Chapitre 16: un détail.

Write by L'UNIVERS DE JOLA

Chapitre 16 : Un Détail

Winnie Fleur Ella

I

l vient s’arrêter juste à côté de moi. Je me fige et regarde dans sa direction. Il baisse la vitre. Nos regards se croisent.

— Monte dans cette voiture, Ella, m’ordonne-t-il, le visage fermé.

—…

On se jauge quelques secondes.

— Ne me fais pas perdre mon temps, Winnie.

Je ne réagis pas. Il fait monter les vitres et commence à verrouiller les portières. Dès qu’il bouge la voiture, mon pouls s’accélère. Instinctivement, je cogne dessus. Il cale le moteur, déverrouille à nouveau les portières, je monte sans qu’il ne me demande de le faire. Il démarre aussitôt pour partir de là. Je serre ma sacoche et mon sachet de vêtements, le regard tourné vers l’extérieur.

— La ceinture, dit-il d’un ton ferme.

Je la mets sans le regarder. Le trajet se fait en silence jusqu’à la résidence où, apparemment, il est toujours. Il va se garer devant l’appartement et descend sans rien dire. Je le vois se diriger vers la petite barrière sans même m’attendre.

Je descends à mon tour avec mes affaires. Une fois hors du véhicule, il le verrouille à distance. Je le suis sans un mot.

Il ouvre la porte, entre le premier et allume les lumières. Quand je pénètre dans la maison, je vois l’emballage d’un préservatif vide qui traîne au sol et, un peu plus loin, le préservatif lui-même, rempli de sperme.

Je lève les yeux vers lui. Il est déjà assis dans l’un des fauteuils. Il n’a même pas fait semblant de nettoyer après le passage de cette fille.

— Viens t’asseoir, dit Calvin.

— Je n’en ai pas envie, répondsje.

Il me foudroie du regard mais je reste immobile.

— Tu veux davantage m’énerver, c’est ça ? demande Calvin, le visage fermé et la voix grave.

Je ne lui réponds pas.

— Viens t’asseoir sur ce fauteuil, Ella, je ne vais pas me répéter, insiste-t-il.

Je ne bouge pas. Il se lève brusquement et vient m’attraper par l’épaule pour me tirer.

— Tu me fais mal, Calvin, dis-je en essayant de me débattre.

— Je t’ai demandé de poser ton cul sur ce fauteuil, dit-il en me poussant dessus.

Je tombe presque allongée avant de me redresser. Je tente de me relever mais il me pousse à nouveau.

— Ne m’oblige pas à te faire du mal, dit Calvin, les yeux sombres.

— Faismoi mal, Calvin, j’ai dit que je n’ai pas envie de m’asseoir sur ces fichus fauteuils alors je ne le ferai pas, crié-je en me redressant en colère et en tentant à nouveau de me lever. Faismoi…

Je ne finis pas ma phrase qu’il me pousse à nouveau sur le fauteuil. Je rebondis et cette fois-ci, il me bloque dessus en m’attrapant par la tête. Je lutte comme je peux, même si je ne fais pas le poids.

— Je jure devant Dieu que je vais te faire du mal ce soir si tu me pousses à bout, Winnie, dit Calvin, énervé, maintenant ma tête sur le fauteuil avec une de ses mains et mes mains avec l’autre.

— Faismoi mal, Calvin, pleuré-je, tue-moi même si tu veux, je m’en fiche.

Il me lâche et recule. Je me redresse avant de me lever. On se regarde dans les yeux, ça se voit qu’il est en train de se contenir. Il a les mâchoires qui se crispent, une grosse veine qui traverse son front, les poings fermés. Je maintiens le contact visuel malgré les larmes qui perlent sur mes joues. Il tourne les talons et sort de la maison en claquant la porte. Je me laisse tomber sur le fauteuil, mes pleurs s’accentuent…

PLUS TÔT DANS LA JOURNÉE

Calvin Harris Otando

Je sors d’un entretien par visioconférence avec une école privée en France, dans les locaux de Campus France. Comme on m’a changé de destination à la dernière minute—je lève les yeux au ciel— je n’ai pas eu d’autre choix que de refaire certaines démarches. Le point positif, c’est que mon dossier reste le même, l’école aussi : seule la destination change.

