose de mal ? dis-je, confuse.
J’étais restée là quelques minutes puis, l’avais suivi en silence jusqu’à chez lui. Comme on était passé par le grand portail, j’avais salué le gardien et j’avais continué au studio. J’étais rentrée et je l’avais trouvé au milieu du salon, le visage plus fermé qu’à la route, il me fixait intensément.
— Bébé, il y a un problème ? dis-je, inquiète
— Un bus ? m’interrogea-t-il.
Je l’avais regardé, confuse.
— Tu es venue chez moi dans un bus ? insista-t-il.
— Le bus a fait quoi ? dis-je en ne comprenant pas.
— Sérieusement ?
— Il y a un problème ? dis-je, perdue.
— Tu viens chez moi en bus et tu me demandes s’il y a un problème, Winnie ? reprit-il en élevant la voix.
— …
— D’où ça te vient à l’esprit que tu peux venir chez moi en bus ? dit-il en touchant sa tête. Tu m’as déjà vu monter dans ce genre de choses ?
— ….
— Tu as déjà vu quelqu’un de cette cité descendre ici en bus ?
— ….
— Si tu n’as pas les sous du taxi, tu ne peux pas me le dire ? D’ailleurs, ne t’ai-je pas demandé de prendre une course que j’allais payer à l’arrivée ? Tu me prends pour qui et que veux-tu que l’on pense de moi, Winnie ? C’est mon image que tu veux ternir ?
— Je suis désolée, dis-je d’une petite voix. Je ne savais pas que je n’avais pas le droit de venir ici en bus. Je ne le ferai plus.
— Je l’espère bien pour toi.
On était restés en train de se regarder dans les yeux.
— S’il te plaît, ne reste pas fâché contre moi, suppliai-je. Je te promets que je ne le ferai plus.
— C’est bon, dit-il en soupirant
— Je peux te faire un câlin ? m’hasardai-je.
Il avait soupiré une fois de plus et m’avait tendu la main, que j’avais prise avant qu’il ne me serre dans ses bras. Il m’avait ensuite embrassée sur la bouche et m’avait demandé comment j’allais.
Le reste de la journée s’était déroulé sans encombre. Nous avions passé un bon moment à profiter l’un de l’autre, jusqu’à ce qu’il me dépose chez moi. J’avais compris la leçon : je ne suis plus jamais revenue là-bas en bus.
J’arrive non loin de son portail, je paie et descends. Je contourne pour passer par derrière : il y a un portillon qui donne directement sur les studios, sans avoir à passer par le gardien du grand portail. Eh oui, j’ai les clés… c’est chez mon chéri ou non ?—je souris.
Je rentre donc sans faire de bruit et arrive devant son studio, fermé mais avec les stores ouverts, signe qu’il est à l’intérieur. L’endroit est climatisé.
Une fois à l’intérieur, mon regard est attiré par deux verres posés sur la table basse et des vêtements éparpillés au sol, dont l’uniforme d’une fille. Mon cœur s’emballe et mon pouls s’accélère.
Je prends sur moi et m’avance, essayant de comprendre ce que mon cerveau refuse d’admettre : les vêtements au sol, les verres sur la table, et les gémissements qui résonnent de plus en plus dans la pièce.
J'arrive devant la chambre et pousse la porte qui est à moitié ouverte, je tombe sur lui en train d'aller et venir sur une fille qui se tient à quatre pattes devant lui et qu'il tient par les hanches.
Mon cœur rate un battement et tombe dans mon ventre me faisant lâcher mon sac lourdement sur le sol, cela les interpelle. Poussée par une rage sourde, je fonce sur eux et je les gifle dans le désordre en insultant Calvin de tous les noms d'oiseaux qui me viennent à l'esprit.
— Comment as-tu pu me faire ça, Calvin ? Espèce de chien. Salopard.
Je pleure et lance des coups dans le désordre.
— Et toi, connasse, crié-je en giflant sa pute.
