Chapitre 3: Tu N'es Personne.
Ecrit par L'UNIVERS DE JOLA
Chapitre 3 : Tu N’es Personne.
**Calvin Harris Otando**
— Je peux savoir ce qui se passe ? demande maman après le départ de Winnie.
— Il ne se passe rien, réponds-je.
Elle baisse son regard sur le caleçon que j’ai porté à la hâte puis revient sur mon visage.
— Fais partir celle qui est dans ce studio et rejoins-moi dans la maison, ordonne-t-elle.
Elle tourne ses talons et s'en va dans la grande maison. Je claque la porte derrière elle et viens m'asseoir lourdement sur le fauteuil, les nerfs à vif.
— C'était qui cette fille, Cal… demande Cyndi en sortant de la chambre.
— Bloque, je lève la main. Je ne suis pas d'humeur à répondre aux questions stupides. Voici la porte.
— Tu es un vrai connard, réplique-t-elle en venant récupérer son sac.
— C'est ça. Sors de chez moi.
— Tu es un rigolo et un fils de pute, ajoute-t-elle.
Je me lève, je la saisis par le bras, puis je la tire et la jette hors de mon studio avant de claquer la porte derrière elle.
— N’importe quoi. Je ne sais vraiment pas pour qui ces filles se prennent. Il y a des gens qui fument le chanvre dehors ici en grande quantité, ma parole, je marmonne.
Elles se permettent de me faire des scènes… en tant que qui ? Je ris nerveusement. Et l’autre là-bas est même allée jusqu’à me porter main, Seigneur, mais quel toupet ! Elle a eu de la chance que je ne frappe pas les femmes, sinon elle se serait pris la raclée de sa vie.
D’abord, tu débarques chez moi sans aucune invitation, ce que tu trouves te dépasse, et tu oses me faire une scène parce que tu te crois trop qui ?
— Pff… C’est ta faute, Calvin, pouffé-je. Tu as été trop gentil avec elle, mais on va rectifier les choses. Ce genre de conneries ne peut pas se répéter.
Je ramasse mes affaires qui traînent çà et là et je les range correctement. Je file ensuite dans la salle de bain pour prendre une douche, je me change, me parfume, puis je me rends dans la grande maison où je trouve mes parents et ma petite sœur installés dans la salle à manger.
— Bonsoir, lancé-je
— Bonsoir monsieur, répond maman
— Bonsoir, disent les deux autres
Je viens m'asseoir sur l'une des chaises vides.
— Bon appétit.
— Merci, répondent-ils
Je me sers à manger et mange sous le regard insistant de maman jusqu’à la fin. J’aide ensuite à débarrasser, et ma mère me retient dans la cuisine avec mon père.
— Quand je parle ici, on m’emmène le nom dans tous les sens, non ? C’est moi la méchante et la mauvaise. L’enfant là, il a quel âge ? lance-t-elle en me regardant. Monsieur, tu as quel âge ?
— Dix-huit ans, je réponds
— Et jusqu’à dix-huit ans, on doit te répéter les mêmes choses ? Je ne t’avais pas dit que je ne voulais plus de scandales dans ma concession avec toutes ces filles que tu ramasses, si c’est où ?
— …
— Tu crois que ma concession est un bordel ou un lieu où tu peux sans cesse jouer ces scènes dramatiques avec ces petites bordelles que tu ramènes ici ?
— …
— Parle à ton fils, Clovis. Parle à ton fils, dit maman en regardant papa. Je ne vais pas passer ma vie à parler de ses conneries. Ma patience a des limites ; qu’il ne me pousse pas à bout.
Il garde le silence. Elle balance le torchon et sort de la cuisine en murmurant des choses inaudibles. Je regarde mon père, qui me fait de même, et il soupire.
— On avait dit que tu resterais discret, Harris, me rappelle-t-il
— Et je l’ai fait jusqu’à présent. Je n’étais pas au courant que cette fille viendrait à la maison sans rien me dire.
— Et c’est qui cette fille ?
— Personne, je réponds
— Personne, et elle avait la clé du portillon arrière ? insiste-t-il les sourcils froncés.