À la base, j’étais censé aller à Paris. Finalement, ce sera Toulouse pour intégrer l’EPITA[1]. C’est une grande école d’ingénieurs française spécialisée dans l’informatique, les technologies avancées et les systèmes numériques. Tout ce qui touche à l’informatique et au numérique est pour moi une passion, mais bon, là n’est pas le sujet.

Je disais donc que je sortais d’un entretien. J’ai passé le test il y a trois mois et je l’ai validé ; nous avons simplement transféré mes résultats et ils ont demandé un entretien. Toute cette semaine, je n’ai pas eu une minute, plongé dans les démarches. Là, je rentre à la maison, je vais enfin pouvoir souffler un peu.

Je grimpe dans la voiture, je lance un appel à mon père pour faire le point, puis je rentre à l’appartement. Je file directement à la douche, j’en ai besoin. Vingt minutes plus tard, j’en sors revigoré. Je me place devant le grand miroir de la pièce, une serviette sur la tête pour m’essuyer. Je regarde mon sexe à travers la glace et je me rappelle en même temps que ça fait presque une semaine que je ne me suis pas vidé. Il faut que j’y remédie.

Je quitte le miroir et retourne dans la salle de bain pour me passer de la crème sur le corps, puis je m’habille. Rien de compliqué : un jean, un débardeur et un polo. Mon ventre gargouille, signe qu’il n’en peut plus d’être affamé. Je n’ai rien avalé depuis le matin et il est déjà treize heures. Je vais m’arrêter dans un restaurant en sortant.

J’enfile quelques bijoux pour terminer le look, un petit coup de parfum et c’est bon. Mon téléphone vibre sur le lit. Je le récupère.

À conclure : Pas de nouvelles ? Ne suis-je donc pas digne d’intérêt ?

Je souris devant ce message. Une fille que j’ai rencontrée au snack le jour où Winnie terminait ses épreuves du bac. On s’est écrit quelques fois puis j’ai zappé, j’étais assez occupé. Comme c’est elle qui me relance, c’est une bonne chose, j’ai besoin de me vider.

Moi : Hyper occupé, bébé mais maintenant j’ai pu me décharger, je suis à nouveau libre.

À conclure : Ai-je atteint le grade de bébé ?

Moi : C’est une évidence depuis le premier jour et c’est pourquoi tu m’avais donné ton numéro.

À conclure : Humm ! Quel est ce parent qui ne cherche pas à voir son bébé depuis autant de temps ?

Moi : Tu as parfaitement raison, c’est pourquoi je t’invite au restaurant de suite.

À conclure : Tu me fais marcher ?

Moi : Donne-moi ta position et je viens te chercher.

À conclure : Je suis à Mbolo.

Moi : Ne m’en dis pas plus. Accorde-moi, au trop, une heure, le temps de sortir de la zone.

À conclure : Ok.

Je pose mon téléphone, récupère mon portefeuille que je vérifie : argent et capote sont bien en place. Je le range à l’arrière de ma poche. Je prends mon téléphone et je sors de là pour Mbolo. Quarante-cinq minutes après, je suis au parking. J'appelle, elle me rejoint vêtue d’une longue robe moulante qui la colle telle une seconde peau, elle est sans manches.

— Je pensais que c’était une blague, dit-elle en s’installant.

Oui j’avoue, j’ai oublié son prénom et à la vérité, je m’en fiche pas mal. De toutes les façons, je vais l’appeler bébé comme toutes les autres.

— Pourquoi donc ? demandé-je en esquissant un faible sourire.

— Presque trois semaines et toujours rien, je me posais énormément de questions, répond-elle en me regardant avec un grand sourire sur les lèvres.

— Je te l’ai dit par messagerie, j’étais super occupé. Mais bon, nous sommes là maintenant et on va faire des choses correctement. Ça te dit un restaurant ? dis-je en souriant.

— Mouais, pourquoi pas ? Si c’est toi qui paies.

— Naturellement. Mets ta ceinture, s’il te plaît, dis-je en souriant.

Je démarre, nous partons pour le bord de mer et nous nous arrêtons à la roulotte. C’est là que nous nous installons. On commande, on discute, beaucoup plus elle que moi. Je fais semblant de m’intéresser à sa vie en posant des questions de base. Enfin, j’approfondis ce qu’elle m’avait déjà dit lors de nos échanges par messagerie.