Je l’attrape par ses longues mèches et je tire dessus, elle hurle. Ses tresses sont neuves et ça se voit que c’est encore serré, mais ce n’est pas mon problème, j’ai trop la rage en ce moment. Mes larmes ne cessent de couler de mes yeux en même temps que j’enchaîne les coups à la fois sur lui et sur elle.
— Tu vas te calmer, oui ? ordonne Calvin en me tirant pour me sortir de sa chambre
— Va te faire foutre, répliqué-je en le griffant et le giflant sur le visage
— Tu la fermes, grogne-t-il en me saisissant par le cou et en me plaquant violemment contre le mur, la voix grave
Je le regarde, choquée.
— Tu es malade ? Tu te prends pour qui pour venir faire ce tapage chez moi ? s’emporte Calvin
— …
— C'est moi qui t'ai appelée ? Ça ne va pas dans ta tête ?
— …
— C'est la première et la dernière fois que tu te permets de faire ce genre de conneries. D’ailleurs, tu dégages de chez moi sur le champ.
— …
Il me saisit par l'épaule et me tire jusqu'à devant sa porte pour me faire sortir avant de la claquer.
Je cligne des yeux plusieurs fois, essayant de comprendre ce qui est en train de se passer.
Il ouvre à nouveau la porte et me balance mon sac qui est resté à l'intérieur. Il a enfilé un caleçon, cependant il a dû le faire si vite qu’il ne s’est pas rendu compte qu’il est à l’envers.
— Fais-moi immédiatement sortir cette folle d'ici, crie Calvin au gardien
— Qu'est-ce qui se passe ici ? demande sa mère en apparaissant
— Rien, répond-il.
— Rien et on entend des cris depuis tout à l'heure ? Qui est cette fille ? insiste sa mère.
— C'est personne, dit-il en se tournant vers moi. Toi, dégage d'ici.
Je le regarde un moment dans les yeux, puis je me retourne pour sortir de leur concession. Dire que j’ai mal au cœur est un euphémisme : j’ai l’impression que quelqu’un est littéralement en train de me le broyer. Un peu plus loin, je dois m’arrêter et respirer par la bouche, tant la douleur m’empêche de respirer normalement.
Je pose ma main contre un mur et me penche en avant pour reprendre mon souffle.
— Ma fille, tout va bien ? demande une voix de femme.
Je lève la tête et vois une femme arrêtée dans sa voiture juste à côté. Je me redresse et hoche la tête en essuyant la larme qui coule.
— Tu es sûre ? insiste-t-elle.
— Oui… ne vous inquiétez pas, murmuré-je en forçant un sourire, la voix à peine audible.
Je reprends mon chemin et arrête un taxi.
— Trois mille, une place, carrefour Rio.
Il accepte. Je monte.
Le trajet se passe dans le silence. À destination, je paie et descends. Je trace directement à la maison sans parler à personne et, une fois à l’intérieur, j’éclate en sanglots, le maudissant par tous les dieux que je connais.
J’attrape mon téléphone et lui écris un long message :
Moi : Tu es un vrai sorcier, Calvin. Un connard. Un chien de la pire espèce. Après tout ce que nous avons vécu ensemble, tu oses me faire ça ? Aller avec une autre fille sur le même lit sur lequel on se retrouve tous les deux, Calvin ? C’est quoi ce manque de respect ? Tu me prends pour qui ? Après tout ce que nous avons partagé ? Tu n’as aucun respect pour les gens ?
Et comme si ça ne suffisait pas, tu te permets de me violenter et de me crier dessus comme si je n’avais aucun droit de me fâcher après ce que tu as fait. Tu me chasses et me demandes de dégager comme un chien ? Je n’ai pas de maison ? Tu m’avais trouvée à la rue, Calvin ?
Tu es un vrai enfoiré. J’aurais dû rester sur la première impression que tu m’as faite ce jour-là aux charbonnages. Si tu savais comme je regrette de t’avoir laissé me toucher. Tu es un connard, un chien, un rigolo de la pire espèce.
J’espère que tu vas crever dans d’affreuses souffrances. Imbécile. Et d’ailleurs, je ne veux plus jamais te voir près de mon lycée ou dans mon quartier. Entre toi et moi, c’est terminé. Idiot !
