CHAPITRE 37 : S'HUMILIER

Ecrit par L'UNIVERS DE JOLA

CHAPITRE 37 : S’HUMILIER

**BHERNIE ELLO**

Lucia vient de me dire que ses parents m'attendent avec les miens ce soir chez eux. Dès qu'elle raccroche je fais un message à mes frères dans le groupe de famille, leur disant que je voulais les voir chez maman au plus tard à 15h et que c'était urgent. Ils m'ont questionné pour connaître les raisons mais je n'ai rien dit. J'ai personnellement appelé Stella et maman pour leur dire qu’elles ne devaient pas bouger de la maison aujourd'hui. J'ai appelé mes oncles et mes tantes 1 à un des 2 côtés pour leur dire qu'il y avait une réunion d'urgence à la maison sans donner le motif, même ceux qui étaient sur la route ont été convoqués et j'ai envoyé le moyen de transport pour les ramener sur Libreville. J'ai appelé Blaaz pour lui dire que j'avais besoin de 2 bus à 15h à Atsimi Tsoss et que j'allais régler la course. À la pause, j'ai fait un tour pour prendre le nécessaire à présenter lorsqu'on veut s'excuser. À 14h, je suis partie du bureau et à 15h, le ¾ des personnes étaient présentes, 10 minutes plus tard une 50aine était à la maison. Ils m'ont tous regardé.

Moi : Je vous remercie d'être venus. Je ne vais pas tirer en longueur car nous n'avons pas le temps. Si je vous ai fait appel aujourd'hui c'est parce que j'ai été convoqué ce matin au 11 par les parents de Lucia et je suis censé y aller avec ma famille. C'est inutile que je rappelle le tort que j'ai fait à cette famille et que je n'ai jamais eu l'occasion de réparer. Je veux récupérer ma femme et aujourd'hui est mon unique chance de le faire. J'ai l'intention de répondre à cet appel à 17h précise avec toutes les personnes qui se reconnaissent de ma famille afin d'aller demander pardon. Nous nous plierons à toutes leurs exigences sans aucune forme de protestation et même s'il faut pour cela ramper à leurs pieds pour que nous nous fassions pardonner, nous le ferons. J'ai mis 2 bus là-haut pour tous ceux qui voudront venir. Je ne forcerai personne à me suivre ni à faire quoique ce soit. Seulement la décision de chacun ici présent me déterminera s'il est de ma famille ou non. Et tous ceux qui m'accompagneront s'engageront à faire ce qui nous sera demandé une fois chez eux. Si vous savez que vous viendrez, passez à droite, et les autres, restez où vous êtes. J'en ai fini.

Je les ai regardés et Erine et Lens ont été les premiers à se lever pour passer à ma droite, Rail les a suivis

Une tante : De toutes les façons, la famille là est devenue n'importe quoi depuis que la petite là est partie ( Se levant) Mieux on s'en va la chercher.

Une autre : Je n'avais même pas compris pourquoi elle était d'abord partie avec tout le bien qu'elle faisait à cette famille. Une famille peut vivre normalement sans mère ? Une femme même que les génies avaient choisie ? Mais il faut être sorcier pour la refuser.

Elle s'est levée. Les uns à la suite des autres sont passés à ma droite. Il restait maman, ses 2 sœurs, son frère, Stella et 2 de mes oncles. Les sœurs de maman sont passées, son frère aussi et mes 2 oncles. Stella s'est levée et après avoir regardé maman, est passée de l'autre côté. Cette dernière n'a pas bougé.

Moi : (Aux autres) On s'en va.

Nous sommes sortis de la maison et sommes allés à la route. Pendant que les gens s’embarquaient dans les bus, maman est passée devant nous et est allée monter dans sa voiture et a démarré sans rien ne dire à personne. Les autres m'ont regardé mais je ne l'ai pas géré. 36 personnes sont allées dans les bus, Lens a pris quelques-uns, 2 cousins les autres et je suis monté avec les frères de mon père et Erine. Nous avons démarré et sommes allés en convoi jusqu'au 11. À peine on abordait leur entrée qu'un tonnerre a grondé et de suite une pluie subite est tombée. Elle n'était pas simple mais cela ne nous a pas arrêtés. Nous avons garé devant le portail et avons trouvé la voiture de ma mère là.