Nos commandes arrivent et nous mangeons en nous souhaitant bon appétit. Après le repas, c’est moi qui règle la note. On sort du restaurant et décidons de nous balader sur la plage. Je prends sa main dans la mienne en lui disant qu’ainsi, je me sens plus proche d’elle.

— Tu es un romantique toi, dit-elle, amusée.

— Ça dépend de quel côté on se place. En tout cas, quand je veux quelque chose, je ne demande pas, je le prends, dis-je en souriant.

— Tu es assez sûr de toi.

— Sinon, je ne serai pas là avec toi. Je n’aime pas perdre mon temps inutilement. Soit tu m’intéresses et tu as mon attention, soit tu ne m’intéresses pas et je ne me donne pas la peine de te parler, alors te voir c’est un autre monde.

Elle s’arrête pour me regarder, un sourire sur les lèvres.

— Alors, je t’intéresse ?

Je m’arrête à mon tour.

— Je peux te le montrer d’une façon plus explicite.

— Fait-le, répond-elle en souriant.

Je réponds à son sourire. Je l’attire à moi en posant mes mains sur ses hanches puis je l’embrasse, elle ne se fait pas prier pour me répondre. Elle noue même ses bras autour de mon cou tellement elle apprécie. Je fais glisser mes mains sur ses fesses, je les appuie légèrement, pressant plus ou moins son corps contre le mien, elle peut ressentir la bosse dans mon pantalon.

Je détache ma bouche de la sienne, à son oreille.

— Tu sens à quel point tu m’intéresses ?

— Winnie ? Winnie attend, crié une voix au loin.

Je lève les yeux en direction de cette voix, je tombe sur Winnie et ses deux copines qui, sans l’ombre d’un doute, m’ont vu. D’ailleurs, Winnie regarde dans ma direction et nos yeux se rencontrent. Est-ce que cela me perturbe ? Le moins du monde. Les choses sont claires entre nous, je ne lui dois rien du tout.

— Et si on partait dans un endroit plus discret pour que tu me le montres davantage ? propose la fille dans mes bras.

Je souris grandement en la regardant puis je lui fais un bisou sur le front.

— Tu lis dans ma tête, bébé, dis-je en pressant sa fesse. On peut aller chez moi.

— Je veux bien.

Je lui fais un autre bisou sur le front, ensuite sur la bouche. Je la tiens par la taille et elle passe son bras autour du mien. Nous retournons à la voiture en train de raconter et rire. En chemin, nous passons devant Winnie et ses deux copines qui sont assises sur le sable, collées les unes aux autres, elle est au milieu. À peine on les dépasse que je peux entendre la voix réprobatrice de sa copine.

— Tu es même sérieux ?

 J’ignore sa question même si je sais que c’est à moi qu’elle s’adresse. Je ne veux pas perdre mon temps dans les conneries, j’ai mieux à faire comme aller chez moi baiser avec celle à mes côtés. Winnie ? C’est un détail que je réglerai ce soir ou demain.

L’autre là a le courage de venir attraper mon habit pour me tirer, cela m’irrite au plus haut point mais je prends sur moi pour ne pas exploser. Winnie va m’entendre, c’est sûr.

Je m’arrête malgré moi pour la regarder.

— Il y a un problème ? demande la fille avec moi en levant un sourcil à la copine de Winnie.

— Je n’ai pas affaire à toi, madame, pardon, réplique-t-elle, énervée.

— Qu’est-ce qui se passe ? demandé-je, serein.

— Sérieusement, Calvin ? Tu as le culot et le courage de me demander ce qui se passe ? s’exclame-t-elle en touchant sa poitrine et en élevant légèrement la voix. C’est à moi que tu demandes ce qui se passe ?

— Tu baisses d’un ton avec moi, je ne suis pas ton ami ni quoi que ce soit, dis-je, ferme.

Elle a un mouvement de recul, visiblement surprise par ma réponse. Elle regarde sa copine avec les grands yeux.

— J’ai toujours su que tu n’en valais pas la peine. C’est moi qui ne suis pas ton amie aujourd’hui ? Mais tu es un rigolo, Calvin et je ne sais vraiment pas ce que ma copine a suivi chez toi, dit-elle en me regardant à nouveau.