Je mets son numéro sur liste noire et le supprime. En même temps, j’efface toutes nos conversations, toutes nos photos… tout. Je nettoie tout. Quand j’ai fini, je reprends à pleurer. La douleur est intense dans ma poitrine. Seigneur, on fait ça aux gens ?
Je revois la scène en boucle dans ma tête : la façon dont il me saisit et me plaque avec force contre le mur. Je ressens encore la douleur au cou, dans le dos et à l’arrière de la tête, tellement il m’a fait mal.
La scène avec sa mère me revient aussi. Elle lui demande qui je suis, et lui répond que je ne suis personne. C’est cette phrase-là qui me blesse le plus. Elle me comprime la poitrine, et je sens une brûlure à l’intérieur.
— Ô mon Dieu, mon cœur me fait mal, dis-je, la main sur ma poitrine, en pleurs
Je m’assieds par terre.
— Je t’ai fait quoi, Calvin ? Je t’ai fait quoi au juste ? Qu’est-ce que je t’ai fait pour que tu me traites comme ça ? Je t’ai fait quoi ? Ô mon Dieu… mon cœur me fait mal.
Je m’allonge sur le sol et me recroqueville. J’ai l’impression que mon monde s’est écroulé sur moi. Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi à pleurer.
Ma mère me trouve dans cet état à sa sortie du travail.
— Qu’est-ce qui se passe ? demande-t-elle.
Je pleure silencieusement, toujours allongée par terre.
— Ce n’est pas à toi que je parle, Winnie ? Qu’est-ce qui se passe et pourquoi tu pleures comme ça ? s’approche-t-elle.
Mes larmes coulent de plus en plus le long de mes joues. Je me redresse et m’assieds.
— Il… il m’a trompée, maman. Je l’ai trouvé avec une autre fille et… et…
Je lui explique ce qui s'est passé et comment il m'a traitée. Elle m’écoute en silence jusqu'à ce que je lui dise que j'ai décidé d'arrêter cette relation. Et là, contre toute attente, elle me donne une gifle au visage, tellement violente que je la regarde avec de grands yeux.
— Tu es malade, Ella ? dit-elle, visage fermé.
Je touche ma joue, confuse.
— Finis de pleurer et tu vas retourner chez ce garçon pour t'excuser de toutes les absurdités que tu lui as dites, ordonne-t-elle.
— …
— On t'a dit qu'on quitte un homme parce qu'il nous a trompée ? Tu ne sais pas que tous les hommes trompent ? Tu es qui et il ne peut pas te tromper, Ella ? Tu es qui ?
— …
— C'est toi qui es pauvre et tu as des exigences ? On t'a dit que les pauvres ont des exigences ? Tu es folle ? Regarde, il ne faut même pas me faire monter la tension aujourd'hui là, tu comprends, non ? Un garçon qui s'occupe de toi, tu vas te permettre de lui dire que c'est fini ? Par rapport à qui ou par rapport à quoi ? Ça ne va pas bien dans ta tête ?
— …
— Il t’a trompée, et alors ? C’est lui qui t’a demandé de partir chez lui sans l’appeler ? Tu es d’abord partie chercher quoi là-bas ?
— …
— Et elle a le courage d’écrire pour dire que c’est fini. C’est la folie qui te prend ou c’est quoi ? Tu es folle, Ella ?
— …
— Écoute-moi très bien. Quand on est pauvre, on n'a aucune condition à donner à qui que ce soit, on prend ce qu'on nous donne et on reste à notre place. Si tu veux avoir des choix ou des exigences, deviens riche et là, tu pourras poser tes conditions. En attendant, tu te débrouilles comme tu veux, mais tu vas retourner chez ce garçon pour le supplier – à genoux s'il le faut afin qu'il te reprenne. Tu vas lui demander pardon pour toutes les conneries que tu as dites et que tu as faites. J’espère pour toi qu’il acceptera tes excuses et te pardonnera tes conneries. N’importe quoi, martèle-t-elle
Elle se lève et sort de ma chambre, me laissant sans voix et frappée par la violence des mots qu'elle vient de me dire.…
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