Erine : Ah, c'était ici qu'elle venait hein ?

Moi : (Sans répondre à la question) Il est quelle heure ?

Erine : 16h55.

J'ai retiré tout ce qui était électronique sur moi et je suis descendu pour aller sonner au portail.

Tonton Demba : (Guettant) C'est qui?

Moi : Bhernie.

Erine : (Derrière moi) Et sa famille.

Je me suis retourné pour voir qu'ils étaient tous derrière moi sous la pluie.

Tonton Demba : Ok, je reviens (...)

**LUCIA MANGA MFOULA**

Ya Reine : Avec la pluie là est-ce qu'ils viendront encore ?

Maman : Il est quelle heure ?

Lucrèce : 17h00.

Tonton Demba : (Cognant à la porte)

Papa : Oui Demba.

Tonton Demba : Il y a Bhernie qui est au portail avec sa famille.

Ya Reine : Ah, il est quand même venu hein.

Papa : Il n'y a plus de place pour garer à l'intérieur.

Tonton Demba : Ils ne sont pas dans les voitures.

Papa : Comment ça ils ne sont pas dans les voitures ? Ils se sont donc abrités où ?

Tonton Demba : Ils sont sous la pluie.

Nous : Hein ?

Tonton Demba : Ils sont debout devant le portail sous la pluie.

On s'est tous regardés avant de nous lever pour aller voir. Papa et maman ont pris les parapluies pour s'avancer et nous sommes restés à la terrasse. Tonton Demba a ouvert le grand portail et effectivement, ils étaient tous là sous la pluie, complètement trempés. J'ai mis ma main devant ma bouche dépassée par la situation. Nos 2 familles se sont regardées quelques secondes puis papa a fait un signe à tonton Demba de la tête pour leur demander de rentrer et il le leur a dit. Ils sont rentrés et se sont approchés, mes parents sont revenus à la terrasse. Nous étions abrités et eux toujours debout sous la pluie. Sans crier garde, Bhernie à la tête de la troupe, s'est agenouillé et tous les autres ont fait de même jusqu'à sa mère. J'ai écarquillé les yeux face à cette scène et nous étions tous choqués au point de se regarder les uns les autres. Mes larmes se sont mises à couler le long de mes joues.

 Papa : Svp relevez-vous.

Tonton Remy : Nous préférons rester dans cette condition car celle-ci traduit mieux notre pensée que tous les mots que nous pourrions vous dire.

Papa : (Silence)

Tonton Remy : Nous étions venus ici il y a 8 ans pour vous demander la permission de prendre votre fille avec nous et vous nous aviez accueillis et traités comme des rois. Jamais je ne pourrai oublier ce traitement. Vous ne nous aviez pas demandé grand-chose juste de prendre soin de votre fille, juste cette toute petite chose et nous avons failli. À tous les niveaux, nous n'avons pas su être à la hauteur. Et si nous n'avions pas eu le courage de venir vous voir après le départ de votre fille de la maison, ce n'était pas par manque de considération ou par mépris à votre égard mais par honte et par le fait de savoir que nous n'étions plus dignes de fouler le seuil de votre maison. Aujourd'hui même, cela n'a pas changé, nous savons que nous ne sommes pas dignes de vous, ni de nous retrouver là et nous savons qu'aucun mot ne peut être assez fort pour vous exprimer notre état de cœur, c'est pourquoi nous nous mettons à vos pieds ce soir, pour vous dire à quel point nous sommes désolés pour le sort qu'a subi votre fille dans notre famille et nous vous demandons pardon pour le tort que nous vous avons causé.

Personne n'a parlé avant que maman ne prenne la parole.

Maman : Vous aviez dit que mon enfant était stérile et inutile, et que c'était elle qui vous poursuivait dans cette relation. Je vous avais dit que j'espérais que vous et moi n'allions plus jamais nous recroiser et que vous ne franchirez plus jamais le seuil de ma maison.

Eux : (Silence)

Maman : (Regardant la mère de Bhernie à genoux dans un coin) Ma fille n'est-elle plus inutile aujourd'hui? N’est-elle plus stérile ?

Maman Aubierge : Je, je ne pensais pas ce que je disais. Pardonnez-moi.