— …
— Le gardien a dit à ta mère qu’elle n’est pas passée par le grand portail, sinon il ne l’aurait pas laissée entrer. Cela signifie qu’elle est passée par derrière et qu’il fallait qu’elle ait la clé pour le faire. Je suppose que c’est toi qui la lui as remise.
— C’était un malentendu, dis-je du bout des lèvres.
— Hum. Il te reste quelques mois ici avant de rejoindre ton frère. Je ne veux plus entendre d’histoires te concernant.
— J’ai compris.
— Tu peux t’en aller.
Je me retourne et m’exécute sans ajouter un mot. Je regagne mon studio et récupère mon téléphone que j’avais laissé en allant dans la grande maison. À l’écran, un long message de Winnie m’attend :
Winnie F. E : Tu es un vrai sorcier, Calvin. Un connard. Un chien de la pire espèce. Après tout ce que nous avons vécu ensemble, tu oses me faire ça ? Aller avec une autre fille sur le même lit sur lequel on se retrouve tous les deux, Calvin ? C’est quoi ce manque de respect ? Tu me prends pour qui ? Après tout ce que nous avons partagé ? Tu n’as aucun respect pour les gens ?
Et comme si ça ne suffisait pas, tu te permets de me violenter et de me crier dessus comme si je n’avais aucun droit de me fâcher après ce que tu as fait. Tu me chasses et me demandes de dégager comme un chien ? Je n’ai pas de maison ? Tu m’avais trouvée à la rue, Calvin ?
Tu es un vrai enfoiré. J’aurais dû rester sur la première impression que tu m’as faite ce jour-là aux charbonnages. Si tu savais comme je regrette de t’avoir laissé me toucher. Tu es un connard, un chien, un rigolo de la pire espèce.
J’espère que tu vas crever dans d’affreuses souffrances. Imbécile. Et d’ailleurs, je ne veux plus jamais te voir près de mon lycée ou dans mon quartier. Entre toi et moi, c’est terminé. Idiot !
Je lis et malgré moi, je ris. Je tente de l'appeler mais ça ne passe pas, apparemment, elle m'a bloqué.
— Tu fais bien. Tu allais m'entendre. Regardez-moi celle-là, dis-je avant de rire tout seul. Koh toi et moi c'est fini, on était d'abord en couple tous les deux ? je bouge la tête de gauche à droite. Quand je dis que les gens fument le chanvre dehors ici, on dit que j'exagère. Ça ce n’est pas le chanvre ? Harris, tu dois aller laver le corps quelque part, c'est sérieux.
Je verrouille mon téléphone et le balance sur les fauteuils. Je prends ma télécommande et mets la télévision. Je me pose de tout mon long sur le canapé et regarde mon film.
DEUX SEMAINES PLUS TARD.
Je suis garé devant le lycée d’État et j’attends Winnie, qui m’a littéralement supplié de la rencontrer parce qu’elle voulait me parler. Ça fait une semaine qu’elle a débloqué mon numéro et qu’elle s’est mise à m’envoyer des messages d’excuses, par rapport à tout ce qu’elle m’a dit, aussi bien dans son message que ce jour-là chez moi. Elle reconnaît avoir déconné. Elle dit qu’elle est désolée, que je lui manque, que cette histoire ne représente plus rien pour elle parce qu’elle se rend compte qu’elle m’aime plus que cette tromperie, et qu’elle est prête à me pardonner et à oublier.
J’ai lu ses messages et je n’ai rien dit, jusqu’à hier, où je lui ai envoyé un message pour lui dire que je passais la récupérer après les cours aujourd’hui, comme c’est vendredi. Elle a acquiescé. Je suis donc là.
Je la vois sortir de son lycée avec ses deux copines, comme d’habitude. Il me semble qu’elle a perdu du poids depuis la dernière fois que je l’ai vue. Son visage est un peu terne, mais elle reste jolie, surtout parce qu’elle est naturelle.
Quand je parle de naturelle, je veux dire qu’il n’y a rien de rajouté sur elle : pas de mèche, pas de faux ongles ou de vernis, pas de maquillage, rien. Certes, à l’école, ces choses sont interdites, mais même en dehors, pendant les week-ends ou les vacances, elle reste la même. Elle est naturelle et très belle. Ce n’est pas une beauté artificielle ou trafiquée par du maquillage.