— Il faut le lui demander et elle te le dira, dis-je en faisant un rictus avant d’ajouter en regardant Winnie : Il faut conseiller tes folles.

La folle là a le courage de me gifler au visage. Mon sang ne fait qu’un tour, ma réaction ne se fait pas attendre. Je lui sonne une qui l’envoie immédiatement au sol. Je n’ai pas pour habitude de frapper les femmes mais cette connasse ne peut pas lever sa main sur moi, jamais de la vie. Winnie et l’autre se lèvent, les gens se tournent vers nous.

— Tu es malade ? Tu te prends pour qui ? dis-je en avançant dangereusement vers elle au sol.

Les gens se sont interposés, Winnie et l’autre sont venues se mettre devant elle.

— Si tu fumes le chanvre, il faut savoir avec qui tu le fais, tu comprends, non ? Tu t’amuses avec moi, je te casse la gueule, imbécile ! dis-je, énervé, retenu par un garçon.

— C’est toi l’imbécile, connard. Tu n’as même pas honte de frapper une fille, rigolo. Tu crois que tu es un homme ? Chien ! réplique-t-elle après s’être levée.

— Mon frère laisse tomber, tu sais que les femmes sont comme ça, dit le gars qui me retient.

— Non, il faut le laisser qu’il vienne me frapper. Tu crois que j’ai peur de toi, Calvin ? Viens me frapper, imbécile, crie-t-elle.

— Bébé allons-y, tu n’as pas besoin de te rabaisser ici, dit la fille avec moi en me tenant le bras.

— Toi là ne t’en fais pas, hein. Tu crois qu’il va t’emmener où un enculé comme ça ? lance-t-elle.

— Demande à ta copine qui se fait enculer, pauvre conne. Arrête-moi encore un jour comme tu l’as fait et tu verras ce que je vais te faire, pétasse, répliqué-je.

Je me retourne et m’éloigne d’elles.

— Pétasse toi-même, pétasse tes parents et toute ta famille, hurle-t-elle.

Mon sang bouillonne à l’intérieur tellement je suis en colère. Winnie va m’entendre, je jure devant Dieu. Orh, elle va m’entendre.

J’arrive à la voiture, je déverrouille les portières, on grimpe. Je démarre aussitôt.

— C’était qui ces filles ? demande celle avec moi.

— Des personnes sans aucune importance mais que je vais rapidement redresser dans les plus brefs délais, réponds-je.

— Tu sors avec sa copine ?

— Je ressemble à quelqu’un qui sort avec elle ? demandé-je en la regardant vite fait.

— Je n’en sais rien moi, je te demande.

— Non. Je ne sors pas avec elle. Si c’était le cas, tu te doutes bien que je ne serais pas ici avec toi mais plutôt là-bas en train d’essayer de me justifier, dis-je en regardant la route.

Elle ne dit rien. Je continue mon chemin jusqu’à l’appartement. Nous descendons tous les deux.

— Tu vis ici ?

J’ouvre la porte de la maison.

— Pour le moment. Entre.

Elle le fait. Je ferme derrière elle et tient sa main, je l’attire à moi. Elle vient buter contre ma poitrine.

— Tu ne veux pas…

— J’ai besoin de me détendre et évacuer la pression, coupé-je en saisissant ses fesses.

Sans plus rien ajouter, je l’embrasse avec fougue, elle répond. Je presse fermement ses fesses, elle gémit contre mes lèvres. Ses mains se baladent fébrilement sur mon corps. Je la soulève par les fesses pour venir la déposer sur la table. Je remonte sa robe jusqu’à ses hanches et tire dessus, madame n’a aucun sous-vêtement en bas, tant mieux. J’envoie mes doigts farfouiller entre ses jambes, très vite ils s’enfoncent en elle. J’enclenche automatiquement un va-et-vient. Elle gémit fort, me serre les épaules.

— Ô mon Dieu ! gémit-elle.

— Ouvre ma braguette, ordonné-je avec fermeté.