Nous : (Silence)

Je me suis avancée et je suis passée sous la pluie.

Lucrèce : (Essayant de me retenir) Tantine Lucia.

J'ai continué et je suis venue me mettre debout à côté de Bhernie.

Moi : Papa, maman, vous ma famille, je sais que vous avez été déçus par moi, par Bhernie et même par sa famille. Je reconnais nos torts à chacun et je suis consciente de ce que j'ai pu vivre au sein de cette famille. Chaque famille a ses bons et ses mauvais côtés mais c'est tout ce qui fait une famille et c'est la famille à laquelle j'ai décidé d'appartenir, c'est ma famille. C'est pourquoi je vous supplie de leur pardonner et de leur accorder une 2e chance.

Papa : Est-ce que tu es consciente de ce que tu nous demandes Lucia ?

Moi : Oui papa, je le sais.

 Il m'a regardée pendant un instant avant de reprendre la parole.

Papa : Rentre rapidement t'abriter… avec ta famille.

Moi : Merci papa.

Papa : (Aux miens) Trouvez leur de quoi se sécher et qu'ils entrent dans ma maison.

Il est retourné et il est entré, tous les autres l'ont fait à sa suite. La famille de Bhernie s'est levée et nous sommes tous partis à la terrasse. Lucrèce et ya Reine ont apporté quelques serviettes, des lots des t-shirts d'association de maman ainsi que quelques pagnes pour les femmes. Les oncles de Bhernie ont eu des anciens pantalons de papa et les plus jeunes ses culottes. Moi aussi je suis allée me changer dans la chambre puis nous nous sommes tous retrouvés dans le grand salon. Certains se sont assis sur les fauteuils et les autres sur les chaises en plastique. Tonton Remy a repris la parole et a remercié mes parents de les recevoir avant de déposer des présents devant ma famille.

Papa : Nous n'avons pas besoin de ces choses comme nous n'avons besoin de rien venant de vous.

Eux : (Silence)

Papa : Je vous laisse rentrer dans ma maison aujourd'hui et à cause de mon enfant et de mon petit-fils, je décide de pardonner mais je n'oublie pas. Je n'oublie pas que je vous ai donné ma confiance et vous m'aviez payé en monnaie de singe. Je n'oublie pas que ma fille a été maltraitée dans cette famille et je n'oublie pas non plus que la vie d'un de mes petits-enfants a été ôtée.

Eux : (Silence)

Papa : Je pardonne mais avec des pincettes. C'est pourquoi je vous dis, je ne laisserai plus ma fille aller chez vous sans un engagement véritable ni la certitude qu'elle sera traitée comme il le faut chez vous.

Tonton Remy : Nous vous donnons notre parole que nous ferons ce qu'il faut dans les plus brefs délais.

Maman : Et qu'en est-il de cette autre femme ? Je n'ai pas accouché mon enfant pour être en rivalité avec qui que ce soit.

Tonton Remy : Rassurez-vous, il n'en sera jamais le cas. Notre fils a certes eu des enfants avec cette autre femme mais ne l'a pas conduite en noce car il n'avait jamais été question de noces entre eux. Nous nous sommes mal pris mais jamais nous n'avions eu le dessein de prendre une deuxième femme à notre fils. Lucia est et reste la seule femme que nous connaissons à notre fils, il n'en sera jamais autrement, vous avez notre parole.

Papa : Même si elle ne vaut plus grand chose aujourd'hui, je la prendrai malgré tout en vous mettant en garde que je garde mes yeux désormais fixés sur vous, à la moindre erreur, aussi infime soit elle, vous aurez de mes nouvelles. Je ne laisserai rien passer, un seul regard de travers, une parole déplacée, un comportement nocif et vous m'aurez sur le dos. Croyez-moi, ma fille aura beau être enceinte de nonuplés que cela ne changera rien au sort que je vous réserverai, cela je vous le garantis.

Eux : (Silence)

Papa : (Regardant les siens) Quelqu'un veut ajouter quelque chose ?

Ma famille : Non. Tout est dit.

Papa : Ok. J'en ai donc terminé.

Tonton Remy : Nous vous remercions.

Nous : (Silence)

Papa : Enlevez-moi ces articles de là et que l'on nous apporte à boire.