C’est d’ailleurs cette beauté qui m’avait frappé la première fois qu’on s’est vus, dans ce fast-food l’année dernière, malgré la longueur de sa jupe. Dès qu’elle est entrée, nous l’avons tout de suite remarquée. J’avais décidé de l’aborder à la sortie pour prendre son numéro. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle me plante comme elle l’a fait, car depuis que je couche avec des filles à treize ans, aucune ne s’était comportée comme elle.
J’aurais pu laisser tomber, mais elle avait touché mon ego et ma sensibilité. Alors je m’étais promis qu’advienne que pourra : je devais coucher avec cette fille. Le lendemain, je m’étais pointé devant son lycée à la fin des cours, et ma bonne étoile avait fait en sorte qu’on se voie, seulement elle m’avait une fois de plus ignoré. Le même scénario s’était répété, jour après jour. Puis, au bout de je ne sais plus combien de temps, je l’avais suivie en voiture jusqu’à son quartier pour découvrir où elle vivait, puis j’étais rentré chez moi pour laisser passer un peu de temps.
D’abord parce que j’avais compris que le fait qu’elle soit toujours entourée lui donnait le courage de continuer à agir comme elle le faisait, ensuite, il fallait qu’elle comprenne que ma présence n’était pas définitive et qu’elle pouvait s’arrêter à tout moment, et enfin, je voulais créer un manque chez elle. Ça tombait bien, car j’avais aussi des devoirs au lycée, et je m’étais concentré sur ça.
Quand j’étais revenu, j’avais vu dans ses yeux qu’elle avait été contente de me voir. Malgré sa petite scène, elle m’avait donné son numéro. J’avais déjà obtenu la première chose que je voulais d’elle : son numéro. Mais je m’étais fait une promesse : la coucher avant d’arrêter et passer à autre chose.
Je l’avais volontairement laissée sans nouvelles, puis je l’avais contactée pour lui dire que je devais passer la prendre. Seulement, le lendemain, elle m’avait ignoré devant son lycée et m’avait écrit pour me défier. J’avais souri. Elle voulait jouer ? On allait le faire. J’avais gardé une fois de plus le silence.
Mais lorsque j’étais revenu, son père était malade et quelques heures plus tard, il était mort presque devant moi.
Je l’avoue, cela m’avait déstabilisé et j’avais dû remettre mes projets à plus tard. Ce n’était pas le moment. Je m’étais rendu chez elle et j’avais vu les conditions dans lesquelles elle vivait. Je la savais démunie, déjà à cause du quartier et des sacs et chaussures qu’elle portait, mais je ne savais pas jusqu’à quel point avant de voir la maison en planches dans laquelle elle vivait.
Sans le vouloir, j’avais ressenti un élan de générosité qui m’avait poussé à lui donner de l’argent sans qu’elle ne me le demande. J’avais aussi écouté les conversations lors du décès, où des gens parlaient de leurs conditions après la mort de son père et de comment elles auraient fait toutes les deux. Bref.
J’étais resté auprès d’elle pour la soutenir jusqu’à ce qu’elle reprenne de la pêche, et nous étions plus ou moins devenus ‘’amis'' C’est elle-même qui m’avait demandé ce que je voulais d’elle, et je lui avais répondu « rien ». Et c’était la vérité, à part peut-être le fait que j’avais l’intention de la coucher, mais sinon, je ne voulais rien d’autre d’elle.
Ma réponse ne lui avait pas plu, et son attitude après me l’avait fait comprendre. Je l’avais donc emmenée chez moi, et là, nous nous étions embrassés. Elle m’avait dit n’avoir jamais eu de relation avant, et je l’avais confirmé avec cette fois-là. Une, deux, trois et quatre fois, nous avions couché ensemble. J’aurais pu me retirer, mais je m’étais dit : pourquoi pas ? Au moins terminer avec elle jusqu’au bac, puis continuer ma vie en France au calme. Mais bon… voici ce qui s’était passé. Bref.