Elle s’exécute et sort mon pénis qu’elle a du mal à saisir correctement tant mes doigts la traumatisent déjà. Je retire ma main de son sexe, je la mets dans sa bouche, elle suce. Je la fais descendre de la table et l’oblige à s’agenouiller devant moi, elle ouvre la bouche, me gobe. Je pousse un juron et commence à lui baiser la bouche. Quand je suis bien tendu, je récupère mon préservatif que je déchire, je me retire pour l’enfiler rapidement. Je saisis son épaule pour la mettre debout, la retourne, la cambre sur la table et la pénètre d’un coup sec. Elle pousse un cri de plaisir. Je saisis sa robe autour de ses hanches et me mets immédiatement à bouger en elle. J’y vais vite, fort, ses gémissements remplissent la pièce.

 Dans mon esprit l’image de Winnie s’impose, m’indiquant qu’il faut que je règle son cas. J’envoie ça dans un coin de ma tête et fais le vide pour me concentrer sur ce qui se passe maintenant, c’est impossible. Mon cerveau insiste sur le fait que sa copine m’ait giflé et insulté à cause d’elle. Ma mâchoire se crispe et mes poings se serrent, le visage de Winnie me regardant sans pour autant intervenir me revient en mémoire. Elle sait que je déteste ça, que je lui ai interdit ce comportement, pourtant elle a laissé sa copine me gifler devant les gens.

— Tu me fais mal, dit une voix plaintive.

Je reviens dans l’instant présent.

— Tu me fais mal, répète-t-elle.

Je constate effectivement que je pince sa peau.

— Désolé, dis-je en relâchant.

Je ne m’arrête pas pour autant. Elle est la première à jouir, je la rejoins les secondes qui suivent. Une fois vidé, je me retire et ôte le préservatif que je jette à terre. Je récupère un mouchoir en papier pour essuyer mon sexe. Elle est encore penchée sur la table.

— Habille-toi.

— Pardon ? demande-t-elle en tournant la tête dans ma direction.

— Il faut qu’on y aille, dis-je en portant correctement mon caleçon. Habille-toi.

— C’est une blague ?

Je vais rincer mes mains dans la cuisine.

— J’ai des choses importantes à faire.

— Tu savais que tu avais des choses importantes à faire mais tu as quand même eu le temps de m’emmener ici pour me baiser et maintenant que c’est fait tu te souviens de ça?

Je reviens dans la pièce.

— J’ai eu mon lot de drame aujourd’hui. Je t’ai dit que j’ai des choses à faire alors dépêche-toi et on s’en va.

— Waouh ! dit-elle avec de grands yeux. Alors c’est comme ça ? Même pas un jour ?

Je la regarde.

— Mais quelle conne j’ai été, ajoute-t-elle en arrangeant correctement sa robe.

— Je ne vais pas te contredire.

Elle me jette un regard noir qui me laisse indifférent. Je ramasse sa sacoche que je lui tends ; elle me l’arrache des mains. Je lui montre la porte.

— Tu es un vrai connard.

— Je sais.

J’ouvre la porte. Elle sort en me bousculant sur son passage ; je pousse un rire de gorge. Je sors à mon tour et ferme derrière moi. Je rejoins la jeune femme devant la voiture. Je sors mon porte-monnaie et récupère deux mille que je lui tends. Elle me regarde, ahurie.

— Je ne sais pas où tu t’en vas. Tu pourras compléter pour ton taxi.

Elle ouvre grand les yeux. Je fais rentrer le billet dans sa poitrine.

— Ne me touche pas, dit-elle en repoussant mes mains. Tu crois que je suis incapable de payer mon taxi ?

— Peu importe, dis-je en reculant après avoir déposé l’argent.

Je contourne et grimpe dans la voiture.

— Tu es un chien, Calvin, crie-t-elle en cognant sur la portière. Tu comprends, non ? Ne m’appelle plus jamais.

Je ne lui réponds pas, je n’ai pas de temps à perdre avec celle-là, je canalise mon énergie pour l’autre là-bas…


 



[1] École pour l’Informatique et les Techniques Avancées. Pour des raisons de narration, nous avons anticipé sur l’existence d’EPITA dans la ville de Toulouse. Celle-ci n’aura son campus dans la ville que bien plus tard.

L'histoire que vous lisez

Statistiques du chapitre

Ces histoires vous intéresseront

MATCH RETOUR TOME 1