Ya Arsène a enlevé les présents apportés par la famille de Bhernie pendant que ya Reine, maman et Lucrèce ont apporté à boire, nous avons partagé ce pot et une demie heure plus tard, ils ont pris congé de nous.

Papa : (Me regardant) Tu as réellement décidé de retourner dans cette famille Manga ?

Moi : Oui papa.

Papa : (Regardant les autres) Nous avons tous entendu. Ça ne servira à rien aujourd'hui de t'empêcher d'y aller car tu as visiblement pris ta décision, c'est tant mieux. Nous sommes là et nous allons voir ce que l'avenir nous dira par rapport à ce choix.

QUELQUES HEURES PLUS TÔT

**AUBIERGE ANDEME **

Je regarde tout le monde aller du côté droit de Bhernie au point où même Stella s’en va pour me laisser. Après quelques minutes, ils s’en vont et je reste là à parler toute seule.

Moi : Ça c’est quelle sorcellerie encore en plein jour et puis la petite là ne va pas arrêter de m’humilier au point de me faire passer pour la méchante devant toute cette famille ? Même mes propres parents m’ont laissée pour aller la chercher ?

J’ai la rage et je décide d’y aller pour aller faire le désordre là-bas. Peut-être si j’insulte ses parents, ils vont définitivement garder leur sorcière de fille. Je vais rapidement me changer et je sors jusqu’à la route où je les trouve encore en train de réfléchir et décider sur qui monte où. Je monte dans ma voiture et je démarre sans rien dire à qui que ce soit. Je roule assez vite et j’arrive devant le portail. Je gare et je veux descendre du véhicule quand j’entends un violent coup de tonnerre et la foudre qui tombe juste à côté de mon pied, je sursaute en criant.

Moi : Waaaah

Je remonte rapidement dans ma voiture avec le cœur qui bat la chamade comme s’il allait sortir de ma poitrine. Je verrouille la voiture et la pluie se met à tomber à grosse goutte comme si c’était des glaçons qui tombaient sur ma voiture.  J’ai regardé devant le portail et j’ai vu une fumée blanche qui longeait tout le long et il y avait comme une main tenant une épée. Je suis restée là figée et c’est ainsi que les autres sont venus me trouver. Bhernie a ouvert sa voiture et est allé sonner au portail pendant que les autres sont descendus des voitures pour le rejoindre sous la pluie. Quelques minutes après, le portail s’est ouvert et j’ai attendu que les autres entrent pour descendre aussi et rentrer dans la maison, j’avais tellement peur que je n’ai pas voulu rester toute seule dehors. À peine nous sommes rentrés que Bhernie est allé s’agenouillé devant cette sorcière et ses parents et tous les autres ont suivi. Je ne sais même pas s’il comprend la signification du geste qu’il vient de faire. S’agenouiller comme ça devant eux c’est comme leur dire que leur famille est supérieure à nous tous, les parents de son père et mes parents en plus d’être comme leurs esclaves. Je l’ai fait à contre cœur parce la fumée qui était dehors était encore dans la maison et nous avait entourés de tous les côtés. Quand Rémi a parlé pour dire tout ce qu’il a dit, je pleurais dans mon cœur et ce tout le long où nous sommes restés chez eux jusqu’à ce qu’on parte de là-bas avec les t-shirt et les pagnes qu’ils nous ont donné comme si on était à un meeting de parti politique. Je suis montée dans ma voiture dès que nous sommes sortis de leur maison et j’ai démarré pour partir de là-bas sans écouter les paroles de remerciements qu’il disait aux autres quand nous sommes arrivés à la grande route et qu’ils se sont arrêtés. J’ai conduit tout droit jusqu’à la maison avec le cœur qui me faisait mal dans ma poitrine. De toute ma vie, je n’ai jamais été humiliée comme ça. Je suis arrivée à la maison et j’ai retiré leurs sales choses de mon corps avant de balancer ça parterre et me mettre à pleurer.

Moi : (Pleurant de colère et d’humiliation) Soit maudite et j’espère de tout cœur que toi et ton bâtard allez mourir en couche dans la souffrance espèce de grosse sorcière…


 
L'AMOUR SUFFIT IL ?...