Elle monte dans la voiture.
— Bonjour., me salue-t-elle d’une voix faible.
— Hum. Mets ta ceinture, s’il te plaît.
Elle s'exécute et je pars de là pour aller me garer en face de la plage du Lycée Léon MBA, personne n'a parlé durant le trajet.
— Tu voulais me voir… je suis là, dis-je en retirant ma ceinture et en me tournant vers elle
— Je voulais simplement m'excuser une fois de plus pour tout ce qui s'était passé chez toi, et pour tout ce que je t'avais dit par la suite dans mon message, murmure Winnie en triturant ses doigts. C'était la colère qui m'avait poussée à me comporter de la sorte. Mais je peux te jurer que ça ne va plus se répéter. Je te demande pardon.
Je la fixe dans les yeux en silence, elle les baisse automatiquement.
— Tu as fini ? demandé-je après un moment.
— Oui.
— Ok. On va mettre les choses au clair entre nous, peut-être que ce n'était pas le cas dès le début.
— …
— T'ai-je une fois fait la cour ? demandé-je.
Elle lève les yeux et me regarde.
— Je t'ai posé une question. T’ai-je une fois fait la cour depuis que toi et moi on se connaît? insisté-je.
— Non, répond-elle du bout des lèvres.
— T'ai-je demandé une fois d'être ma copine ou petite amie ?
— …
— Ne me fais pas perdre mon temps, Winnie. Si tu sais que tu ne vas pas me répondre, tu descends de ma voiture, je n'ai pas que ça à faire, dis-je, exaspéré.
— Non, répond-elle difficilement.
— Bien. Quand tu m'as demandé ce que j'attendais de toi, que t'avais-je répondu ?
— Rien, dit-elle d'une voix enrouée.
— Très bien. À quel moment tu prends tes pieds pour débarquer chez moi, d'un sans ma permission, de deux pour me faire un scandale, de trois pour me porter main et de quatre pour m'insulter comme tu l'as fait ?
— …
— Qui penses-tu être pour faire une telle chose ? Qui penses-tu être, Winnie ? demandé-je.
— Personne, murmure-t-elle en coulant une larme qu'elle essuie, les pleurs dans la voix.
— Justement, tu n'es personne, absolument personne pour faire ce genre de choses. Tu n'as aucun titre dans ma vie et je ne te dois absolument rien du tout. Je drague qui je veux, je couche avec qui je veux, où je veux et quand ça me chante. Je n'ai aucun compte à te rendre. Tu n'es ni ma mère ni ma femme pour m'exiger quoi que ce soit. Tu ne débarques pas chez mes parents comme dans un moulin sans ma permission, tu ne lèves pas ta main sur moi, tu ne m'injuries pas et tu ne m'envoies pas des messages kilométriques pour m'écrire des conneries. C'est la première et l'unique fois que tu fais ce genre de choses, la seule et unique fois. J'espère que je me fais bien comprendre.
— Oui, murmure-t-elle les yeux fermés, la voix à peine audible.
— Tant mieux. Parce que je ne me répéterai pas.
— J'ai compris.
— Ok, dis-je en remettant le contact. Je te dépose chez toi.
Je démarre en silence et viens m'arrêter à son entrée.
— Tu as déjà tes tenues de sport pour le bac ? demandé-je sans la regarder.
— Non.
Sans rien dire, je prends mon sac sur le siège arrière et je récupère l'enveloppe que j'ai apprêtée pour ses tenues de sport, son taxi et tout ce dont elle pourrait avoir besoin durant cette période.
— Tiens.
— Merci, dit-elle, prenant l’enveloppe.
— Comme tu sais, nous allons commencer avant vous et allons finir aussi bien avant. C'est pourquoi nous n’allons pas nous voir avant que nous n'ayons tous les deux terminé. Je t'appellerai donc après les examens.
— D'accord.
— Et à notre prochaine rencontre, j'espère que tu auras récupéré ton poids.
—…
— Au revoir.
Elle hésite un moment et finit par descendre. Je soupire et démarre pour rentrer chez moi. Je vais m'efforcer à tenir « cette relation » jusqu'après les examens comme initialement convenu…
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